Mercredi des cendres – Homélie du Père Louis DATTIN

Quarante jours :

40 jours pour faire le ménage en nous, …

40 jours pour mieux regarder les autres, …

40 jours pour mieux regarder le Seigneur, …

Et d’abord pour faire le ménage en nous :

Il s’agit pendant le Carême, frères et sœurs, de nous débarrasser de tout ce qui nous encombre, de tout ce qui nous alourdit et nous empêche de progresser, donc de vivre.

Le Carême évoque le désert. Quand on s’enfonce dans le désert, il faut accepter un certain mode de vie, une certaine discipline, que l’Eglise appelle “ascèse “. On ne trouve pas, chaque soir, un hôtel cinq étoiles pour vous accueillir.

Il faut prendre ce temps de Carême, pour vous alléger de toutes sortes de choses superflues. 40 jours pour faire le tri, pour vous délester de ce qui est inutile. Il ne faut pas traîner : 40 jours, c’est vite fait, 40 jours pour garder ‘’juste ce qu’il faut ‘’ et se contenter du strict minimum.

De même que les vignerons taillent leurs vignes à cette époque de l’année, non pas pour les abîmer et leur faire du mal, mais pour les débarrasser de toutes les branches inutiles et pour qu’elles donnent de plus belles grappes. De même, nous avons tous quelque chose à tailler en nous. Tailler quoi ?

C’est à chacun de réfléchir et à décider (silence)… dans mon emploi du temps : pertes de temps, dépenses inutiles, paroles inutiles, soucis futiles, …

Quarante jours pour regarder les autres :

– Devenir plus attentif aux autres : en famille, avec mon mari ou ma femme, avec mes  enfants, avec  mes parents, plus attentif à mon entourage ;

– Avoir le souci de partager, de dialoguer, de mieux comprendre ;

– Savoir, pendant ce Carême, être plus tolérant à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme nous !

– Etre soucieux des pauvres : régions d’Afrique Noire où l’on meurt de faim et de soif.

Le Carême est un temps de solidarité avec les plus malheureux, un temps de partage : sommes-nous prêts à nous priver sur la nourriture ou sur d’autres dépenses ? Le jour du Vendredi Saint, à trois heures, au moment où vous allez embrasser le Christ crucifié et que vous aurez juste à côté le plateau qui va recueillir vos ‘’offrandes de Carême‘’, c’est-à-dire le montant de tout ce dont vous vous serez privés pour les autres, qu’apporterez-vous en vérité ? Un superflu ou le vrai montant de sacrifices que vous aurez faits, unissant vos privations aux douleurs du Christ en croix ?

– Dans nos rapports avec les autres, savoir écouter avant de parler : ne soyons pas trop sûrs d’avoir toujours raison ; et si nous sommes investis d’une certaine autorité, souvenez-vous de la parole du Christ « Que le plus grand parmi vous, soit comme celui qui sert ! »

–  Quarante jours pour vous éduquer le cœur à aimer, à apprendre à aimer d’une façon neuve, pour éduquer votre esprit, l’arracher à ses obsessions, ses idées reçues, l’ouvrir à la nouveauté, pour éduquer votre regard, dépasser l’usure, traverser l’écran des masques et des apparences. Les autres attendent de nous cette conversion. Ils attendent que nous puissions les regarder autrement, que nous ne restions pas figés sur des souvenirs anciens, sur de vieux griefs.

Jésus, attend cela aussi de nous ! Quand nous oublions nos frères, c’est lui que nous oublions. Quand nous  jugeons nos frères, c’est lui que nous jugeons.

40 jours pour marcher à un autre rythme, pour changer de style mais 40 jours aussi pour regarder le Seigneur : le Carême est un temps privilégié pour rencontrer le Seigneur. Bien souvent, nous prions peu ou nous prions mal. « Nous ne trouvons pas le temps » disons-nous. N’est-ce-pas plutôt que « nous n’en prenons pas le temps » ?

Une rencontre avec Dieu, la messe ou un temps de prière est toujours prioritaire pour grandir dans la foi et dans l’amour :

– 40 jours pour regarder Dieu, rencontrer le Christ par la méditation de l’Evangile : quel évangéliste allez-vous choisir, cette année, pour mieux comprendre les désirs du cœur de Dieu sur vous ? St-Jean, St-Luc ou St- Marc ?

– 40 jours pour être transfiguré

– 40 jours pour grandir avec l’Evangile, pour apprendre ou réapprendre à vivre, pour avoir un cœur moins centré sur moi-même, mais plus centré sur le salut du monde.

La grande  souffrance du cœur de Dieu, n’est-ce-pas de voir tant d’hommes et de femmes aux prises avec la misère, la souffrance, et la guerre et de voir si peu d’hommes et de femmes prêts à s’engager dans le grand combat pour la paix et pour un monde vraiment fraternel et solidaire ? Allons-nous laisser le Christ faire son œuvre de redressement en nous ?

      Nous allons recevoir les cendres, ce n’est pas un rite magique. C’est le signe que nous sommes décidés à profiter de ces quarante jours pour changer quelque chose dans nos manières de penser et de vivre. Ces cendres : c’est notre vie… éteinte et grise, aride parfois, et sans fruit, mais qui peut s’épanouir.

Qu’elles soient bénies, ces cendres, elles peuvent nous faire du bien !

En les recevant, c’est ton appel à grandir, Seigneur, à produire du fruit, que tu places, pas seulement sur notre front, mais surtout dans notre cœur.

Qu’elles soient bénies, ces cendres, parce qu’elles deviendront le signe de notre existence qui change parce que nous voulons nous convertir et nous tourner vers l’Evangile du Christ !

Si vous n’y êtes pas décidés, restez à votre place, ne jouez pas la comédie ! Autrement, d’accord.

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.

Dans 40 jours, vous pouvez ressusciter avec Jésus ! » AMEN

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