Fiche N° 2 : Le Prologue de l’Evangile selon St Jean (1,1-18) Deuxième partie

1  – La notion de témoignage est très importante pour St Jean :

  • « Témoigner » intervient 33 fois (1 fois en St Matthieu et en St Luc, jamais en St Marc),

  • « Témoignage » 14 fois (3 fois en St Matthieu, 6 en St Marc, 4 en St Luc).

Rechercher dans un dictionnaire la définition du mot « témoignage ». Quelles en sont les bases (Voir Jn 3,31-32) ? Qui est, d’après ce dernier texte, le premier « témoin » (Voir Ap 1,2 ; 1,5 ; 3,14) ? Et à quoi rend-il témoignage (Voir Jn 18,37) ?

Noter dans tous les textes suivants ceux qui témoignent en faveur du Christ (préciser, lorsqu’il est indiqué, le contenu du témoignage) :

  1. a) Jn 1,6-8 ; 1,15 ; 1,19-34 ; 3,26 ; 5,33.

  2. b) Jn 19,33-35 ; 21,24 ; puis Jn 4,39 ; puis Jn 12,17 ; puis Jn 15,27 ; 1Jn 1,1-3.

  3. c) Jn 5,39.

  4. d) Jn 5,37 ; 8,18 ; puis 5,36-37 ; 10,25 ; 10,32 ; 10,37-38 ; 14,10-11.

  5. e) Jn 15,26 ; 1Jn 5,6, un témoignage qui est de l’ordre de la Vie (1Jn 5,11).

Quel est, en régime chrétien, le but de tout témoignage (Jn 1,7 ; 3,11-12 ; 4,39-42 ; 10,24-26 ; 5,36-39 ; 19,35) ? Et si ce but est atteint, qu’en sera-t-il pour tous ceux et celles qui auront accueilli ce témoignage (Jn 20,30-31 ; 14,27 ; 15,9-11 ; Lc 6,20-23 ; 1Jn 1,3…) ? Et tout ceci s’accomplira par « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; Ga 5,25)…

2- Jn 1,10-13. Le mot « monde » a quatre nuances différentes en St Jean ; les préciser à l’aide des versets suivants :

  1. a) Jn 17,5 ; 17,24 (Synonyme en Mc 10,6 ; 16,15 ; Rm 1,20 ; 8,19).

  2. b) Jn 8,26 ; 12,19 ; 18,20 (Expression synonyme en Jn 12,32; Rm 11,32 ; 1Tm 2,4).

  3. c) Ce point reprend le précédent en y ajoutant une nuance : Jn 1,29 ; et indirectement en 3,16-17 ; 4,42 ; 12,47 (Voir le début de Rm 3,23).

  4. d) Jn 15,18-19 ; 16,11 ; en fin de 16,33 ; 17,14 ; 17,16 (Voir Ap 12,9).

Préciser à chaque fois le sens du mot « monde » en Jn 1,9-10.

A qui renvoient les expressions « chez lui » et « les siens » en Jn 1,11 (Voir la fin de Mt 2,6 et de Lc 2,32) ? Comment le Verbe est-il venu « chez lui » sans être accueilli (Voir Mt 23,29-31 ; 23,37 ; Mc 12,1-12) ?

Préciser en chacun des versets suivants le mode de Présence de Dieu parmi les hommes :

1 – Jn 1,9-10

2 – Jn 1,11

3 – Jn 1,14

4 – Fin de Mt 28,20 avec 1Co 1,9 ; 1Jn 1,3 ; Jn 17,20-23 ; 1Co 6,17 ; et tout cela conduira à 1Co 12,27 ; 1Co 12,12-13 ; Ep 1,22-23.

Quelle progression notez-vous ?

Les versets 1,10-13 constituent le cœur du prologue, avec tout d’abord l’aspect négatif (10-11), puis l’aspect positif (12-13). Préciser à nouveau les destinataires évoqués en 1,9-10 puis en 1,11. Dans les deux cas, que s’est-il passé vis-à-vis de Dieu ? Nous pressentons une donnée fondamentale de l’existence : Dieu nous a créés libres… Certes, il désire entrer en relation avec chacun d’entre nous, pour notre bien, mais il ne s’imposera jamais… Quelle est donc l’attitude de base que Dieu espère de tout homme (Voir le début de Jn 1,12) ? Et quelle est, d’après ce même verset, la vocation universelle à laquelle nous sommes tous appelés… Tous les mots sont importants : bien prendre le temps de les lire… Et ce projet s’accomplira si nous acceptons de coopérer librement avec Dieu en nous abandonnant, jour après jour, en son Amour de Père pour chacun d’entre nous…

St Jean fait allusion à l’Incarnation du Fils en Jn 1,14 ; en 1,12-13, nous sommes donc avant. Bien noter en 1,9‑10 la Présence Universelle de Dieu à tout homme. Sa « vraie lumière » « illumine tout homme » au plus profond de son cœur, en ce domaine que nous appelons « la conscience »… Si l’homme suit sa conscience, même s’il ne parle jamais de Dieu, à travers elle, c’est Dieu qu’il suit, Lui qui n’est que Justice, Droiture et Vérité… Et ce Dieu est « notre Père » à tous, un Père qui désire plus que nous-mêmes que « tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,4) et trouvent dans le Don librement reçu de son Esprit la Plénitude de la Vie. Sachons donc reconnaître autour de nous tous les hommes de bonne volonté pour travailler avec eux à un monde plus beau, plus juste et plus fraternel… Quels que soient leurs origines, leur chemin religieux… nul doute que Dieu les accueillera tous avec joie lorsque l’heure viendra…

3 – Jn 1,14-18. Littéralement, St Jean a écrit : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire ».

A quoi veut-il faire allusion avec ce verbe « dresser sa tente » (cf. Ex 25,8-9 ; 29,42-46) ? Quel regard sommes-nous donc invités à porter sur le Christ (Jn 2,18-22 ; 14,8-11 ; 17,20-21) ?

L’expression « plein de grâce et de vérité » renvoie à la fin d’Ex 34,6 où Dieu révèle son Nom à Moïse. Relire Ex 20,1-6 ; que se passe-t-il en Ex 32,1-6 ? Quelle est la réaction de Moïse (Ex 32,15-19) ? Puis celle de Dieu (34,1-10) ? Dans quel contexte intervient alors la Révélation du Nom divin en Ex 34,6 ? En faisant allusion à ce verset, dans quel contexte St Jean place-t-il à son tour l’Incarnation du Fils Unique ? Retrouver ce contexte général en Lc 1,76-79 (où il faut traduire le début du v. 78 par « grâce aux entrailles de miséricorde de notre Dieu dans lesquelles nous a visités l’Astre d’En Haut »).

« Plein d’amour-miséricordieux et de vérité » pourrait être une traduction littérale de la fin d’Ex 34,6. En hébreu, la langue de l’Ancien Testament, le premier terme rendu ici par « amour miséricordieux » se prononce « hésed ». Il apparaît souvent dans les Psaumes. Il y est traduit « amour » par la Bible de Jérusalem, et « fidélité » par la TOB. Le retrouver dans les Psaumes suivants, avec éventuellement la notion de « vérité » à laquelle il est associé en Ex 34,6, et noter à chaque fois le contexte général de salut, d’alliance, de pardon, etc… où il intervient : Ps 25(24),5-14 ; 40(39),11-12 ; 57(56),2-4 ; 69(68),14-17 ; 85(84) ; 86(85) ; 89(88),1-6 puis 14-19 puis 20-38.

Le Père Boismard accorde une telle importance à ce parallèle entre Jn 1,14 et Ex 34,6 qu’il propose de traduire Jn 1,14 par « plein d’amour miséricordieux et de fidélité ». Le P. Raymond Brown propose aussi de son côté : « filled with enduring love, rempli d’amour durable, patient ». Néanmoins, St Jean a délibérément choisi le mot « grâce », un mot qu’il utilise à nouveau dans la même expression reprise en Jn 1,17 : mais dans ce dernier verset, qui est cette fois appelé à être « plein de grâce et de vérité » ? Or, en Jn 1,14, cette expression « plein de grâce et de vérité » décrivait le mystère du Fils : conclusions pour tous ceux et celles qui accepteront d’accueillir le Christ avec foi dans leur cœur et dans leur vie ? Et n’oublions jamais les nuances apportées à ce mot « grâce » à la lumière d’Ex 34,6 : il est le Don que la Miséricorde de Dieu ne cesse de proposer aux blessés et aux malades que nous sommes (cf. Lc 5,31-32). « Il n’y a qu’un mouvement au cœur du Christ : pardonner le péché et emmener l’âme à Dieu » (Bienheureuse Elisabeth de la Trinité)… C’est donc dans ce contexte permanent d’une Miséricorde inlassablement bienveillante que nous sommes invités à avancer jour après jour à la suite du Christ…

Et de quoi les hommes sont-ils « pleins » en Lc 1,15 ; 1,67 ; Ac 4,8 ; 6,5 ; 9,17 ; 11,24… En comparant la réponse obtenue à l’expression de St Jean, à quel don de Dieu renvoie en fait le couple « grâce et vérité » ?

En hébreu, la langue de l’Ancien Testament, le mot « gloire » vient d’un verbe qui signifie « peser, être lourd ». La gloire d’un homme se mesure ainsi au « poids » de ses richesses, au nombre de ses bêtes… Pour Dieu, la notion de « gloire » renvoie directement à ce qu’Il Est (cf Ex 3,13-15 : « Je Suis »), au mystère de sa nature divine. « La gloire de Dieu » n’est alors que la manifestation de sa nature divine, soit par un acte de puissance (Jn 2,11), soit par « quelque chose » que les hommes perçoivent et décrivent en termes de lumière (Lc 9,28-29 ; 9,32 ; Mc 9,2-3 ; Mt 17,1-2). Il n’existe donc pas de « gloire de Dieu » sans « la nature divine » qui lui correspond. Que sous-entend alors l’expression « gloire qu’il tient de son Père comme Fils Unique » en Jn 1,14 ? Souvenons-nous de ce que nous proclamons chaque Dimanche dans notre Crédo : « Il est Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vraie Dieu né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait »… Or, que nous dit St Jean de la nature divine en Jn 4,24 ? Et qu’est-ce que le Fils est venu nous communiquer (Jn 7,37-39 ; Ac 2,38 ; 1Th 4,8) ? Conclusion : à quoi sommes-nous donc tous appelés (cf 2P 1,3-4) ? Retrouvez la réponse par l’intermédiaire du mot « gloire » employé en Jn 17,22-23 pour décrire le Don que Dieu le Père veut nous communiquer par son Fils. Or, d’après Rm 3,23, nous en étions tous privés par suite de nos fautes… Mais tel est le « pur » amour de Dieu : chercher envers et contre tout le bien de tous ceux qu’il aime… Aussi est-il venu nous proposer avec et par son Fils de nous donner gratuitement tout ce que nous avions perdu par suite de nos fautes… Heureux alors tous ceux et celles qui accepteront de se repentir de tout cœur en lui offrant instant après instant toute la misère qui peut encore habiter leur vie… « L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29) aura vite fait d’accomplir son œuvre et de leur communiquer cette Vie éternelle qu’il est venu nous offrir en surabondance (Jn 10,10). « Le salaire du péché, c’est la mort. Mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23).

Quelle est enfin la grande œuvre que le Christ accomplira d’après Jn 1,18 (Voir aussi Mt 11,27) ? Et comment tout ceci s’accomplira-t-il (Voir 1Co 2,9-12 ; Ep 1,17-21).

Ci dessous la correction de la seconde fiche :

corrige fiche2

Diacre Jacques Fournier

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