16° Dimanche du Temps Ordinaire par Francis Cousin

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13,24-43)

 

Les textes de ce dimanche peuvent nous sembler disparates, mais ils ont tous un point commun : il nous parle de l’amour de Dieu envers les humains, un Dieu qui reconnaît que nous sommes faibles et qui pardonne, nous remet sur le droit chemin.

Dans la première lecture, l’auteur dit de Dieu : « Tes jugements ne sont pas injustes », malgré ta force, tu uses d’indulgence et de ménagement pour les humains. Et il termine par : « Après la faute tu accordes la conversion », ce qui est bien plus fort que ‘le pardon’.

Le psaume est une supplique au « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » pour qu’il pardonne à ceux qui l’invoquent. Et la seconde lecture nous montre l’action de Dieu qui nous envoie son Esprit Saint qui « vient au secours de notre faiblesse », de ce qui conduit au péché, pour nous relever.

L’Évangile narre la parabole du bon grain et de l’ivraie.

Cette parabole met en opposition le blé et l’ivraie, le ‘bon grain’ et la ‘mauvaise graine’, le bien et le mal, Dieu (et Jésus) et le Diable, ce qui se fait le jour et ce qui se fait la nuit, la lumière et les ténèbres.

Dieu sème le bon grain. Il ne peut semer que cela, car il est bon et qu’il n’y a que l’amour en lui. Il agit en plein jour, à la vue de tous. Le diable attend la nuit pour semer, pour qu’on ne le voit pas : il veut tellement nous faire croire qu’il n’existe pas ! Et ce qu’il sème, c’est de la mauvaise graine, celle qui donne une herbe qu’on ne peut pas manger, ni nos animaux. Une herbe que ceux qui ont un potager s’empressent d’arracher pour que les bonnes plantes puissent profiter pleinement de l’espace, du soleil, de l’eau et de l’engrais.

C’est d’ailleurs la première réaction des serviteurs du domaine quand la pousse se fait : « Veux-tu que nous enlevions l’ivraie ? ».

C’est aussi bien souvent notre propre réaction quand quelque chose de mal arrive. Et là, on ne demande pas la permission au Maître. On décide de soi-même : « Ce violeur en série est un …, il ne mérite pas de vivre. », « Les partisans de daesh devraient tous être tués. », … et on pourrait aussi trouver des exemples dans l’Église … !

La réaction du maître, de Dieu, est toute autre. Lui « qui dispose de la force … juge avec indulgence » (1° lecture), lui qui est « lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Psaume), nous demande de prendre patience, d’attendre le moment de la moisson, le moment du jugement dernier.

Et, à nous, Jésus nous demande de ne pas anticiper le jugement dernier en jugeant par nous-mêmes : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. » (Mt 7,1). Demande qui sera confirmée par les premiers apôtres : « Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ? » (Jc 4,12), et saint Paul dit aussi : « Toi, qui es-tu pour juger le serviteur d’un autre ? … cela regarde son maître à lui. … son maître, le Seigneur. » (Rm 14,4), phrase reprise par le pape François : « Qui suis-je pour juger ? ».

Souvent, nous jugeons sur ce qui nous paraît, sur ce qu’on nous donne à voir, mais nous ne savons pas la réalité de ce que vit la personne en son cœur. Seul Dieu le sait, lui qui ’’sonde les reins et les cœurs’’. Et Jésus nous met en garde à ce sujet : « Ne jugez pas d’après l’apparence, mais jugez selon la justice. » (Jn 7,24). Mais pour juger selon la justice, il faut d’abord être juste envers soi-même, regarder sa vie avec justesse en regard de l’évangile : « Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Mt 7,3).

La différence entre le mal et le bien n’est pas toujours aussi franche qu’on ne le voudrait ou le croirait. D’ailleurs, ne dit-on pas : « d’un mal peut surgir un bien » ? (Ce qui n’empêche pas que le mal reste le mal, mais ses conséquences peuvent être bénéfiques.)

Une personne (ou un groupe) n’est jamais totalement mauvaise, ou totalement bonne. En chaque personne, il y a du bien et du mal … et en nous aussi ! Et nous le savons bien ! Et si nous savons reconnaître qu’il y a en nous du mal, pourquoi ne l’accepterions-nous pas pour les autres ?

En prenant le temps d’attendre le jour du jugement, Dieu nous permet de changer notre vie, de faire en sorte qu’elle soit de plus en plus en rapport avec l’évangile. Il nous donne le temps de nous convertir, même si ce n’est qu’à la dernière seconde de notre vie, et tout le monde connaît des personnes de son entourage qui ont changé à l’approche de la mort, des ‘mécréants’ qui ont accepté de rencontrer un prêtre, voire de se confesser. Comme Jacques Fesch, ou Henri Pranzini.

Dans la société actuelle où tout va de plus en plus vite, nous avons tendance à vouloir juger très vite : « ça c’est bien, ça c’est mal ; cette personne est bonne, celle-là est mauvaise. »

Jésus nous dit : « Stop ! C’est mon boulot, pas le vôtre. Et cela viendra au temps choisi ! »

Dans la première lecture, l’auteur dit « que le juste doit être humain. ».

Et Jésus nous apprend « que l’humain doit être juste, et non juge. »

 

 

Seigneur Jésus,

nous voyons le bien et le mal autour de nous ;

surtout le mal …

et nous jugeons ceux qui apportent le mal,

souvent durement.

Mais en moi,

je sais bien qu’il y a du bien et du mal,

et que tu me pardonneras.

Aide-moi à ne plus juger les autres.

 

Francis Cousin

 

Pour accéder à une prière illustrée, cliquer sur le titre suivant :

Prière dim ord A 16° A6

 

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