14ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 11, 25-30) – Francis COUSIN)

 « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

           

On peut être surpris de cette prière de Jésus, car Dieu aime tous les hommes de la même façon, il ne fait pas de différence entre eux, « car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5,45). On comprend donc mal qu’il fasse des différences entre ’’les sages et les savants’’ et ’’les tout-petits’’.

En fait, la différence ne vient pas de Dieu, mais des humains.

Dieu n’a jamais rien caché aux sages et aux savants, mais ce sont eux qui n’ont pas accepté (ou pas compris) ce qu’ils reçoivent de Dieu. Ils se construisent un Dieu à leur manière, ils parlent de Dieu, sur Dieu, mais ils ne parlent pas à Dieu, comme Dieu. Ils se parlent à eux-mêmes. Voir la parabole du pharisien et du publicain, qui lui, parle à Dieu et se reconnaît petit face à lui.

Les tout-petits, qui sont-ils ? On pense aux pauvres, à ceux qui n’ont rien (ou presque), dans différents domaines : financier, travail, affection, famille, intelligence intellectuelle (mais pas pratique …) … mais cela, c’est notre vision humaine.

Le vrai pauvre est celui qui attend tout de Dieu. Non pas celui qui reste à ne rien faire et qui tends la main, mais celui qui reconnaît son état de ’’faiblesse’’, celui qui est doux et humble de cœur, et qui est prêt à s’en sortir avec ce que Dieu lui donne en utilisant l’adage « Aide-toi et le ciel t’aidera. ». Ceux qui suivent l’enseignement de Jésus : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (Mt 18,3).

Rien à voir avec la richesse matérielle :

– Un riche peut être tout petit devant Dieu, et s’occuper des autres. Cela existe.

– Un pauvre peut demander des comptes à Dieu et être un parfait égoïste. Cela existe.

Tout est une question de comportement.

Et si nous nous regardons bien, nous sommes bien obligés de reconnaître que nous sommes, selon les jours ou les circonstances, comme les ’’sages ou les savants’’, et d’autres fois comme les ’’tout-petits’’, selon la manière que nous avons de considérer Dieu, et surtout de la manière dont nous l’écoutons, de la manière dont nous le recevons, dont nous recevons ce qu’il nous donne …

Un chant disait : « Tout vient de toi, ô Père très bon … ».

C’est vrai, mais nous aimerions que ce soient toujours des choses que nous considérons comme bonne pour nous, et nous avons du mal à accepter ce que nous ne voulons pas, ce qui ne nous plaît pas … mais qui sont bonnes pour nous dans le dessein de Dieu.

Dieu ne veut que notre bonheur, mais sans doute un bonheur différent de celui que nous aimerions (beaucoup d’argent, grosse voiture, grande maison, grands voyages …) qui peut nous être suggéré par le Malin …

Nous avons un choix à faire, chaque jour, entre Dieu et le Malin …

Écoutons Jésus qui nous dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »

Et il insiste en précisant de quel repos il s’agit : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. », c’est-à-dire pour la vie éternelle … qui commence maintenant !

Mais le joug nous fait un peu peur : c’est un objet lourd, encombrant, contraignant, qui laisse peu de place à l’initiative, surtout s’il est pour deux animaux …

Mais Jésus ajoute aussitôt : « Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » … , car il n’est constitué que d’amour !

Seigneur Jésus,

ceux que tu aimes davantage

sont ceux qui te ressemblent,

doux et humble de cœur,

qui mettent leur confiance

entre les mains de leurs parents,

de leur Père, comme toi.

Cela nous est parfois difficile.

Aide-nous à te ressembler.

Francis Cousin

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Prière dim ordinaire A 14°