3ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Matthieu 4, 12-23)

« Galilée des nations ! »

 

Voilà bien un terme péjoratif dans la bouche des Judéens, ceux qui habitent dans le sud de la Palestine, pour désigner cette partie de la Palestine, au nord de la Samarie, pays où se croisent différents mouvements entre des peuples divers ; mouvements commerciaux, intellectuels, religieux …

Et pourtant c’est dans cette région-là que Jésus va commencer son enseignement, loin de l’orthodoxie religieuse de Jérusalem.

On pourrait dire que c’est logique, puisqu’il a vécu une grande partie de sa vie à Nazareth, en Galilée.

Mais il en était parti pour aller à la rencontre de Jean-Baptiste, au bord du Jourdain, peu avant l’entrée de celui-ci dans la mer Morte, à la limite de la Judée … pour ensuite être poussé par l’Esprit au désert.

Le premier paragraphe de l’évangile d’aujourd’hui nous donne une raison de son retour : l’arrestation de Jean-Baptiste. La Judée n’est pas une région sure pour accueillir l’annonce du Messie … encore moins pour l’accueillir lui-même !

Il retourne donc en Galilée, mais sur les bords du lac de Tibériade, à Capharnaüm, au plus près des nations, dans une région méprisée par les gens du Temple.

Ainsi, dès le départ, Jésus montre son attachement aux plus petits, aux humbles, aux mal considérés : « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. » (Lc 5,32). Il s’intéresse à « ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort », de manière qu’avec lui, « une lumière soit levée ».

Là, il enseigne dans les synagogues : « Convertissez-vous ! », reprenant à son compte la parole de Jean-Baptiste.

Mais la démarche de Jésus n’est pas solitaire. Dès le début, il a voulu associer à sa mission des hommes. Non pas des intellectuels, des rabbins, mais là encore des gens peu considérés, des pécheurs, ne sachant ni lire ni écrire, des gens du peuple, … et qui plus est, travaillaient sur la mer, le siège des mauvais esprits.

Pourquoi ces pécheurs l’ont-ils suivi ?

Le regard franc, pénétrant, … la force émanant de se personne … pour certains une parole forte, mais énigmatique : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » …

Est-ce suffisant ? Peut-être.

Une attirance envers Jésus qui existe, certes, mais qui ne s’explique pas. Une attirance brutale qu’on appelle communément un « coup de foudre ».

L’inconvénient d’un coup de foudre, c’est qu’il ne dure qu’un instant, et qu’il faut de temps en temps le revigorer.

Et si on suit la vie des quatre apôtres appelés ce jour-là (et aussi pour les autres), on voit qu’il y a dans leurs relations avec Jésus des hauts et des bas : Pierre qui se fait remettre en place : « Passe derrière moi, Satan ! … Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mt 16,23) ou son reniement ; les fils de Zébédée qui se voient déjà premier et deuxième ministres (cf Mt 20,20), … et toutes les fois où Jésus leur dit qu’ils sont lents à croire, « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? » (Mc 7,18).

Il leur faudra la résurrection de Jésus, et surtout le formidable coup de tonnerre de la Pentecôte pour qu’ils n’aient pas peur d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus au monde.

L’action de l’Esprit Saint est un moteur qui met en route.

D’ailleurs, on peut se demander si l’Esprit Saint n’est pas pour quelque chose dans la réponse immédiate des quatre premiers apôtres appelés au bord du lac. On a vu l’action de l’Esprit qui fait venir le vieillard Siméon et la prophétesse Anne au temple, le jour même où Marie et Joseph présentent Jésus à Dieu. Ou encore la voix qui indique à Jean-Baptiste comment reconnaître le Messie parmi ceux qui viennent lui demander le baptême.

L’Esprit aurait pu préparer le cœur des apôtres à accueillir et à accepter la demande de Jésus.

Alors, pour nous, que retenir ?

L’action de l’Esprit sur les apôtres sans qu’ils ne le connaissent, et à leur insu.

Cela veut dire deux choses :

– L’Esprit « souffle où il veut » (Jn 3,8) sur tous les hommes, les bons comme les méchants, sans que ceux-ci s’en rendent compte. Ainsi, un ’’méchant’’ peut avoir une réaction (ou une action) qui soit dans le sens de l’évangile : l’amour des autres, sinon de Dieu. L’Esprit n’est pas réservé aux chrétiens !

– Nous devons, en tant que chrétiens, être attentifs à l’action de l’Esprit en nous, et nous comporter comme il nous le demande, et pour cela, peut-être ne pas tout quitter, mais tout au moins quitter quelque chose qui nous tient à cœur, pour suivre Jésus où il veut nous conduire.

 Seigneur Jésus,

on est toujours étonné de voir les apôtres

tout quitter pour te suivre,

toi qu’ils ne connaissent pas.

Nous, nous te connaissons,

et pourtant il nous est difficile

de partir à ta suite sans réserve ;

nous sommes trop pris par les biens matériels.

Aide-nous à reconnaître l’essentiel.

Francis Cousin

  

 Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre suivant :

Prière dim ordinaire A 3°

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