7ième Dimanche du Temps Ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER

” Avoir confiance en Dieu et en Dieu seul ! “

(Mt 6, 24-34)  

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?
Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”
Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.
Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

 

           

                    

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». L’argent apparaît donc ici comme un danger dans la mesure où il serait considéré comme un absolu… Servir l’argent, sans autre but que l’argent lui-même, est l’attitude idolâtrique par excellence, comme si sa seule accumulation pouvait suffire à assurer notre bonheur… Mais le sentiment de sécurité qu’il génère est trompeur. Ainsi, à celui qui avait rempli ses greniers et qui se disait : « Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années : repose-toi, mange, bois et fais la fête », Jésus répond : « Insensé, cette nuit même on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l’aura ? » (Lc 12,13-21). De plus, grande est la tentation de croire que l’argent permet la réalisation de tous nos désirs et qu’il est donc la clé du bonheur. On peut alors chercher à l’acquérir par n’importe quel moyen : le mensonge (Mt 28,11-15), le vol, et même le meurtre s’il le faut (Mt 26,14-16)… Mais en agissant ainsi, l’homme se plonge lui-même dans les ténèbres. « Malheureux » est-il, car en se détournant de Dieu, il ne peut qu’être privé du « Don de Dieu », « l’Eau Vive de l’Esprit Saint » (Jn 4,14 ; 7,37-39)… Or, ce n’est qu’en acceptant de le recevoir de tout cœur que l’homme trouvera avec lui le vrai Bonheur, car Dieu nous a tous créés pour que nous en soyons « remplis », (Ac 2,4), partageant ainsi sa Plénitude (Ep 5,18 ; Col 2,9-10) et sa Joie (Ac 13,52 ; Jn 15,11).

            Après avoir évoqué le danger de l’argent et de ses fausses sécurités, Jésus cherche à apaiser nos principales sources d’angoisses, notamment vis-à-vis de nos besoins fondamentaux : « Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements… Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. »

                Or « le Royaume des Cieux est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ». Autrement dit, il est Mystère de Communion dans « l’unité d’un même Esprit », un Esprit d’Amour qui ne peut que nous pousser à nous mettre au service des autres, à nous donner de la peine pour les autres, à travailler pour eux (Rm 14,17 ; Ep 4,3 ; Rm 5,5 ; Ga 5,22), avec comme principe : « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui ». Et St Paul a donné l’exemple : « Je n’ai pas recherché mon propre intérêt, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés » (1Co 10,24.33). Or « l’ouvrier mérite son salaire » (Lc 10,7), mais dans ce cas-là, c’est Dieu le Père, lui « qui sait bien ce qu’il vous faut avant que vous le lui demandiez » (Mt 6,8) qui s’engage à faire en sorte que l’ouvrier de son Evangile ne manque de rien. « Quand je vous ai envoyés sans argent, ni sac, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » demande Jésus à ses disciples. « De rien » dirent-ils (Lc 22,35)… « Les vrais coopérateurs du Christ sont les porteurs de sa charité. L’argent vient si on recherche le royaume de Dieu. Alors tout le reste est donné » (Mère Térésa).                                                                                                                DJF

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