17ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (Jn 6,1-15)

« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons… »

 

L’évangile de ce jour relate un épisode bien connu de la vie de Jésus : la multiplication des pains (et des poissons). C’est sans doute l’un des miracles les plus connus, de par son résultat impressionnant : nourrir cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants !, à partir de cinq pains et deux poissons. Il n’y a que Fernand Raynaud qui peut en faire autant, « avec les restes de la semaine dernière » !

Mais qu’est-ce qui a permis ce ‘signe’, ce miracle ?

D’abord, bien entendu, l’amour, la tendresse, la miséricorde de Jésus vis-à-vis du peuple qui vient vers lui, qui croit en lui : C’est lui qui propose à Philippe d’acheter du pain pour qu’ils aient à manger. Jésus, Dieu, qui est toujours proche des gens, qui s’intéresse à eux, qui se préoccupe d’eux.

Ensuite, l’attention d’André qui a remarqué qu’un enfant avait un peu à manger.

Puis la réaction de l’enfant qui accepte de donner son repas ‘pour le Maître’ sans qu’il sache ce qu’il va en faire …

Rien que des gestes d’attention, de bienveillance …

Peut-être que si nous, nous avions davantage de geste de bienveillance, nous pourrions, nous aussi, faire que des miracles se produisent. …

Cinq pains et deux poissons : 5 + 2 = 7.

7 est le nombre la plénitude, de la perfection. C’est le nombre associé à Dieu, car lui seul est parfait.

Mais pour que la perfection soit là, il faut que les deux ingrédients soient présents :

5 pains : le pain sera l’objet principal de l’enseignement de Jésus à la synagogue de Capharnaüm peu après : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jn 6,35). Cela fait référence à Jésus, à Dieu.

2 poissons : c’est le résultat du travail des hommes, des pécheurs, notamment des quatre premiers disciples appelés par Jésus. Cela fait référence à l’homme.

Ainsi, dans ce miracle, pour obtenir la perfection, il faut cinq doses de dons de Dieu, et deux doses de travail, de peine des hommes. On remarquera que pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut plus de dons de Dieu que de travail des hommes. Ce qui montre bien que pour entrer dans le Royaume de Dieu, ce n’est pas tellement à cause de (ou grâce à) nos bonnes actions que cela se fera, mais surtout grâce à l’amour et à la miséricorde de Dieu qui veut que nous soyons tous sauvés.

Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il faille se laisser aller, et tout attendre de Dieu : la part de l’homme, si elle est moindre que celle de Dieu, n’en est pas moins importante et nécessaire.

Cinq pains et deux poissons : Qui les apporte ?

Un jeune garçon dit la traduction, un jeune enfant (paidarion) en grec. Un enfant pas encore adolescent, de moins de sept ans.

Alors on pense à cette autre phrase de l’évangile : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants (paidia en grec), vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (Mt 18,3).

C’est un petit enfant qui apporte ce qui permettra le miracle. Jésus veut que tous les hommes aient un cœur d’enfant pour entrer dans le Royaume des Cieux. Quand il dira : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » (Jn 6,51), les juifs ont manifesté leur incompréhension et leur désaccord, alors que l’enfant a tout donné sans rechigner …

Combien de fois notre esprit d’adulte, cartésien, qui veut tout expliquer, tout connaître, nous éloigne de la compréhension de l’Évangile, nous éloigne de Dieu …

Seigneur, donne-nous un cœur d’enfant !

Le repas qui était prévu pour une personne, un enfant, a été multiplié par plus de cinq mille pour que tous les présents aient à manger … et il en est resté ! Douze corbeilles !

On pourrait se poser la question de savoir comment les douze corbeilles sont arrivées sur les lieux du miracle, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est dans la symbolique du nombre : douze est le signe de la plénitude. Ce qui voudrait dire qu’il en est resté assez pour la plénitude des temps (au figuré : « Qui mange ma chair et boit mon sang à la vie éternelle. » Jn 6,54), mais aussi qu’il en est resté une pour chacun des apôtres, pour qu’ils puissent, après la Pentecôte, partager le pain de vie avec ceux qu’ils rencontreront.

On est parti de presque rien : Cinq pains et deux poissons, et les gens ont eu suffisamment, et nous-même bénéficions du pain de vie, corps et sang de Jésus offert pour nous…

Souvent, on pense qu’on n’a pas grand-chose, qu’on a peu de moyens, qu’on fait peu …

Mais c’est parce que nous ne comptons que sur nous-même, parce que nous raisonnons en termes humains, … mais si nous mettons ce peu que nous avons entre les mains de Dieu, avec foi, alors ce peu pourra faire de grandes choses, et les exemples dans la vie des saints sont suffisamment nombreux pour que nous les suivions.

Encore faut-il faire le pas …

« Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37)

Seigneur Jésus,

tu comptes sur les ‘petits’

pour faire avancer les ‘grands’,

des pécheurs pour te succéder,

un enfant pour nourrir la foule !

Parce que tu sais que les ‘petits’

ont un grand cœur,

et que c’est l’amour

qui sauvera le monde.

 

                                         Francis Cousin

Pour accéder à cette prière et à son illustration cliquer sur le titre suivant :

Prière dim ord B 17° A6

 

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