2ième Dimanche de Pâques (Jn 20, 19-31) – Francis Cousin

 « Thomas … »

Un cas parmi les apôtres …

Un peu grande gueule aussi, comme saint Pierre … C’est lui qui dit : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11,16) quand Jésus voulait retourner à Jérusalem …

Mais devant la réalité de la mort de Jésus, il a peur pour lui, pour sa vie …

Ses belles paroles sonnent faux dans le contexte de la Passion …

S’il ne renie pas Jésus, il l’abandonne à son sort … et il a honte de ses paroles vis-à-vis des autres apôtres …

Et il s’isole, s’éloigne du groupe des apôtres. Il a besoin de réfléchir.

Alors qu’il rencontre un des apôtres qui lui annonce que Jésus est ressuscité … il a une petite lueur d’espoir … mais il doute encore. Une question qui vient d’ajouter aux autres. Dans son esprit rationnel, il lui faut une preuve : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! ».

Mais il rejoint les apôtres.

Huit jours après sa première apparition, c’est-à-dire le premier jour de la semaine, le lendemain du sabbat, en tenant compte de l’habitude juive de compter les deux extrémités de l’intervalle pour indiquer l’amplitude de celui-ci, Jésus revient au cénacle.

On remarquera que les apparitions de Jésus sont nombreuses le lendemain du sabbat de Pâques, puis plus rien de la semaine, et quand Jésus revient le lendemain du sabbat suivant, il rassemble (écclésia) de nouveau les apôtres dans la joie de la Résurrection, donnant ainsi le rythme des rencontres de ceux qui croient en lui un lendemain de sabbat, notre dimanche.

Ce jour-là, Thomas est présent, et Jésus vient. Après les salutations d’usage : « La paix soit avec vous ! », il enchaîne tout de suite sur Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains … ».

Ces simples mots sont suffisant pour Thomas … Il n’écoute pas la suite …

On pourrait dire : « Il vit, et il crut ! » …

Et il reconnaît son Dieu en Jésus ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Une profession de foi, comme celle de Pierre … l’une avant la Résurrection pour annoncer que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et l’autre après la Résurrection, pour dire que le Messie est Dieu, au même titre que son Père …

Et Jésus conclut : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Dans notre monde que l’on dit cartésien, on veut tout voir, ou tout expliquer. On veut « continuer de ranger ses arguments en les ordonnant sous la bannière de la sacro-sainte logique. Ce qui ne se voit pas, ce qui dépasse l’entendement, ce qui se ressent, a du mal à se frayer un chemin dans l’esprit humain, d’autant plus que l’imaginaire, le symbolique, le poétique, le surnaturel, ne sont plus aujourd’hui considérés comme des passages où la vérité pourrait se glisser en se livrant… Le mieux n’est-il pas alors de s’engouffrer dans l’existence qui nous est offerte et d’en profiter sans l’obscurcir par de lourdes questions, en attendant que l’aurore, que l’on y croit ou non, se lève sur la nuit ? » (Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine).

Certains croient … mais cela ne les empêchent pas de douter … comme les apôtres le jour de l’ascension de Jésus …

C’est normal ! Parce que c’est l’une des techniques préférées de Satan que d’insinuer le doute en nous pour essayer de nous amener à lui…

On ne discute pas avec Satan. « Avec le diable, on ne dialogue jamais, il n’y a pas de dialogue possible. Uniquement la Parole de Dieu. » (Pape François, angélus 21-02-21).

Et si on ne connaît une parole de Dieu adéquate, on peut s’en sortir par la prière du Notre Père « Ne nous laisse pas entrer en tentation », ou par le Crédo.

Et puis prendre exemple sur la vie de saintes ou de saints. Eux aussi ont été tentés, mais ils ne se sont pas laissés faire … ils ont résisté.

Il est d’ailleurs dommage que la plupart des enfants actuels ne connaissent pas la vie de leur saint patron, ce qui pourrait les aider dans leurs questionnements … ou même qui ne savent même pas le nom du saint patron qui est associé à leur prénom … quand il existe ! … C’est un peu la faute des parents qui choisissent plutôt des prénoms originaux, pour ne pas faire comme tout le monde, plutôt que des saintes ou saints bien connus (ou moins connus) …

À nous qui doutons, nous ne trouverons peut-être pas les réponses dans les livres, mais certainement dans notre cœur, où Jésus est présent, si nous nous ouvrons à lui … et si nous l’écoutons.

Seigneur Jésus,

il nous est bien difficile

de ne pas avoir des moments de doute.

Satan s’y emploie à l’envie.

Mais tu es toujours présent dans mon cœur.

Je crois en toi, Seigneur Jésus,

et tu nous donnes la Vie, toi,

mon Seigneur et mon Dieu !

Francis Cousin      

 

 

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Image dim Pâques B 2°