2ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Claude WON FAH HIN

2e dimanche ordinaire – Homélie du Samedi 18/1/2020 et Dimanche 19/1/2020

Isaïe 49 3, 5–6 ; 1Corinthiens 1 1–3 ; Jean 1 29–34

Dans ce passage de saint Jean, il est cité deux animaux : l’Agneau de Dieu pour désigner Jésus-Christ et la colombe pour désigner l’Esprit Saint, deux animaux, deux symboles de paix. Dieu désire donc la paix pour notre monde. Et Padre Pio nous dit que « la Paix est signe certain de la présence de Dieu ». Ce qui nous empêche d’avoir cette paix de Dieu, c’est le péché du monde. Et voilà que Jean Baptiste nous dit à propos de Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Il n’y a pas deux Agneaux de Dieu qui puissent enlever le péché du monde. Il est Unique. Il est le seul qui soit capable d’enlever le péché du monde, et donc de nous sanctifier. Si le Christ est le seul capable de nous conduire au Royaume de Dieu, il nous faut donc suivre que le Christ et aucun autre soi-disant « dieu » qui n’existe pas. Et celui qui suit le Christ, le chrétien, il s’associe au sacrifice du Christ qui a lieu au moment de la messe, et non pas au sacrifice d’animaux qu’on peut faire ailleurs.

Dans l’Ancien Testament, pour atténuer la colère de Dieu, le peuple continuait à sacrifier des animaux, et particulièrement des agneaux. Souvent, c’était des sacrifices faits aux idoles, comme le cas du veau d’or. Et Dieu leur dit :

  • 2R17,35-36: « 35 Vous ne révérerez pas les dieux étrangers, vous ne vous prosternerez pas devant eux, vous ne leur rendrez pas de culte et vous ne leur offrirez pas de sacrifices. 36 C’est seulement à Yahvé, qui vous a fait monter du pays d’Égypte … qu’iront votre révérence, votre adoration et vos sacrifices ».

  • (Am 5,21-22) : « 21 Je hais, je méprise vos fêtes et je ne puis sentir vos réunions solennelles. 22 Quand vous m’offrez des holocaustes (sacrifices)… vos oblations (offrandes), je ne les agrée pas (= cela ne me plait pas), le sacrifice de vos bêtes grasses, je ne le regarde pas » ;

  • Is 1, 11-20 : 11 Que m’importent vos innombrables sacrifices, dit Yahvé. Je suis rassasié des holocaustes (sacrifices) de béliers et de la graisse des veaux; du sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je ne prends pas plaisir. …13 N’apportez plus d’oblation (d’offrande) vaine : c’est pour moi une fumée insupportable!  Néoménie (= fêtes), sabbat, assemblée, je ne supporte pas fausseté et solennité. 14 Vos néoménies (fêtes), vos réunions, mon âme les hait; elles me sont un fardeau que je suis las de porter. 15 Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux; vous avez beau multiplier les prières, moi je n’écoute pas… ».

  • He 10,1.4: « 1..la Loi est absolument impuissante, avec ces sacrifices, toujours les mêmes, que l’on offre perpétuellement d’année en année, à rendre parfaits ceux qui s’approchent de Dieu. …4 En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés ». On a donc beau sacrifier des milliers d’animaux, cela ne sert absolument pas à enlever le péché du monde, ni à être saints, ni à être en accord avec Dieu.

Tout cela pour dire qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Ex 20,2-3 : « 2 Je suis le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. 3 Tu n’auras pas d’autres dieux que moi »; et Mt 4,10 nous le rappelle: ” C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte“. Il n’est pas possible d’avoir deux dieux, et donc deux religions à la fois.

« Le péché du monde » désigne ce qu’il y a de commun à tous les péchés : la désobéissance à Dieu, car tout péché est une désobéissance à Dieu. C’est le refus de faire la volonté de Dieu, c’est le refus même de Dieu. « C’est refuser de reconnaître le Christ pour l’Envoyé de Dieu, Lui qui est venu nous révéler la « vérité » (Note de la BJ). Et ce péché du monde met le chaos dans le monde : guerres, crimes, violence, maltraitance des êtres humains, des animaux, de l’environnement, guerre entre races, entre riches et pauvres, et bien d’autres, mais aussi le désordre dans les familles, le désordre à l’intérieur de chaque être humain. C’est pourquoi, Dieu a choisi un peuple pour se révéler comme étant l’unique Dieu. Et comme ce peuple a eu du mal à suivre les prophètes qui sans cesse leur rappelaient qu’il fallait n’adorer que le Dieu unique, et pas les idoles, Dieu a fini par envoyer son propre Fils, Jésus-Christ et c’est de Lui que Jean nous dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Saint Paul nous dit en He 10,10 : « …nous sommes sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes ». Oblation du corps du Christ signifie l’offrande du corps du Christ en sacrifice : Il est mort pour nous sur la Croix. Cela signifie que normalement, puisque nous sommes pécheurs tous les jours, c’est nous qui devrions subir les conséquences de nos péchés : nous péchons, nous devons payer, parce que « nous avons péché ». C’est une logique toute humaine. Eh bien, comme Dieu est Amour et Miséricordieux, Il ne peut pas nous laisser subir les conséquences de nos propres fautes. Dieu le Père envoie donc son Fils sur terre pour nous sauver. Et comme le Fils est lui aussi Amour, c’est Lui qui s’offre à notre place pour subir les conséquences de nos péchés, alors que Lui-même n’a fait aucune faute. Il va donc souffrir dans sa Passion et sur la Croix, à notre place. Son sacrifice, son unique sacrifice, est pleinement efficace puisqu’une fois ressuscité, le Christ se trouve à la droite du Père : il se retrouve dans la Gloire du Père. A cause de son sacrifice, tous les hommes sont sauvés. Ne seront pas sauvés ceux qui refusent obstinément de suivre le Christ et qui le rejettent. C’est donc la foi en Jésus seul qui sauve et non la foi en d’autres dieux inexistant.

    Jean Baptiste baptisait dans l’eau. Note Osty (Jn 1,26) : « Par ce rite symbolisant le repentir (et la BJ parle d’un « baptême de repentir »), le rôle de Jean est de témoigner de la présence effective du Messie ». Et comment Jean est-il témoin de la présence du Messie ? Par la vision qu’il a eue : « J’ai vu l’Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui. 33 Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, celui-là m’avait dit :  Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint.  34 Et moi, j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu ». – Le baptême d’eau est un baptême déjà limité en lui-même. L’eau de pluie par exemple mouille tout ce qui est extérieur : des collines et montagnes, l’eau descend jusqu’à la mer, mais n’atteint pas ceux qui sont à l’intérieur des maisons. Par contre dans le baptême dans l’Esprit Saint, l’Esprit de Dieu touche tout le monde, il est comme un souffle léger qui pénètre dans les moindres recoins. Et l’Esprit de Dieu souffle sur tout le monde sans exception : sur les Catholiques, les Chrétiens mais aussi sur les non-chrétiens, et même sur ceux qui ne croient pas en Dieu. C’est pour cela que nous ne pouvons pas dire que les non-chrétiens ne seront pas sauvés. Tout le monde peut être sauvé. Car s’il n’y a qu’un seul baptême, il y a trois types de ce même baptême : le baptême d’eau et d’Esprit, le baptême de martyr et le baptême de désir.

Le baptême d’eau et d’Esprit, c’est le baptême que nous avons une fois par mois dans l’église, avec parents, parrains et marraines et les familles. – Le baptême de martyr est l’exemple du Christ mort pour nous. De même, lorsqu’une personne, même s’il n’aime pas Dieu, donne sa vie pour sauver quelqu’un qu’il ne connaît même pas, et qu’il meurt en essayant sauvé l’autre, il est baptisé, c’est le baptême de martyr. Le baptême de désir ! Cette expression se retrouve par exemple dans le « manuscrit du Purgatoire » écrit par le Sanctuaire de Montligeon – P. 63 : « L’Anglaise qui s’est noyée au Mont Saint-Michel est allée au Ciel directement. Elle a eu la contrition voulue au moment de la mort et en même temps le baptême de désir. Tout est arrivé par l’intervention de Saint-Michel. Heureux naufrage ». Deux textes du Vatican II en parle mais sans que soit noté l’expression « baptême de désir » :

1 – LG (Lumen Gentium) 16 : « En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [33]. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut ». Autrement dit, si au fin fond d’une grande forêt, une tribu vit encore de manière primitive alors que les personnes de cette tribu ne connaissent ni Bible, ni Christ, ni Eglise, et qu’elles vivent dans l’amour des uns envers les autres, dans la fraternité, la solidarité, tout en cherchant la lumière, la vérité, la sagesse, la paix, ces personnes peuvent être sauvées, car Lumière, Vérité, Sagesse, Paix, c’est le Christ. Elles vivent donc comme un chrétien devrait vivre. « En effet, nous dit encore LG 16, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique [34] et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie ».

GS (Gaudium et Spes) 22,5 : « Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce [38]. En effet, puisque le Christ est mort pour tous [39] et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine (= notre fin dernière est de vivre éternellement avec Dieu), nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu (seul) connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal », c’est-à-dire d’être sauvé par les mérites de Jésus-Christ, mort pour tous, sans exception. Et dans tous les cas, il faudra passer par le Christ. Et uniquement Lui. Rappelons simplement que c’est au moment des messes, que nous récoltons les conséquences du sacrifice du Christ mort et ressuscité. C’est à la messe que nous recevons les grâces, les bénédictions, les bienfaits que Dieu le Père accorde à son Fils pour qu’il nous les redistribue par les mains de Marie, dispensatrice des grâces divines, et qui sont les conséquences du sacrifice du Christ. Merci Marie de nous distribuer les grâces divines.

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