Dimanche de Pâques par Francis COUSIN

 

« Le Christ est ressuscité ! Alléluia ! »

Affolement en ce premier jour de la semaine ! Marie-Madeleine arrive au tombeau de Jésus de grand matin, et trouve la pierre roulée ! Aussitôt, elle court prévenir Pierre et Jean : « On a enlevé le Seigneur ! ». Et tous deux font le chemin inverse, en courant. Jean court plus vite et arrive le premier : il jette un œil dans le tombeau, mais attend Pierre. Celui-ci arrive, entre, voit les linges bien posés : il est perplexe. Alors Jean entre. Il voit la même chose que Pierre, mais il voit plus loin, plus avant, il voit l’invisible. Il se remémore tout ce que Jésus avait dit : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera » (Mc 9,31), « Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi… » (Jn 14,3) ; « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus ; Encore un peu de temps et vous  me reverrez » (Jn 16,16). Alors il comprend, Il croit en tout ce que Jésus avait dit : Jésus est ressuscité !

Jean a compris. Pierre n’a pas compris. Pierre, pourtant celui que Jésus avait investit comme le ’’roc’’ sur lequel construire son Église, celui qui devait prendre sa tête et lui donner ses orientations, est dans l’expectative. Il est dépassé, au propre comme au figuré.

Peut-être faut-il qu’il y ait, de temps en temps, des personnes qui ‘courent’ plus vite que les responsables établis de l’Église ? Des personnes qui voient plus loin pour dire : « Attention ! A cet endroit, Jésus n’est pas présent ! (Le tombeau est vide) ; On l’a occulté ! Il faut l’y remettre. ». Cela a été le cas de beaucoup qui sont devenus saints, Le curé d’Ars notamment. Et encore dernièrement, Mgr Rhodain et le père Wresinski pour la misère, l’abbé Pierre pour les sans logis, Jean Vanier pour les malades mentaux, Jacques Loew et les prêtres ouvriers, Mère Térésa etc … Des personnes qui soient des ‘lanceurs d’alertes’, qui voient l’invisible, qui courent plus vite que Pierre ou ses représentants sur terre : le pape, les évêques, le curé de paroisse, pour montrer les vrais désirs de notre société, leurs vraies soifs, et pouvoir y apporter des réponses et les apporter à l’Église, avec patience et déférence, comme Jean qui laisse Pierre entrer le premier dans le tombeau.

Il est vrai qu’à l’heure actuelle, on pourrait dire que le pape François courre plus vite que lui-même, ou plus exactement qu’il courre plus vite que la Curie et que certains groupes traditionnalistes, et que nous avons parfois du mal à le suivre … et c’est tant mieux !

Mais cela nous met sérieusement en cause. Parce qu’avec la résurrection de Jésus, nous devrions nous aussi courir, être des témoins ardents de celle-ci comme le furent les premiers apôtres qui bâtirent sur celle-ci tous leurs discours (après la Pentecôte, certes) mais avec quel enthousiasme et quel élan ! Et cela a porté de nombreux fruits.

La résurrection de Jésus, c’était il y a deux mille ans, mais c’est tous les jours qu’il faut en vivre. C’est tous les jours qu’elle doit être une force qui nous pousse à aller vers les autres,  vers les pauvres, les petits, ceux qui sont dans le besoin physiquement et spirituellement, qui ressentent une absence dans leur cœur que seul peut combler Jésus ressuscité.

Pour nous, la résurrection de Jésus est la base de notre espérance pour la vie éternelle. Et nous devons faire en sorte que notre espérance devienne celle des autres.

Comme le disait le pape François le 5 avril dernier : « Notre espérance est une personne, c’est le Seigneur Jésus que nous reconnaissons vivant et présent en nous et en nos frères, parce que le Christ est ressuscité (…) Nous comprenons alors qu’il ne faut pas tant rendre raison de cette espérance au niveau théorique, en paroles, mais surtout par le témoignage de la vie, et que ceci soit à l’intérieur de la communauté chrétienne, ou que ce soit en-dehors d’elle. Si le Christ est vivant et habite en nous, dans notre cœur, alors nous devons aussi lui permettre de se rendre visible, ne pas le cacher, et d’agir en nous. Cela signifie que le Seigneur Jésus doit toujours plus devenir notre modèle, modèle de vie, et que nous devons apprendre à nous comporter comme il s’est comporté. Faire ce que faisait Jésus. Par conséquent, l’espérance qui habite en nous ne peut rester cachée à l’intérieur de nous-même, dans notre cœur : ce serait une espérance faible qui n’a pas le courage de sortir et de se faire voir ; mais notre espérance … doit nécessairement sortir de sa prison, prenant la forme exquise et incomparable de la douceur, du respect et de la bienveillance envers le prochain, arrivant carrément à pardonner celui qui nous fait du mal. »

Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Seigneur Jésus,

Jean vit et crut

parce qu’il avait l’intelligence de la foi :

son cœur était baigné de ta présence.

Permet que je sois baigné de ta présence,

par tes paroles et par ton corps.

Francis Cousin

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