« Attente… » (Jn 17, 1-11) ; 7° Dimanche de Pâques – Francis COUSIN)

Ce dimanche est un peu particulier, puisqu’il est entre l’Ascension de Jésus et la Pentecôte … entre le départ de Jésus vers son Père … et l’attente de l’Esprit Saint que le Père va envoyer, à la demande de son Fils, sur les apôtres et quelques disciples, hommes et femmes.

Et l’attente risque d’être longue ! En effet, Jésus n’a pas donné de date pour la venue de l’Esprit … Il n’a pas dit : « Dans dix jours, vous recevrez l’Esprit. » … Et quand l’attente est trop longue, on est un peu aigri, on est tout marri, on désespère … Et nous en savons quelque chose, nous qui attendons depuis plus de deux mois de pouvoir nous retrouver ensemble pour célébrer la messe et communier …

Alors, on est un peu surpris de voir les apôtres dont Luc nous dit qu’ils « retournèrent à Jérusalem, en grande joie. » (Lc 24,52). On s’attendrait plutôt à les voir tout tristes de la séparation d’avec Jésus.

Il est vrai que Jésus leur avait promis, outre l’envoi de l’Esprit Saint pour les aider dans leur mission, de leur préparer une place auprès de son Père pour qu’ils soient pour toujours avec lui. Et puis qu’il serait toujours avec nous dans ce monde.

Le chrétien est toujours dans l’attente entre deux joies.

La première joie est celle de la rencontre avec Jésus. C’est une joie que beaucoup ont oublié, parce qu’ils étaient trop petits ; c’était plutôt la joie de leurs parents de demander le baptême pour leur enfant. Mais c’est une joie qui se développera petit à petit avec les parents et les catéchistes, dans l’attente de la première communion. Puis dans l’attente de la confirmation. La joie ne se manifeste pas toujours de la même manière, … cela dépend essentiellement de la qualité de la rencontre avec Jésus. On la voit davantage chez les personnes plus âgées qui demandent les sacrements de l’initiation : il suffit de voir leurs regards et leurs sourires quand elles viennent juste d’être baptisées … avec parfois des larmes de joies …

Et cette joie se manifestera également pour chacun des sacrements reçus, parfois de manière plus intérieure. Il est vrai que la joie du mariage ou de l’ordination sacerdotale (ou des vœux pour les religieuses et religieux) est plus démonstrative que celle du sacrement de réconciliation ou des malades … mais il y a toujours une joie qui est ressentie par une paix intérieure, une sérénité, celle de la rencontre aimante de Dieu envers nous.

Et puis il y a toutes les autres rencontres avec Dieu, dans la prière. Rencontres individuelles, personnelles, … et les rencontres en communautés, paroissiales ou de mouvements … Rencontres que l’on attend impatiemment en ce moment …

Bien sûr, il peut arriver que l’attente soit trop longue, et que l’on s’impatiente, parce qu’on n’arrive pas à retrouver la joie de la rencontre avec Dieu, parce qu’on pense que Dieu nous a oublié, parce qu’on n’a pas le goût de prier … parce qu’on est plus intéressé par les attraits du monde … parce que …

« Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force (…) de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » (Lc 21,36). « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Mt 26,41).

Si à Gethsémani les apôtres n’avaient pas réussi à rester éveillés, ils se sont rattrapés après la résurrection puisque « tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière … » (première lecture)

Veillons, prions, soyons dans la joie de la rencontre habituelle avec Dieu, restons dans l’attente de ces rencontres avec Dieu … et surtout dans l’attente de la rencontre définitive avec lui, quand il nous accueillera dans son Paradis. Alors, ce sera la joie parfaite !

Seigneur Jésus,

tu es notre joie,

parce que tu n’es qu’amour

et que tu nous donnes tout ton amour,

reçu de ton Père,

dans le don de l’Esprit Saint.

Garde-nous dans l’attente aimante

de chacune de tes rencontres.

 

Francis Cousin

 

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Prière dim Pâques A 7°