Un mot, une piste de réflexion : REPENTANCE (Joëlle et Roger GAUD)

REPENTANCE

– REPENTANCE. En Français, la repentance, c’est le fait de se repentir, c’est-à-dire de regretter sincèrement quelque chose. « Je me repens d’avoir fait confiance à Untel qui m’a trahi et ruiné » c’est-à-dire « Je regrette amèrement de lui avoir accordé ma confiance.»

Au sens chrétien du terme, ça va plus loin ! Et ça évoque, bien sûr, en premier lieu, le regret sincère de son péché qui a blessé l’autre et Dieu !

–  Donc : se repentir, ce serait synonyme de regretter ?

–  Oui ! Mais pas que ça ! C’est regretter … et avoir le désir de changer !

Il faut que la reconnaissance et le regret de mon péché s’accompagnent du désir de changer, de s’améliorer !

Dans « l’Acte de contrition », on dit bien (selon la formule traditionnelle) :

 « Je prends la ferme résolution, …, de ne plus Vous offenser »

 

Et : Attention ! On vient de dire regret « sincère » !

Il va de soi que le regret du péché, la repentance doit être sincère ! Une confession, même sacramentelle, sans repentance sincère, c’est un simulacre. (On pourra éventuellement tromper le prêtre mais pas le Bon Dieu).

En outre, il ne s’agit pas de regretter du bout des lèvres (du bout du cœur) en se trouvant mille et une excuses à ce qu’on a fait. Il ne faudrait pas confondre un vrai repentir avec un discours du style : « Bon, Seigneur, oui ! Je regrette mon attitude avec telle ou telle personne, mais avoue qu’il l’a bien cherché et que je n’ai fait que me défendre ! »

–         « Regretter son péché » disais-tu … Mais on a souvent l’impression que notre société a peur du mot péché … et préfère parler d’erreur, de faute, d’infraction, ou encore d’imperfection.

Peut-être peux-tu en profiter pour nous rappeler ce qu’est un péché ?

–         Un péché c’est « quelque chose » (un acte, une pensée, une parole …) qui va blesser la relation qu’il y a entre Dieu et moi : c’est une entorse à l’alliance d’amour entre Dieu et moi. On pourrait aussi dire que le péché c’est « passer volontairement à côté » de l’amour de Dieu.

Du point de vue étymologique, le mot péché signifie “manquer sa cible” (en grec, on emploie te terme “amartia”) : La cible, c’est Dieu et son amour. Et le péché c’est donc passer volontairement à côté de l’amour de Dieu.

On voit bien que c’est autre chose qu’une simple erreur !

– À t’entendre, on aurait pourrait donc penser que, dans une vraie démarche de repentance, je dois demander à Dieu que je ne m’enferme pas dans le déni, c’est-à-dire dans le refus de reconnaître mes péchés ou de les minimiser de façon excessive !

D’accord ! Mais il ne faudrait pas non plus tomber dans l’excès inverse !

 – En effet ! Car la difficulté, qu’on rencontre souvent avec le repentir, est la même qu’on rencontre également dans d’autres domaines de notre cheminement spirituel : c’est une question de discernement ! Tu te souviens que nous avions dit à propos de l’humilité que c’était un juste équilibre entre l’orgueil et le mépris de soi.

Eh bien, avec le repentir, c’est un peu la même chose ! Notre regret doit être sincère, sans minimiser à l’excès notre responsabilité .. mais sans pour autant sombrer dans un excès de culpabilité, dans le remords !

Le Père Verlinde a écrit : « Le remords est aussi stérile que nos prétentions absurdes à l’autojustification ». Ce qu’il veut dire, c’est que devant un péché, de même qu’il est absurde de vouloir se justifier ou minimiser (comme si on pouvait manipuler le Bon Dieu !), de même, il serait stérile (et contre-productif) de s’enfermer dans le remords (qui nous paralyse et qui va à l’encontre de la volonté de Dieu). 

– Dis-moi : Est-ce que tu pourrais nous expliquer ce que c’est que « la douloureuse joie du repentir »?

– Ce sentiment est un des premiers fruits d’une repentance sincère. C’est un sentiment où cohabitent la douleur d’avoir blessé l’Amour de Dieu ; et en même temps la joie de se savoir pardonné. D’où l’expression « douloureuse joie de la repentance. »

 

–  Finalement : Pourquoi est-il si important de demander au Saint Esprit de nous montrer où est notre péché et de nous donner en même temps le désir de nous repentir ?

– Parce que la Repentance, c’est une porte vers la liberté !

 

Je m’explique : La repentance commence par le regret de nos péchés ; elle nous pousse à prendre la décision de ne plus recommencer ; et elle nous permet alors d’obtenir le pardon de Dieu, pardon  qui est une source de joie, de paix et de liberté  !

C’est en ce sens qu’on peut dire que la Repentance, c’est une porte vers la liberté !

–  Super ! On va essayer de franchir cette porte!

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