“Histoire d’une Âme” de Ste Thérèse de Lisieux (Noéline Fournier)

Aujourd’hui, 1er Octobre, nous fêtons Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Connaissons-nous vraiment qui est Thérèse ?

Avons-nous lu « Histoire d’une âme » ?

Si vous ne l’avez pas fait, dépêchez-vous, parce que Thérèse vous attend pour marcher avec elle sur le chemin de la Confiance et de l’Amour de Dieu en toute humilité. Et, si vous n’y arrivez pas, n’ayez crainte, c’est elle qui vous guidera.

Ensemble, essayons de la comprendre, pour mieux l’aimer et la prier, et ainsi, avec sa grâce, apprendre à aimer Dieu avec l’aide de sa « petite voie ».


Elle a vécu de 1873 à 1897. Elle est entrée au Carmel de Lisieux à l’âge de 15 ans. Elle est Docteur de l’Eglise depuis 1997, Patronne des Missions.

Il est rare qu’aux yeux du monde la mort soit un commencement. Ce fut le cas pour Thérèse de Lisieux, morte inconnue en 1897, mondialement célèbre et vénérée.

 

 

Que s’est-il passé pendant toutes ces années ?

 

Thérèse n’a pas surgi de l’obscurité par un coup de baguette magique. Beaucoup d’évènements se sont succédé tout au long du XXè siècle qui ont d’abord fait connaître, ensuite mené à la célébrité mondiale, le visage et le message de la Sainte Normande.

S’appuyant au départ sur un travail réalisé pour France 3 Normandie, les auteurs, journalistes et documentalistes, ont mené l’enquête dans l’esprit de leur profession, utilisant témoignages, archives publiques et privés, interviews de spécialistes. Ils garantissent que rien, dans la multitude des faits qu’ils rapportent, ne ressort de la fiction.

Thérèse MARTIN, naît le 2 janvier 1873 à Alençon de parents très pieux, dont les cinq filles vivantes sont religieuses.

 

Orientée, dès son enfance, vers la réflexion et la contemplation. Elle entre au carmel de Lisieux, par dérogation spéciale, à 15 ans. Sur l’ordre de sa Supérieure, elle écrit son expérience spirituelle. Elle meurt de tuberculose à Lisieux le 30 septembre 1897. Trois de ses sœurs sont, elles aussi, moniales au Carmel de Lisieux.

 

Pauline MARTIN (Mère Agnès de Jésus), 1861-1951. C’est elle qui, lorsqu’elle était prieure, a ordonné à sa cadette de rédiger ses souvenirs d’enfance.

 

 

 

 

 

 

 

Céline MARTIN (Sœur Geneviève de la Sainte Face), 1869-1959. C’est l’artiste de la famille, elle dessine, peint et photographie.

 

 

 

 

 

 

 

Marie MARTIN (Sœur Marie du sacré-Cœur), 1860-1940, aînée de la famille et marraine de Thérèse.

 

 

 

 

 

 

 

 

Léonie MARTIN (Sœur Françoise-Thérèse), 1863-1941, est, elle, Religieuse à la Visitation de Caen.

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis MARTIN (le Père), 1823-1894 et Azélie GUÉRIN (la Mère), 1831-1877, sont tous deux morts lorsque commence ce récit. Béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux et canonisés à Rome le 18 octobre 2015 par le Pape François.

 

 

 

 

 

 

 

Isidore GUÉRIN (1841-1909), pharmacien, frère d’Azélie, oncle des sœurs MARTIN qui se sont installées auprès de lui à Lisieux après la mort de leur mère. Notable de Lisieux, militant Catholique.

 

 

 

 

 

Le Révérend Père Godefroi MADELAINE (1842-1932), prieur du Monastère des prémontrés de Mondaye (CALVADOS). A prêché des retraites à Lisieux et a appuyé le projet du carmel de faire connaître les écrits de Thérèse. Il participe au travail de mère Agnès sur les manuscrits.

 

 

 

Monseigneur Flavien HUGONIN (1823-1898), Évêque de Bayeux et Lisieux. Première autorité Ecclésiastique à autoriser la publication de l’Histoire d’une âme. Il meurt quelques mois après Thérèse.

 

 

 

Qu’est-ce que le Carmel ?

 

Au XIIIè siècle, des ermites retirés sur le Mont Carmel, massif boisé dominant l’actuelle Haïfa, et vivant selon l’esprit du Prophète Elie et dans la contemplation de la Vierge Marie, se constituent en Communauté selon une règle donnée par le Patriarche de Jérusalem.

 

 

 

Trois cents ans plus tard, en Espagne, Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix réforment l’Ordre du Carmel et donnent naissance à une branche nouvelle : les Carmes déchaux (c’est-à-dire « déchaussés », cela pour marquer le retour à la rigueur monastique). Les premiers Carmes et Carmélites réformés apparaissent en France au début du XVIIè siècle.

Le Carmel de Lisieux est fondé en 1838.

La règle des Carmels, assouplie depuis, reste stricte. Les Religieuses respectent toujours, pour l’essentiel, la clôture. Leur journée s’articule autour de la prière silencieuse et personnelle, liturgique en communauté pour la messe et les offices – et le travail en cellule pour assurer le gagne-pain du Monastère. La journée est vécue dans le silence et la solitude – le « désert » -, s’appuyant sur une Vie Communautaire Fraternelle.

 

« Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre »

 

Le jeudi 30 septembre 1897.

Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, 24 ans, carmélite, entre en agonie.

Elle est malade depuis plusieurs mois : fièvre, toux, douleurs dans la poitrine etc…

S’affaiblissant de semaine en semaine, elle ne quitte plus l’infirmerie et chacun sait, en ce jeudi, que la fin est imminente. Veillée par la Communauté, Thérèse meurt à 19h20.

Dans la Chapelle du Monastère, Léonie MARTIN et son oncle maternel, Isidore GUÉRIN, prient pour la mourante. Depuis la clôture, les Carmélites leur font porter un billet :

« Notre ange est au Ciel. Elle a rendu le dernier soupiren pressant son crucifix sur son cœur et disant : « Oh, je vous aime ! » Elle venait de lever les yeux au Ciel. Que voyait-elle !!! »

Léonie, Isidore et sa femme, après une dernière prière, rentrent chez eux. Les parapluies dont ils s’étaient munis, tellement le temps avait été exécrable tout au long de la journée, ne sont plus nécessaires. Le ciel est devenu serein. Plus de nuages. Se souviennent-ils que Thérèse avait dit à plusieurs reprises qu’il ferait beau le jour de sa mort ?

A la mort de la jeune Carmélite, sa parenté proche est composée de ses quatre sœurs : Trois sont au Carmel de Lisieux : Pauline (Mère Agnès de Jésus), Marie (Sœur Marie du Sacré-Cœur) et Céline (Sœur Geneviève).

L’autre, Léonie, est « dans le monde » après deux tentatives à la Visitation de Caen. Elle seule accompagnera Thérèse au cimetière. Après la mort de leur mère, Zélie GUÉRIN, en 1877 (Thérèse a 4 ans), les orphelines sont venues avec leur père, Louis MARTIN – qui mourra en 1894 -, s’installer à Lisieux près de leur oncle maternel, Isidore GUÉRIN, qui a lui-même deux filles… dont une sera, aussi, Carmélite.

Thérèse a le goût de l’écriture. La jeune carmélite écrit des poèmes, des pièces de théâtre, des réflexions spirituelles. Elle écrit comme sa sœur Céline peint…

Un soir de l’hiver 1894, Sœur Marie du Sacré-Cœur dit à sa sœur Pauline, alors prieure, en parlant de Thérèse : « Est-il possible que vous lui laissiez faire de petites poésies pour faire plaisir aux uns et aux autres et qu’elle ne nous écrive rien de ses souvenirs d’enfance ?

Vous verrez, c’est un ange qui ne restera pas longtemps sur terre et nous aurons perdu tous ces détails si intéressants pour nous… »

La prieure hésite quelques jours, puis ordonne à Thérèse de rédiger ses souvenirs d’enfance.

Thérèse écrit les souvenirs de sa vie passée en les éclairant par la Bible et, surtout, les progrès spirituels qu’elle a accomplis depuis son entrée au Carmel et de sa grande « découverte » : la « petite voie d’amour ».

Deux ans passent. A l’été 1897, Thérèse contracte ce qui sera sa dernière maladie. Elle révèle à sa sœur pauline qu’elle crache du sang.

Effondrée, Pauline va trouver Mère Marie de Gonzague, qui l’a remplacée en tant que Prieure, et lui révèle l’existence du petit cahier. « J’ai relu cela il y a quelques jours, dit-elle, c’est gentil, mais vous ne pourrez pas en tirer grand-chose pour faire sa circulaire après sa mort car il n’y a presque rien sur sa vie de religieuse. Si vous le lui commandiez, elle pourrait écrire quelque chose de plus sérieux. »

Dès le lendemain, on fournit à Thérèse un autre petit cahier. Pendant les quatre mois qui précèdent sa mort, elle va, malgré sa souffrance et son épuisement, écrire ce que l’on peut appeler son itinéraire spirituel. Comme on lui dit un jour que son texte ira peut-être jusqu’au Saint-Père, Thérèse, qui ne dédaigne pas les jeux de mots, répond : Et nunc et semper » (maintenant et toujours).

Dès le 29 octobre 1897Thérèse est morte depuis moins d’un mois -, Mère Marie de Gonzague expédie une lettre au père MADELAINE :

« Les derniers évènements arrivés chez nous (il s’agit du décès de Thérèse) me laissent presque muette. Je ne sais pas trop où je suis et où je vais. La mort de notre ange me laisse un vide… Par obéissance elle m’a laissé des pages délicieuses que je suis entrain de relever avec mère Agnès et je crois que nous pourrions les faire connaître. Ceci est un secret pour vous… Vous voudrez bien nous le corriger… ou le faire corriger.

Personne ne le sait, même dans la Communauté. Il n’y a que le Supérieur (le curé de Saint-Jacques à Lisieux) qui m’a permis (de vous écrire). »

Le prémontré étudie le manuscrit pendant trois mois, en assure la cohérence, procède à quelques corrections de forme.

Le 8 avril 1898, il écrit à Mère Marie de Gonzague : « La première lecture de l’Histoire d’une âme (le titre avait été trouvé par Pauline) me charma, la seconde me laisse dans un ravissement inexprimable. Il y a dans ce livre des pages si vivantes, si chaudes, si suggestives qu’il est impossible de ne pas en être saisi. On trouve une théologie que les plus beaux livres spirituels n’atteignent que rarement à un degré aussi élevé…

Le 11 janvier 1898, le Père Norbert, prémontré de Mondaye, à qui le Père MADELAINE a fait lire le texte, écrit à Mère Marie de Gonzague que les phrases de Thérèse on fait « un bien immense à mon âme  : Paix, amour du Christ. Je suis persuadé que ces récits produiront les mêmes effets sur tous ceux qui les liront… » Il ajoute : « Ces écrits me prépareront à bien mourir. »

Le 30 juin 1898, un religieux de 80 ans, le Père Louis, fait part de son enthousiasme :

« Pendant trois jours, j’ai vécu avec un ange ! Que Dieu est admirable ! Quelle nouvelle invention de sainteté, j’ose dire, inconnue jusqu’à ce jour !

Quelle révélation est faite au monde ! C’est bien un genre de sainteté suscité par l’Esprit Saint pour l’heure présente où tant d’âmes, mêmes chrétiennes, ne voient dans les sacrifices du cloître que les horreurs de la Croix. »

Le 30 septembre 1898, un an, jour pour jour, après la mort de Thérèse, un peu plus de quarante années après la dernière Apparition de Marie à Lourdes, paraît « Histoire d’une âme ».

« Après ma mort, avait dit Thérèse, vous irez du côté de la boîte aux lettres et vous y trouverez des consolations. »

Effectivement, le flot quotidien du courrier s’établit à 50 dans les premiers mois, pour atteindre 500 un peu plus tard. Chaque lettre reçoit une réponse ; c’est un principe établi que les Carmélites observent encore et auquel elles n’ont jamais manqué. Céline ne cesse de peindre et de retoucher ses photos. Plus de 100 000 images sont expédiées chaque année (183 348 exactement en 1909 !).

« Quelle affaire, mon Dieu, sur nos vieux jours ! S’écriera Mère Agnès. Jamais je n’aurai pu soupçonner seulement la centième partie de cet embrasement universel quand j’ai lancé, timidement, la première édition en 1898. » A cette avalanche les religieuses font face.

 

VIVRE D’AMOUR

Vivre d’amour, c’est te garder Toi-Même

Verbe incréé Parole de mon Dieu,

Ah ! Tu le sais, Divin Jésus, je t’aime

L’Esprit d’Amour m’embrase de son feu

C’est en t’aimant que j’attire le Père

Mon faible cœur le garde sans retour.

O Trinité ! Vous êtes Prisonnière

De mon Amour… !

Mourir d’Amour, voilà mon Espérance

Quand je verrai se briser mes liens

Mon Dieu sera ma Grande Récompense

Je ne veux point posséder d’autres biens.

De son Amour je veux être embrasée

Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours

Voilà mon Ciel… voilà ma destinée :

Vivre d’Amour !!..

(Poème de Thérèse)

“Thérèse de Lisieux ou La saga d’une Petite Sœur” par Bernard GOULEY, Rémi MAUGER, Emmanuelle CHEVALIER (Ed. Fayard 1897-1997).

 

Noéline Fournier

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