12ième dimanche du temps ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER (21 juin)

Vivre dans la confiance (Mc 4,35-41)

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule. Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

 

 Jésus barque 2

          En mars 1986, le niveau du lac de Tibériade baissa considérablement suite à une sécheresse exceptionnelle. Deux jeunes, en marchant sur le fond habituellement recouvert par les eaux, découvrirent, enfouie dans la vase, une barque du 1° siècle d’environ 9 m de long sur 3 m de large, la barque de Ginnosar. A l’arrière, une zone couverte abritait des sacs de sable utilisés comme contrepoids, et des filets…

            C’est là que Jésus s’installa lorsqu’il monta, « comme il était », avec ses disciples, dans une barque semblable. Il avait passé « toute la journée à parler à la foule en paraboles. Le soir venu », il était fatigué. On l’imagine étendu sur les filets, la tête calée sur « le coussin, à l’arrière ». « Survient une violente tempête » ? Jésus sait que son Père veille sur lui et que son Heure n’est pas encore venue… Il est en confiance, il dort…

            Mais « les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait ». Ces professionnels de la mer le savent : ils sont « perdus »… Le naufrage est inévitable… Mais deux Paroles du Christ suffiront à l’empêcher : « Silence, tais-toi ! ». Et il s’étonnera de ne pas trouver en eux la confiance qui l’habite…

            Cet épisode a maintenant valeur de parabole pour l’Eglise. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », a-t-il promis à ses disciples (Mt 28,20). Et sa Présence se réalise très concrètement, dans l’invisible et le silence de la foi, par le Don de l’Esprit Saint répandu sur l’Eglise au jour de la Pentecôte : « Dieu vous a fait le don de son Esprit Saint » (1Th 4,8). C’est donc au plus profond de nos cœurs, dans le secret de la prière, que nous sommes tous invités à chercher et à chercher encore cette Présence douce, discrète, paisible et silencieuse qui nous dit, au-delà des mots : « Confiance, je suis là…  et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur mon Eglise » (Mt 16,18).

            Aussi, « quand on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10,19-20)… Oui, « la détresse que nous avons connue en Asie », écrivait St Paul, « nous a accablés à l’extrême, au-delà de nos forces, au point que nous ne savions même plus si nous allions rester en vie. Mais c’est Dieu qui nous en a arrachés et nous avons l’espérance qu’il le fera encore » (2Co 1,8-10)…                                                                       DJF

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