17ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Père Rodolphe EMARD

Homélie du 17ème dimanche

du Temps Ordinaire

Année A (26 juillet 2020)

Frères et sœurs, rappelez-vous, dimanche dernier, Jésus nous donnait trois paraboles pour nous expliquer ce qu’est le Royaume des Cieux : la parabole de l’ivraie, celle de la graine de moutarde et celle du levain dans la pâte.

Aujourd’hui, nous avons trois nouvelles paraboles : celle du trésor caché dans le champ, celle des perles fines et celle enfin du filet que l’on jette dans la mer. Jésus nous parle encore du Royaume des Cieux…

Dans les deux premières paraboles, Jésus lance un véritable cri pour désirer le Royaume. Jésus évoque un homme qui a trouvé un trésor dans un champ et qui fait un choix radical : il va vendre tout ce qu’il possède pour acquérir ce champ. Jésus évoque ensuite un négociant en perles qui a reconnu, d’un œil expert, une perle admirable. Il va lui aussi tout vendre pour l’acheter.

Et nous quel est notre trésor ? Nombreux de nos contemporains sont attirés par des pseudo-trésors du monde, éclatants certes, mais éphémères. Rien ne satisfait vraiment dans une recherche exclusive du matérialisme. Cela finit par décevoir ! Il faut reconnaître que dans la vie commerciale, nous sommes prêts à tout pour faire une bonne affaire, une belle acquisition. Mais pour le Règne de Dieu ? Jusqu’où sommes-nous prêts à investir pour reprendre un terme commercial ?

Autrement dit, sommes-nous prêts à tout miser, à miser toute notre vie sur le Royaume des Cieux ? La réponse appartient à chacun ! Mais Jésus par ces deux paraboles nous invite à considérer que le Royaume est un véritable trésor, une perle précieuse qui surpasse toutes les richesses du monde !

Les richesses du monde sont périssables… Quand on évoque le Royaume des Cieux, on est de l’ordre de l’immortalité, de ce qui éternel. Cependant, ce Royaume ne nous est pas donné d’emblée, il est encore caché même s’il est déjà à l’œuvre en ce monde.

L’appel est clair pour nous : le Royaume des Cieux, il faut le désirer plus que tout mais aussi le chercher avec ardeur et y mettre l’effort comme les deux hommes des deux paraboles : l’homme qui découvre le trésor dans le champ et le négociant de perles.

Dans la troisième parabole, il y a un appel à la sagesse, ce qui fait écho à la première lecture (du premier livre des Rois). La méditation des paraboles que nous effectuons depuis quelques dimanches est un appel à faire le tri : quels sont nos réelles priorités et qu’est ce qui de l’ordre du superflu ? Il s’agit dans ce tri d’envisager l’avenir à construire dans la perspective du Royaume.

Jésus conclue ses paraboles en demandant à ses interlocuteurs : « Avez-compris tout cela ? » L’enjeu est de taille : c’est aujourd’hui qu’il faut se décider pour le Royaume. Comme pour dimanche dernier, Jésus nous invite à ne pas minimiser cette décision : ceux qui refusent le Royaume seront jetés « à la fin du monde (…) dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » pour reprendre les mots de l’Évangile.

Se décider véritablement pour le Royaume nous invite à trois attitudes :

  • Tout d’abord au discernement. Quels sont les signes du Royaume ? Et quels sont les signes qui ne sont pas du Royaume ? Nous connaissons les signes du Royaume : ils sont de l’ordre de la foi, de l’espérance et de la charité. Quand nous contribuons au bien d’autrui, quand nous nous rendons humbles, quand nous devenons plus indulgents vis-à-vis des fautes des autres, nous faisons grandir le Royaume.

Discerner les signes du Royaume c’est aussi réfléchir sur notre rapport à la création. Cette année Laudato Si’, voulue par le pape François, nous invite à penser à la sauvegarde de la création qui nous est confiée. Une réelle réflexion est à mener sur la surconsommation et sur l’exploitation excessive et sans frein des ressources naturelles. L’actualité de la crise sanitaire mais aussi économique et sociale liée au Covid-19 nous invite franchement au discernement personnel et collectif. D’où cette deuxième invitation.

  • Une invitation à demander la sagesse. Comme le jeune roi Salomon dans la première lecture : ce qu’il demande à Dieu c’est d’avoir un « cœur attentif » pour gouverner, pour « discerner le bien et le mal ». Et notons que Dieu va agréer à sa demande en lui donnant un « cœur intelligent et sage ».

Nos prières au Seigneur sont bien souvent faites de demandes, dont celle des richesses et pas spontanément cette demande : un cœur attentif pour discerner le bien et le mal. Il y a une leçon à en tirer pour nous.

  • Enfin une invitation à devenir « l’image » du Christ. Je reprends ce que dit saint Paul dans la deuxième lecture de la lettre aux Romains : Dieu nous a « destinés (…) à être configurés à l’image de son Fils ». Cela signifie concrètement, vivre à la suite de Jésus et avec lui la fraternité universelle. Les signes du Royaume sont aussi ceux de la paix, du pardon, du partage…

Et bien frères et sœurs, demandons au Seigneur de pouvoir faire un vrai choix du Royaume, en vue de la Vie éternelle en Dieu. Aucun trésor du monde ne vaut cela ! Que le Seigneur Jésus vous donne sa grâce et sa paix.

 

Père Rodolphe Emard.

 

 

Textes bibliques : 1 R 3, 5. 7-12 / Ps 118 / Rm 8, 28-30 / Mt 13, 44-52.

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