Dimanche du corps et sang du Christ – par Francis COUSIN (Lc 9, 11-17)

« Bénir et partager. »

 

Les trois textes de ce jour nous en parlent : d’abord bénir, puis partager.

Les situations ne sont pas toujours les mêmes, mais on retrouve ces deux actions.

Dans la première lecture, Melchisédech apporte du pain et du vin à Abram et bénit celui-ci. Ensuite, Abram partage ce qu’il avait conquis avec Melchisédech.

Dans la deuxième lecture, le récit de la cène où Jésus rend grâce à Dieu, le bénit, puis rompt le pain, et le partage avec ses disciples, et de même pour le vin.

Et enfin dans l’évangile où Jésus prononce la bénédiction sur les pains et les poissons et les donne aux apôtres pour qu’ils les partagent avec ceux qui étaient là.

Bénir et partager … et on pourrait ajouter : de nouveau bénir, en ce qui nous concerne, puisqu’après avoir communier à la messe, nous remercions Dieu de nous avoir donné le pain de vie, Jésus, sous la forme de l’hostie consacrée, et notre prière est une bénédiction puisque nous disons du bien de Jésus et de Dieu.

 Dans l’évangile de ce jour, comme souvent, Jésus nous surprend. Alors que le soir tombe, les apôtres disent à Jésus : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »

Le désert est un endroit de la rencontre avec Dieu, et les gens sont nombreux pour y écouter Jésus ; et il a encore beaucoup de choses à leur dire. Alors, les renvoyer, Jésus ne peut y penser …

C’est là qu’il dit aux apôtres : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. ».

Réaction des apôtres : « Mais tu n’y pense pas : on n’a rien : juste cinq pains et deux poissons, c’est déjà pas assez pour nous. On ne peut quand même pas aller acheter à manger pour tous ces gens ! ».

Jésus ne répond pas à leur récrimination, mais il leur demande : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. ». Ce que font les apôtres. Ils ne cherchent pas à comprendre, ils obéissent.

 Ne nous arrive-t-il pas parfois devant une difficulté de ressentir une idée dans notre tête, et de se dire : « Mais non, on ne peut pas faire cela, c’est impossible … cela ne marchera jamais ! »

À nos yeux humains, sans doute … mais aux yeux de Dieu … « rien n’est impossible à Dieu. » (Lc 1,37).

Et les apôtres vont en avoir la preuve : Jésus bénit les pains et les poissons, et les leur donne pour qu’ils les partagent avec tous ceux qui sont là.

Et tous furent rassasiés … et même il en resta suffisamment pour emplir douze corbeilles, une pour chacun des       apôtres.

Pour toutes les personnes présentes ce jour-là, cette multiplication, comme on l’appelle, leur a permis de continuer à vivre … mais pour un instant, dans une vie ayant une fin …

Il n’en est pas de même avec le pain et le vin consacrés lors de la messe : pour tous ceux qui les consomment, cela leur permet de continuer à vivre, mais dans la vie éternelle …

« Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » (Jn 6,53-56).

C’est ce que nous dit le pape François : « Dans notre ville affamée d’amour et d’attention, qui souffre de dégradation et d’abandon, face à de nombreuses personnes âgées seules, à des familles en difficulté, à des jeunes qui ont du mal à gagner leur vie et à alimenter leurs rêves, le Seigneur te dit : “ Donne-leur toi-même à manger”. Et tu peux répondre : “J’ai peu de choses, je n’en suis pas capable”. Ce n’est pas vrai, ton peu de choses est beaucoup aux yeux de Jésus, si tu ne le gardes pas pour toi, si tu le mets en jeu. Et tu n’es pas seul : tu as l’Eucharistie, le Pain du chemin, le Pain de Jésus. Même ce soir nous serons nourris par son Corps donné. Si nous l’accueillons avec le cœur, ce Pain libèrera en nous la force de l’amour : nous nous sentirons bénis et aimés, et nous voudrons bénir et aimer, en commençant par ici, par notre ville, par les rues que ce soir nous emprunterons. Le Seigneur vient dans nos rues pour dire-du bien, dire du bien de nous et pour nous donner du courage, nous donner du courage. Il nous demande d’être bénédiction et don. » (Homélie du 23-06-19)

Seigneur Jésus,

comme nous sommes timorés,

incapables de croire en ta parole,

de suivre les indications de l’Esprit

qui ne cesse de nous dire :

« Vas-y, fais ceci ou cela … »

et nous restons scotchés dans notre

« Je n’en suis pas capable ! »

Donne-nous la force d’agir !

 

                                                                                   Francis Cousin

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image Saint Sacrement C

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