3ième Dimanche de Pâques – par Francis COUSIN (Jn 21, 1-19)

« Départ, retour, … et envoi. »

 La semaine dernière, nous étions encore à Jérusalem, avec des apôtres tout dans la joie de retrouver Jésus Ressuscité.

Dans le passage de ce jour, nous passons directement « sur le bord de la mer de Tibériade », donc en Galilée, et non pas avec les onze apôtres restants, mais avec seulement sept disciples.

Alors que souvent chez saint Jean on a des indications pour connaître le temps qui passe, ici on n’a rien qui nous permette de savoir depuis combien de temps l’épisode de Thomas a eu lieu. Ce qui laisse à penser que l’auteur n’est pas le même que celui des chapitres précédents, même s’il fait partie du même groupe.

On retrouve parmi les disciples Simon-Pierre et Thomas, et puis Nathanaël dont on apprend qu’il vient de Cana et dont on ne parlait plus depuis le chapitre 1; Il était parmi les premiers à avoir rencontré Jésus au bord du Jourdain, mais n’était pas parmi les douze recensés par les évangiles synoptiques, à moins de l’assimiler à Barthélémy. Puis les fils de Zébédée et deux autres … dont on ne nous dit rien !

Simon, qui est toujours en tête de liste, n’a pas encore, dans l’évangile de Jean, été désigné comme le responsable de l’Église … mais c’est pour bientôt … prend les choses en mains : « Je m’en vais à la pêche. » … et tout le monde le suit, … et ils montent dans la barque !

Pierre reprend son ancien métier … et peut-être sa barque ?

Mais pourquoi ? Attendaient-ils une rencontre avec Jésus, comme le dit saint Matthieu … ? Mais le rendez-vous devait avoir lieu sur une montagne, et non au bord d’un lac … !

En tout cas, c’est un retour en arrière ou aux sources …

Fin d’une parenthèse de trois ans pour les disciples ? Sans doute pas !

Ou l’attente d’un nouveau départ … qu’ils ne connaissent pas … ou pas encore …

Ils partent le soir et pèchent toute la nuit … la mer, symbole de mort … et dans les ténèbres, symbole du mal, du démon

Et « ils ne prirent rien. » …

« Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage », mais ils ne l’avaient pas reconnu …

Jésus, « Lumière du monde », « Soleil levant », qui vient pour dissiper les ténèbres et redonner la vie … Jésus, « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » (Jn 1,9).

Jésus interpelle les pécheurs : « Les enfants… ». Un terme familier … et qui surprend. Qui peut appeler ainsi les apôtres, des hommes d’âge mûr ? Jésus, fils de Dieu, avait dit à Marie-Madeleine : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20,17). Est-ce pour dire que les apôtres sont enfants de Dieu, comme lui ?

« Auriez-vous quelque chose à manger ? » « Non ». Jésus le savait bien …

« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »

La droite : le côté du bien, le côté des choses bonnes … de la récompense … Lors de la parabole du jugement dernier, Jésus dit : « Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde’’. » (Mt 25,34).

Effectivement, il y eut tellement de poissons qu’ils n’arrivaient pas à tirer le filet … mais sans que celui-ci ne se déchire …

On ne peut s’empêcher de penser à l’autre pêche miraculeuse, racontée par saint Luc, mais tout au début de l’évangile, et qui sera le point de départ du groupe des disciples : les circonstances sont les mêmes, toute une nuit sans rien prendre, « mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » (Lc 5,5), et ils prirent tellement de poissons que les filets se rompaient

C’était au début de la mission de Jésus, les pécheurs ne connaissaient pas encore Jésus … il n’y avait pas de liens entre eux … mais Jésus leur propose de « devenir pécheurs d’hommes » (Lc 5,10). Dans le texte d’aujourd’hui, les liens entre Jésus et les disciples se sont formés petit à petit, surtout après la résurrection, et le filet tient bon … et cela amènera à un envoi, d’abord pour Pierre « Soit le berger de mes brebis », et ensuite pour les apôtres embarqués dans la mission à la suite de Pierre.

À la vue de la quantité de poissons dans le filet, Jean s’exclama « C’est le Seigneur ! ». Comme au matin de Pâques …, il voit les poissons, et il croit …

Entendant cela, le fougueux Pierre saute dans l’eau et nage vers Jésus … Il n’a plus peur cette fois-ci, Il nage vers Jésus … une centaine de mètres à faire … et il retrouvera le Seigneur, son Seigneur, celui qui l’avait tiré de l’eau pendant la tempête (cf Mt 14,27-31) …

Arrivés sur le rivage, quelle ne fut pas la surprise des disciples de voir auprès de Jésus « un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. ». Jésus leur demande à manger … mais il a déjà tout préparé !

Jésus fait de même avec nous … il prépare notre route … il prépare notre place dans les cieux (Jn 14,2-3) … mais on ne se rend pas compte de ce qu’il fait pour nous … Nous sommes peut-être un peu comme Pierre qui a renié Jésus quand celui-ci a été arrêté …

D’ailleurs, Jean utilise le même mot grec pour désigner le feu du bord du lac et celui près duquel Pierre se chauffait avec les gardes du palais du grand prêtre avant qu’il ne renie Jésus … On voit bien ainsi que tout ce passage d’évangile est orienté vers Pierre !

Mais si Jésus prépare la route, il ne fait pas tout : il demande notre participation, et nos efforts … « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. ».

Alors, après avoir cuit ces poissons avec les siens, Jésus invite les disciples à manger : « Venez manger. », approchez-vous de moi …

Et aussitôt : « Jésus s’approche. ».

Dès que l’on s’approche de Jésus, on est sûr que Jésus se rapproche encore de nous … Il ne s’éloigne pas, il ne fait pas l’indifférent. Il est toujours avec nous … Et son amour pour nous amplifie toujours un signe d’amour que nous faisons vers lui (ou vers d’autres …).

Jésus « prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. »

On retrouve les mêmes ingrédients que lors de la multiplication des pains (et des poissons …), avec cette différence que lors de la multiplication des pains, c’est un enfant qui avait amené les cinq pains et les deux poissons. Ici, chacun amène une part, celle de Jésus : le pain (de vie ?) et des poissons, et celle des disciples : les poissons, fruits de la mer et du travail des pêcheurs (avec l’aide de Dieu !) … et en plus, c’était chaud !!!

Sans doute le dernier repas terrestre de Jésus … qui nous invite à la communion entre nous et à la proximité avec Jésus, avec la Trinité …

Seigneur Jésus,

tu es toujours près de nous,

même quand on ne s’attend pas à te voir.

Ouvre nos yeux

pour que nous sachions te reconnaître

dans le promeneur du lac …

Garde-nous unis dans ton amour.

 

                                                                                    Francis Cousin

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image dim Pâques C 3°

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