30ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 18, 9-14)

« C’est le publicain

qui était devenu un homme juste. »

Tout le monde connaît bien cette parabole du pharisien et du publicain qui se retrouvent dans le temple pour prier.

Le pharisien, qui se croyait juste, tout plein de lui-même, commence sa prière en rendant grâce à Dieu parce qu’il est (se croit) le meilleur : il respecte la loi à la lettre, fait l’aumône, et surtout, il se croit meilleur que les autres, « ou encore [que] ce publicain », un de ces individus qui trafiquent avec l’occupant Romain, donc nécessairement impur !! Il est tellement imbu de lui-même, de sa supposée supériorité, qu’il traite Dieu comme un enregistreur qui n’a rien à dire, comme s’il n’existait pas. Dieu n’est pour lui qu’un prétexte pour se montrer. Il n’a pas besoin de l’amour de Dieu, encore moins de sa miséricorde puisque tout est bon chez lui ! Il verrait bien Dieu en train de l’applaudir ou de lui décerner une médaille !

Le publicain, au contraire, sait combien il est mal vu de ses compatriotes de par son métier, et peut-être de Dieu (pense-t-il). Mais il veut quand même garder une relation avec Dieu. Il vient au temple, alors qu’on le dit pécheur, et il parle à Dieu (et non à lui-même) en se frappant la poitrine : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! ». Et il sait que Dieu va l’écouter ; il connaît les psaumes : « Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m’oublie pas … Seigneur, pardonne ma faute : elle est grande. » (Ps 24,6-7.11). Et il attend. Il laisse à Dieu l’initiative de le pardonner.

Entre les deux personnages, on se sent généralement plus proche du publicain. Parce qu’on se sait tous pécheurs, on sait quel est le poids de nos péchés. Et que le péché déplait à Dieu ! Nous avons tous besoin de la miséricorde de Dieu, pour effacer cet écart d’amour entre nous et Dieu.

Le publicain, lui, il n’avait qu’à attendre, et compter sur la miséricorde de Dieu.

Nous, nous avons l’enseignement de Jésus, et nous pouvons compter sur un pardon quasi immédiat, sans attendre le jugement dernier, selon la parole de Jésus à Pierre : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16,19). Pouvoir qui a été donné aux prêtres. Nous pouvons donc aller les voir pour demander le sacrement de la réconciliation. Mais sommes-nous disposés à le faire ?

Mais il arrive aussi que, dans notre attitude, nous nous comportions comme le pharisien. Parce qu’on pratique régulièrement, parce qu’on n’a pas fait de gros péchés (mais qu’est-ce qu’un gros péché ?), on trouve qu’on n’est pas si mal que cela, qu’on est plutôt du côté des justes ou de ceux qui font des efforts pour l’être …

Et bien souvent, nous oublions les péchés « en pensée, en paroles, … par omission ». C’est vrai, les péchés en pensée … personne ne le sait ! … sauf Dieu ! Et tout le mal qu’on pense des autres fait une déchirure dans notre amour de Dieu. En paroles ? Qui peut dire qu’il ne fait jamais de ladi lafé, qu’il ne colporte jamais de ragot sur qui que ce soit, qu’il ne se moque jamais de quelqu’un, même si c’est sur le ton de la plaisanterie … ? Par omission ? C’est sans doute celui qu’on fait le plus souvent : ne pas aider quelqu’un quand on pourrait le faire ! ne pas prendre soin de quelqu’un quand on pourrait le faire ! ne pas donner une pièce à un mendiant quand on pourrait le faire ! … et la liste est longue …

Et combien de fois ne dit-on pas : « Je suis meilleur que lui ! » ou « Il est moins bon que moi ! ». Même si c’est une réalité objective, n’y a-t-il pas souvent une pointe de dénigrement ?

Ce ne sont souvent que de petites choses. Tellement qu’on n’y fait même plus attention. Et on se dit : « Oh, ça, c’est pas un péché ! ».

Ce n’est pas nous qui sommes juges ! Mais celui qui dit : « Ce que vous l’avez fait (ou pas fait) à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (ou pas fait). » (Mt 25,40.45).

Finalement, à qui ressemblons-nous ?

            Quand on lit cette parabole, ne nous contentons pas de dire : « C’est le publicain qui a la meilleure attitude, celui qui devient juste ! ». Mais regardons où nous en sommes dans notre relation avec Dieu, avec les autres … et tirons-en la conclusion …

Seigneur Jésus,

Publicain ou pharisien ?

On est toujours un peu des deux,

à cause de notre orgueil, notre suffisance.

Mais la conclusion est toujours la même :

nous devons nous réconcilier avec toi.

Et avec les autres.

 

Francis Cousin

  

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Prière dim ordinaire C 30°

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