Evangile selon St Jean : Introduction

A) Auteur, date et lieu de rédaction

1 – L’auteur

            Le plus ancien témoignage connu quant à l’auteur du quatrième Evangile est celui de Papias, Evêque d’Hiérapolis en Asie Mineure vers 110-120 ap JC, conservé par Eusèbe de Césarée (mort vers 339). Mais selon Eusèbe, contrairement à Irénée (né vers 140 en Asie Mineure, puis Evêque de Lyon, mort en 202), il faudrait distinguer entre deux Jean : l’apôtre et un ancien de l’Eglise d’Ephèse, le “presbytre” (du grec presbÊterow, « ancien »). L’Evangile proviendrait de l’Apôtre, et l’Apocalypse du presbytre…

            De son côté, Irénée, disciple de Polycarpe de Smyrne, lui-même disciple de Jean, écrit : « Jean, le disciple du Seigneur, celui qui reposa sur sa poitrine, a publié lui-aussi l’Evangile pendant son séjour à Ephèse en Asie » (Adversus Haereses (Contre les Hérésies), 3,1,1).

Dans sa lettre à Florinus, un ami d’enfance, il écrit : « Je puis dire l’endroit où s’asseyait le bienheureux Polycarpe pour parler, comment il entrait et sortait, sa façon de vivre, son aspect physique, les entretiens qu’il tenait devant la foule ; comment il rapportait ses relations avec Jean et avec les autres qui avaient connu le Seigneur ; comment il rappelait leurs paroles et les choses qu’il avait entendu dire au sujet du Seigneur, de ses miracles, de ses enseignements ; comment Polycarpe, après avoir reçu tout cela des témoins oculaires de la vie du Verbe, le rapportait conformément aux Ecritures »…

            Ces traditions rapportées par Irénée sont également en accord avec Polycrate d’Ephèse (v. 190) selon les paroles de sa lettre au Pape Victor :

            « Nous célébrons scrupuleusement ce jour (de Pâques), sans rien retrancher, sans rien ajouter. En effet, c’est en Asie que reposent de grands astres : … Philippe, un des douze apôtres… et encore Jean, qui a reposé sur la poitrine du Seigneur, qui a été prêtre et a porté la lame d’or, martyr et didascale (du grec didãskalow, « celui qui enseigne, maître, docteur ») ; celui-ci repose à Ephèse ».

            Eusèbe cite deux fois cette lettre, et il est convaincu de la mort de l’apôtre Jean à Ephèse. De leur côté, les « Actes de Jean », un écrit rédigé entre 150 et 180, situent l’activité de l’Apôtre en Asie Mineure et le font mourir paisiblement à Ephèse.

            On verra aussi que l’Evangile fut diffusé très tôt en Egypte, et de fait, Clément d’Alexandrie (vers 150-215) mentionne une activité pastorale de Jean en Asie Mineure. Il qualifie aussi avec bonheur le caractère propre du quatrième Evangile :

            « Quant à Jean, le dernier, voyant que les choses corporelles avaient été exposées dans les Evangiles, poussé par ses disciples et divinement inspiré par l’Esprit, il fit un Evangile spirituel » (pneÊmati yeoforhq°nta pneumatikÒn poi∞sai eÈagg°lion).

            A Rome, le Canon de Muratori (165-185) affirme:

            « Le IVè Evangile est de Jean, l’un des disciples. Comme ses condisciples et ses épiscopes (du grec §piskop°v, « veiller sur »… ou « veiller à ») l’exhortaient, il leur dit : « Jeûnez avec moi à partir d’aujourd’hui pendant trois jours, et nous nous raconterons les uns aux autres ce qui nous a été révélé ». La même nuit, il fut révélé à André, l’un des Apôtres, que Jean devait tout écrire en son nom propre avec l’approbation de tous ».

            Le canon mentionne également l’Apocalypse de Jean comme livre « reçu » par l’Eglise…

            Ainsi, nul ne discute dans l’Eglise ancienne l’origine apostolique du quatrième Evangile… Mais il faut remarquer avec R.E. Brown, que les attestations anciennes associent constamment un groupe de disciples à l’œuvre de Jean l’Apôtre. Papias parle déjà du presbytre, son homonyme, et la trace de celui-ci se retrouve chez Eusèbe de Césarée et chez Denys d’Alexandrie (vers 250), qui signale deux tombeaux à Ephèse pour les deux Jean. Clément d’Alexandrie déclare que Jean a écrit son Evangile « poussé par ses disciples ». Le Canon de Muratori dit de son côté que Jean écrivit en son nom propre avec l’approbation de tous… L’Evangéliste n’est donc jamais représenté comme un solitaire… Rien n’empêche donc que la tradition originelle ait pu se rattacher effectivement à Jean l’Apôtre, tout en connaissant par la suite des étapes rédactionnelles et un travail de mise en forme dus à un certain nombre de disciples de la communauté johannique. Nous aurions là un bel exemple de travail en Eglise…

            Xavier Léon Dufour, à la suite des conclusions de R.E. Brown, propose ainsi une solution un peu plus simple mais toujours très proche de ce dernier :

                        j Etape 0 : L’Apôtre Jean, fils de Zébédée.

                        j Etape 1 : L’école johannique: théologiens et prédicateurs.

                        j Etape 2 : l’Evangéliste écrivain.

                        j Etape 3 : Le rédacteur compilateur.

 

2 – Date de rédaction

a) La date de composition la plus tardive possible

            L’Evangile de Jean[1], jusque vers les années 1950, a été souvent daté très tardivement, du fait de sa théologie très évoluée :

                        – Delafosse H., vers 170.

                        – Loisy A., vers 150-160 (son opinion en 1936).

                        – Barrett vers 140 (dans sa 1° édition, 1956).

            Mais si nous nous rappelons que les lettres de Paul ont été écrites avant les Evangiles synoptiques, une christologie développée devient un point de référence précaire pour dater un écrit…

            Certains avançaient aussi que l’Evangile et les Lettres ayant eu le même auteur (ce qui doit être examiné…), et les Lettres reflétant une organisation ecclésiale trop structurée pour ne pas être tardive, l’Evangile ne pouvait être que tardif. Mais là aussi, l’exemple de la communauté de Qûmran et le portrait dressé par Luc de l’Eglise dans les Actes invitent en ce domaine à beaucoup de prudence.

            Autre argument en faveur d’une datation tardive (Sanders suivi par Barrett) : après 170, il est clair que l’Evangile est connu par Tatien[2], Théophile d’Antioche[3], Irénée… Avant 150 par contre, il n’existe aucune preuve sérieuse que Jean ait été utilisé et donc connu. Mais F.-M. Braun[4] a trouvé d’amples raisons de croire que Jean fut reçu sans opposition dès le premier quart du 2°s en Egypte comme en Syrie et un peu plus tard à Rome. Par exemple, il considère comme très probable qu’Ignace d’Antioche, bien que ne citant pas Jean littéralement, dépende de ce dernier (uneconclusion suivie par Maurer). Tarelli et Boismard croient quant à eux que Clément de Rome en 96 utilisa l’évangile de Jean, mais cela semble très difficile à établir. On peut au moins dire qu’il connaissait une théologie et un vocabulaire semblables à celui de Jean. On peut aussi ajouter que si Ignace d’Antioche s’est inspiré de Jean, on ne sait quel était le stade de développement de l’évangile qu’il avait à sa disposition…

            Le fait que Jean ait été très apprécié des milieux gnostiques[5] était pour certains un argument supplémentaire pour une datation tardive (Von Loewenich en 1932 avança même l’idée que Jean avait d’abord circulé dans des milieux gnostiques hétérodoxes avant d’être accepté par l’Eglise). Cet argument repose sur la datation du mouvement gnostique, un domaine où règne une grande incertitude. D’autre part la découverte à Chénoboskion de documents gnostiques représentatifs du 2° s montre la distance entre Jean et “L’Evangile de la vérité” et “l’Evangile de Thomas” qui doivent lui être postérieurs.

            La thèse selon laquelle Jean dépendrait des Evangiles synoptiques a favorisé aussi une datation tardive, mais celle-ci est aujourd’hui le plus souvent rejetée.

            Mais, en 1920, Bernard. P. Grenfell acheta des centaines de papyrus trouvés en Moyenne-Egypte, à Fayum et Oxyrhynchos, le long du Nil, pour le compte de la John Rylands Library de Manchester [6] ; personne ne remarqua le papyrus qui avait été répertorié sous le numéro 457, et qui sera rebaptisé plus tard R52, jusqu’en 1935, date à laquelle C. H. Roberts le publia . Ce n’est qu’un débris (8,9cm x 5,8cm)[7] mais son importance est capitale car il contient Jn 18, 31-33+37-38 et les spécialistes le datent d’avant 150[8]. Il est ainsi la plus ancienne copie connue d’un passage du NT…

            Important aussi, le papyrus Egerton 2, trouvé lui aussi en Moyenne Egypte et publié en 1935 par H. Idris Bell et T.C. Skeat sous le nom d'”Evangile inconnu” et daté d’environ 150. Son auteur aurait utilisé l’évangile de Jean ainsi que les synoptiques pour le composer. Le fait qu’il accorde autant d’importance à Jean qu’aux synoptiques est selon Brown le signe que Jean ne venait pas d’être composé, mais qu’il jouissait déjà à cette époque, à l’égal des synoptiques, d’une totale autorité.

            Il faut aussi signaler le papyrus Bodmer II ou R66 (environ 16,2cm x 14,2cm)[9] du nom de celui qui en fit l’acquisition, M. Martin Bodmer. Contenant Jn 1-6,2 et 6,35b‑14,15, il fut publié en 1956 par Victor Martin, professeur de philologie classique à l’université de Genève. Selon lui, il daterait des années 200, mais Herbert Hunger, directeur des collections de papyrus de la Bibliothèque Nationale de Vienne, le fait remonter aux années 150, si ce n’est dans la première moitié du 2° siècle[10].

b) La date de composition la plus ancienne possible

            Elle est beaucoup moins facile à déterminer que la précédente. Notons tout d’abord que les traditions ayant servi de base aux évangiles sont en général situées dans la période 40 – 60. Certains voudraient que celles de Jean soient plus tardives ; tel n’est pas l’avis de Brown.

            Il faut aussi remarquer qu’au moment de sa rédaction, la rupture était totale entre l’église et la synagogue ; or il ne semble pas que ce problème ait été très sensible avant les années 70. Par contre, on en trouve un écho dans un texte daté de l’an 85 qui consigne 18 bénédictions, et la 12° traite de l’expulsion des nazaréens et des mînîm (hérétiques) de la synagogue, un usage que l’on retrouve dans la période 80‑90 à Jamnia (ou Jabneh, Jabneel), ville située à l’ouest de Jérusalem près de la Méditerranée où le rabbin Johanan ben Zakkai avait transféré son école après la chute de Jérusalem. L’édition finale de l’évangile, la première pouvant avoir eu lieu dans les années 70 ou au début des années 80 (Brown a émis l’hypothèse de 5 stades rédactionnels), a donc du être faite dans les années 90.

            Jn 21,18-19 donne un témoignage symbolique mais clair que Pierre est mort par crucifixion; son martyr advint à Rome lors de la persécution de Néron dans les années 64-65. Si Jn 21,22-23 fait allusion à cette rumeur que “ce disciple” (la figure historique de Jean) ne mourrait pas et cela pour la démentir, c’est bien que “ce disciple” est mort, mais il devait être avancé en âge, ce qui, compte tenu de la différence d’âge avec Pierre (cf la course au tombeau vide en 20,4) situe à nouveau samort certainement après les années 80, probablement vers les années 90.

            Tous ces indices situent la rédaction finale vers les années 100.

 

3 – Lieu et destinataire

            Le lieu privilégié de la formation de l’Evangile est donc la ville d’Ephèse.

            D’autre part, l’Evangile de Jean s’enracine en premier lieu dans le judaïsme palestinien, et adopte vis-à-vis de l’Ecriture une méthode semblable à celle des homélies synagogues : l’unité de l’Ecriture lui permet d’expliquer ses textes les uns par les autres, en prenant pour clé de lecture la personne de Jésus en qui l’Ecriture s’accomplit. Ainsi, Dieu a ordonné toute l’histoire du salut à la manifestation finale de son Fils, devenu homme et mort en croix pour donner la vie au monde.

            Du long mûrissement que suppose l’œuvre johannique, on voit apparaître aussi une sensibilité de plus en plus grande aux nécessités de la mission et aux besoins du monde grec, auquel il fallait ouvrir l’Evangile. C’est en ce sens qu’on peut y reconnaître “un sens aigu des besoins du monde hellénistique, non seulement dans le choix des symboles, mais encore dans la réponse donnée à sa soif de révélation et à son désir d’un Sauveur qui libère de l’emprise du monde” (A. Jaubert). Il ne s’agit pas d’un syncrétisme, mais d’une adaptation aux conditions concrètes de l’Evangélisation, et Jean aura bien soin de souligner le réalisme de l’Incarnation face à une culture qui avait tendance à privilégier “le monde des idées” et à déprécier tout ce qui se rattache au monde matériel, c’est-à-dire pour l’homme « ce corps de chair qui entrave si bien l’âme »[11].

 

B) Structure littéraire du quatrième évangile

            Face à un n’importe quel texte, il est important de se demander quel est son but, et celui de l’Evangile de Jean est clairement défini : « Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d’autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant vous ayez la vie en son nom (Jn 20,30-31).

            St Jean est donc un « livre » (du grec bibl€on, qui se dit « bibliôn » et a donné notre français « bible »), où ont été mis par écrit quelques signes afin de fonder et de confirmer l’adhésion de foi des destinataires à Jésus, le Christ et Fils de Dieu, de telle sorte que par cette foi, ils puissent recevoir la plénitude de vie qu’Il est venu apporter aux hommes. Il est vrai que Jésus lui-même a émis des réserves sur l’adhésion de foi de celui qui se fonde sur les signes (Jn 2,24-25 ; 4,45.48 ; 6,2.14.26.30), mais il a de fait accompli beaucoup de signes pour faire croître et alimenter la foi en lui comme Christ, Fils de Dieu envoyé par le Père.

            Le plan proposé par Rinaldo Fabris est le suivant :

Introduction :

                        – Jn 1,1-18 : Annonce des thèmes de l’Evangile.

                        – Jn 1,19-51 : Introduction à l’activité messianique de Jésus.

Développement :

            : Jn 2,1-12,36 : le livre des signes de Jésus, le Christ et Fils de Dieu[12].

  1. a) précédé du témoignage de Jean et de la présentation des disciples                                                                                                     (Jn 1,19-51).
  2. b) Conclus par un commentaire théologique (Jn 1,19-51)

                                                               et par un dernier appel de Jésus (Jn 12,37-43.44-50).

            : Jn 13,1-20,29 : “l’accomplissement” et l’heure de la glorification de Jésus,

                                                                                                          le Christ et Fils de Dieu[13].

Conclusion: Jn 20,30-31: But et prospective de l’Auteur.

Jn 21,1-23: Ajout d’une nouvelle rencontre du Seigneur ressuscité avec quelques disciples

sur le lac de Tibériade.

Jn 21,24-25: Epilogue.

 

C – Une rapide confrontation avec les Synoptiques[14] (Matthieu, Marc et Luc)

1 – Les divergences

            En St Jean les discours de Jésus ne sont plus centrés sur le Royaume de Dieu. Il n’utilise plus proverbes et paraboles et son langage n’est plus aussi simple. Au contraire, il se place souvent sur un niveau symbolique, et la relation avec son Père prend soudainement une grande importance[15]. Certains croient que les synoptiques garderaient le souvenir des prédications populaires de Jésus alors que Jean rapporterait plutôt les débats avec les milieux intellectuels, mais il vaut mieux y voir l’empreinte du milieu propre à Jean.

            Parmi les grands désaccords de Jean avec les synoptiques, il faut noter :

                        1- Les synoptiques ignorent totalement certains faits et personnages que Jean mentionne : le signe de Cana (Jn 2), un ministère de baptiste dans la vallée du Jourdain (Jn 3,22-29; 4,1), Nicodème et son histoire (Jn 3), la Samaritaine (Jn 4), la guérison de l’aveugle-né (Jn 9), Lazare et sa résurrection des morts (Jn 11; le “pauvre Lazare” est un autre personnage en Lc 16,20s), le lavement des pieds (Jn 13,1-20). De son côté, Jean ne rapporte ni le baptême de Jésus (Mc 1,9‑11 ; Mt 3,13-17 ; Lc 3,21-22), ni l’institution de l’Eucharistie (Mc 14,22‑24 ; Mt 26,29 ; Lc 22,19-20).

                        2- Dans St Jean, les disciples confessent dès le début que Jésus est le Messie (1,41‑49), alors que les synoptiques font de cette confession le sommet du ministère du Christ en Galilée (Mc 8,31).

                        3- Des différences de localisation dans le temps :

                                   – Le ministère de Jésus s’étale sur deux ou trois ans en Jean, alors qu’il ne dure qu’une année dans les synoptiques.

                                   – L’épisode des vendeurs chassés du Temple intervient au commencement de la vie de Jésus en Jean, à la fin dans les synoptiques.

                                   – La mort de Jésus a lieu la veille de Pâques en Jean, et non le jour de Pâques dans les synoptiques.

                        4- Jean omet dans le récit de la Passion tout ce qui pourrait abaisser la gloire du Seigneur.

 

2 – Les points communs

            1 – Les principaux épisodes communs sont[16]:

                        j Ministère et témoignage de Jean-Baptiste (Jn 1,19-36; Mc 1,4-8).

                        j Purification du Temple (Jn 2,14-16; Mc 11,11,15-17).

                        j La multiplication des pains (Jn 6,1-13; Mc 6,34-44).

                        j Jésus marche sur la mer (Jn 6,16-21; Mc 6,45-52).

                        j La demande d’un signe (Jn 6,30; Mc 8,11).

                        j La confession de Pierre (Jn 6,68-69; Mc 8,29).

                        j L’onction de Jésus (Jn 12,1-8; Mc 14,3-9).

                        j L’entrée de Jésus à Jérusalem (Jn 12,12-15; Mc 11,1-10).

                        j Le dernier repas de Jésus avec ses disciples et la prédiction de la trahison de Judas (Jn 13,1-30; Mc 14,17-26).

                        j L’arrestation (Jn 18,1-11; Mc 14,43-52), la passion (Jn 18,12-19,30; Mc 14,53-15,41), l’ensevelissement et la tombe vide (Jn 19,38-20,10; Mc 15,42-16,8).

                        j L’apparition aux femmes (Jn 20,11-18; Mt 28,9-10), aux disciples à Jérusalem (Jn 20,19-23; Lc 24, 36-49) et en Galilée (Jn 21,1-19; Mt 28,16-20).

            2 – Quelques paroles de Jésus apparaissent aussi en Jean et dans les synoptiques[17] : paroles de Jean-Baptiste (Jn 1,27 – Mc 1,7 ; Jn 1,33 – Mc 1,8 ; Jn 1,34 – Mc 1,11) ; le nom “Cephas” pour Pierre (Jn 1,42 – Mc 3,16) ; paroles sur le Fils de l’Homme (Jn 1,51 – Mc 14,62?), le Temple (Jn 2,19 – Mc 14,58), la nécessité de devenir un enfant pour entrer dans le royaume (Jn 3,3-5 avec “nouveau-né”; Mc 10,15)…

            3 – Jean ne cite pas souvent l’Ancien Testament mais sur 18 citations explicites, 5 seulement sont clairement parallèles avec les synoptiques : Jn 1,23 – Mc 1,3 ; Jn 12,15 – Mt 21,5 ; Jn 12,40 – Mc 4,12 ; Jn 19,24 – Mc 15,24 ; Jn 13,21 – Mc14,18.

 

3 – Le lien éventuel entre Jean et les synoptiques

            Pour les Pères de l’Eglise et les écrivains antiques au moins à partir de Clément d’Alexandrie, Jean connaissait les trois synoptiques et entendait les compléter[18]; cette opinion continua à être acceptée jusque dans les temps modernes. Elle fut même radicalisée par F. Overbeck en 1911 qui déclara que Jean avait écrit son évangile pour faire concurrence aux synoptiques et pour se substituer à eux, une thèse reprise et développée en 1926 par H. Windish.

            En 1938 P. Gardnersmith formule l’hypothèse selon laquelle Jean ne connaissait pas les évangiles synoptiques…

            Dès lors, les opinions des spécialistes oscillent entre ces deux extrêmes :

                        1) Jean n’a pas connu, et donc pas utilisé les synoptiques : Gardner‑Smith P. (1938) ; B. Noack (1954), C.H. Dodd (1963, 21965 ; Brown R.E. (1966)[19]).

                        2) Jean a connu les synoptiques mais ne les a pas utilisés directement ; il a d’autre part travaillé sur la base de traditions indépendantes des synoptiques : B. de Solanges (1979) ; P. Perkins (1989; 1993)[20] ; quelques uns expliquent l’impulsion à organiser les différentes traditions que possédait la communauté johannique sous la forme d’un évangile, par l’exemple des autres communautés qui possédaient déjà un tel écrit.

                        3) Jean dépend de la tradition pré-synoptique ou est proche du milieu des synoptiques (B. Lindars[21] (1970) ; Osty E. (1951) ; Parker ; I. Buse ; Schnackenburg R. (1955)).

                        4) Jean a connu les synoptiques et les a utilisés directement[22].

            Quoiqu’il en soit, tout le monde reconnaît le caractère très particulier de l’évangile johannique, son style à la fois très uniforme et très personnel, sa christologie évoluée, pour ne rien dire des influences grecques qui se sont exercées sur lui. L’hypothèse de sources identiques ou semblables ne facilite pas l’explication de ce phénomène. Il a dû se produire un développement considérable entre l’époque où furent rassemblés les matériaux légués par la tradition et celle où ils furent utilisés dans la composition du quatrième évangile.

            On explique communément ce développement par les besoins de la polémique. Jean se serait servi des matériaux que lui livrait la tradition en fonction de données nouvelles, de difficultés précises auxquelles l’Eglise de son temps aurait eu à faire face[23]

 

D) La langue et le style de Jean

            Alors que Matthieu utilise 1691 mots, Marc 1345, Luc 2055, Jean n’emploie que 1011 mots, et ce vocabulaire même manifeste l’originalité de sa pensée :

Mt

Mc

Lc

Jn

égãph (amour) ; égapãv aimer

8 (1)

5 (1)

13 (-)

36 (7)

fil°v (aimer)

5

1

2

13

élÆyeia, élhy«w, élhyinow (vérité)

2

4

4

46

gin≈skv (connaître)

20

12

28

56

pisteÊv, (p€stiw) croire (foi)

11 (8)

14 (5)

9 (11)

98 (-)

efim€ (je suis)

14

4

16

54

zvÆ (vie)

7

4

5

35

kÒsmow (monde)

8

2

3

78

martur°v; martur€a et martÊrion

(témoigner ; témoignage)

4

6

5

47

ırãv (voir, regarder)

13

7

14

31

yevr°v (voir, contempler)

2

7

7

24

m°nv (demeurer)

3

2

7

40

patÆr (Père, pour Dieu)

45

4

17

118

p°mpv (envoyer)

4

1

10

32

f«w (lumière)

7

1

7

23

            A l’opposé, des termes très fréquents dans les Evangiles synoptiques sont quasiment absents de St Jean (récurrence nulle en dehors de toute précision) : bãptisma (baptême), basile€a (royaume ; Mt 57, Mc 20, Lc 46, Jn 5), daimÒnion (démon ; Mt 11, Mc 11, Lc 23, Jn 6 toujours dans des accusations portées à Jésus sur le fait qu’il était possédé), dika€vw (juste, en parlant des hommes), dÊnamiw (puissance), §le°v (faire miséricorde), ¶leow (miséricorde), splagxn€zomai (être ému de compassion), eÈagg°lion (évangile), eÈaggel€zv (évangéliser), kal°v (appeler ; Mt 26, Mc 4, Lc 43, Jn 2), khrÊssv (proclamer), metano°v (se convertir), metãnoia (conversion), parabolÆ (parabole) proseÊxomai (prier), proseuXÆ, (prière), tel≈nhw (publicain).

            On note aussi un nombre assez important de termes araméens, suivis le plus souvent de leur interprétation grecque : rabbi (8x), rabbouni (1x), Messie (2x), Képhas, Silôam, Béthesda, Gabbatha, Golgotha. Ce vocabulaire manifeste l’insertion de cet évangile dans la tradition palestinienne, les traductions grecques s’expliquant par le souci très certainement ultérieur de s’ouvrir au monde grec.

            Au niveau du style, Jean emploie souvent des mots qui ont une double signification, et il joue sur ces deux sens : §ge€rv (relever et ressusciter, en 2,20), ênvyen (“d’en haut” et “de nouveau” en 3,3 ; pneËma (vent et Esprit en 3,8), ÍcÒv (élever et crucifier, en 3,14; 8,28; 12,32.34), str°fv (“se tourner” et “se convertir”, en 20,14.16…)…

            Il faut signaler aussi le procédé du “malentendu”, que Bernard décompose de la façon suivante:

                        (1) Une expression de Jésus…

                        (2) suscite le malentendu des auditeurs…

                        (3) parce qu’ils la comprennent au sens matériel ;

                        (4) Jésus répète la parole incomprise ;

                        (5) suit alors une explication ultérieure ou le constat d’un malentendu final.

  1. Leroy réserve ce terme de “malentendu” à onze cas : Jn 2,19-22; 3,3; 4,10.31‑34; 6,41s.51; 7,33-36; 8,21s.31-33.51-53.56-58, où l’auditeur s’imagine avoir compris et pose une question ironique, faisant ressortir l’apparente absurdité de la parole de Jésus.

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[1] BROWN Raymond E., The Gospel according to John (Anchor Bible 29, New York 1966) servira de texte de base.

[2] BRAUN F.-M., JEAN LE THEOLOGIEN, et son évangile dans l’église ancienne , 3 vol. (Paris 1959), vol.1 p. 145s ; Tatien, né en Assyrie vers 120, était un disciple de Justin (cf p. 135: philosophe originaire de Naplouse en Samarie, Justin devint disciple du Christ en 133, sans doute à Ephèse, ville où il eût une longue discussion avec le juif Tryphon. Puis il vint à Rome sous le règne d’Antonin (138-161) et y fit un long séjour, pendant lequel, toujours revêtu de son manteau court de philosophe, il combattit les ennemis de sa foi, en particulier Marcion toujours vivant. Il fut condamné à mort avec 6 autres chrétiens vers 165). Frappé par la difficulté de concilier les quatre récits évangéliques, il eut l’idée de les fusionner en un exposé suivi de la vie et de l’enseignement de Jésus, le Diatessaron. Le 5 mars 1933, on en découvrit un fragment à Dura-Europos en Mésopotamie, où Matthieu, Luc et Jean se trouvent combinés à propos de Joseph d’Arimatie.

[3] Id p. 181-183: Il fut évêque d’Antioche de 170 à 183. On possède de lui trois livres à Autolycus, un ami qui lui reprochait sa conversion au christianisme. En II,22 il écrit: “D’où l’enseignement que nous donnent les saintes Ecritures, et tous les inspirés, entre autres Jean quand il dit: Dans le Principe était le Verbe, le Logos, et le Logos était en Dieu. Il montre qu’au début il n’y avait que Dieu et qu’en Lui était le Logos. Puis il dit: Et le Logos était Dieu; tout par lui a existé et sans lui n’a pas existé une seule chose”. Jn 1,2-3 se trouve reproduit ad litteram et toute la citation est explicitement attribuée à l’évangéliste. A notre connaissance, l’évêque d’Antioche est le premier auteur qui introduise un texte du quatrième évangile de pareille façon.”

[4] Id p. 394.

[5] Ce terme décrit un ensemble complexe de milieux qui accordaient beaucoup d’importance à la « connaissance mystique » (ou prétendue telle) de Dieu. QUESNEL M., « L’Histoire des Evangiles » (Ed. du Cerf, 1987) p. 63 écrit que « Jean se méfie d’un prétendu christianisme cérébral ou faussement mystique qui négligerait les gestes concrets d’amour fraternel. Très vraisemblablement, l’auteur perçoit cette tendance dans la communauté pour laquelle il écrit, et il la combat de toute son énergie ».

[6] METZGER Bruce M., The Text of the New Testament (Oxford 1985) p. 38-39.

[7] Id p. 87: le codex primitif devait mesurer 21cmx20cm et comprendre 66 feuilles pliées en deux soit 130 pages environ. Avec les évangiles, il aurait compté 288 pages; un tel volume étant difficilement concevable en papyrologie, l’évangile de Jean devait fournir toute la matière.

[8] LINDARS B., RIGAUX B., Témoignage de l’Evangile de Jean (Bar le Duc 1974) p. 15 B. Lindars écrit: “Le papyrus 52 (Rylands 457) est maintenant regardé comme datant au plus tard de l’année 130”.

[9]  A l’origine, il devait compter au moins 154 pages, et sans doute une ou deux de plus; il en reste 104 complètes en parfait état de conservation; par contre nous n’avons que des fragments de 46 autres pages. Il est conservé dans une bibliothèque constituée par les soins de M. Bodmer à Cologny, en Suisse, près de Genève, “sur la rive savoyarde du Lac Léman” (P. M. Braun, I p. 94).

                Les cercles chrétiens préféraient ces exemplaires aux dimensions réduites, à la fois pour des raisons de commodité, mais aussi pour pouvoir les soustraire plus facilement aux perquisitions des autorités romaines, en un temps où la religion chrétienne demeurait exposée au risque des perquisitions (P. M. Braun, I p. 95).

[10] L’écriture de ∏66 présente les mêmes caractéristiques que celle de R52 et de R Egerton 2 (“verticalité de l’axe des lettres et préoccupation de donner à celles-ci, autant que possible, la même hauteur, tout en attribuant à toutes celles qui en sont susceptibles une largeur égale à cette hauteur” écrit V. Martin). Cette parenté graphique ne signifie pourtant pas que tous ces documents soient de dates très voisines. On sait en effet qu’un même type d’écriture littéraire pouvait se maintenir pendant des siècles (Id p. 96).

                La date d’environ 200 est donc très prudente, d’autant plus que le type de reliure employé, que l’on peut déduire des trous observables dans les feuillets (deux couples de trous distants de 12 mm placés à 13 mm des bordures supérieures et inférieures) confirme sa haute antiquité: c’était une couture à deux fils indépendants, sans aucun lien entre le fil de la partie supérieure et le fil de la partie inférieure. Ce procédé utilisé pour les manuscrits les plus anciens, à l’époque de transition où l’on s’inspirait encore de la façon sommaire dont les tablettes enduites de cire étaient rattachées les unes aux autres par des anneaux métalliques et des lanières. L’idée d’employer un fil unique ne vint que plus tard.

[11] On retrouve un écho de cette conception grecque de l’homme en Sg 9,15 ; pour la Bible au contraire, l’homme est UN, mais il est possible de le regarder sous différents aspects : corps, âme, esprit. Mais il n’a pas une âme comme enfermée en un corps : il est âme, et tout en même temps, il est corps et esprit…

[12] La division du livre en deux parties est justifiée par :

– 1 -La conclusion de la première par un commentaire théologique et l’appel final à la foi (12,37-43.44-50).

– 2 – A partir de ce moment on ne parle plus de signes, sinon à la conclusion de l’évangile (20,30s).

– 3 – Changement d’interlocuteur : on passe de la foule et des Juifs de Jérusalem aux disciples.

[13] L’évangéliste distingue un avant et un après la glorification de Jésus en rapport à la mort-résurrection (12,16 ; 2,22). Remarquer aussi que la terminologie de l’amour est concentrée en Jn 13-17 (égãph (amour) 6/7; égapãv (aimer) 30/37) ; cette 2° partie ne concerne donc plus les signes mais l’accomplissement de l’œuvre entière de Jésus Christ.

[14] Le mot « synoptique » vient du grec sunoptikÒn qui signifie « qui embrasse d’un coup d’œil ». Ces trois évangiles se ressemblent en effet très souvent, et dès les premiers siècles de l’Eglise, certains les disposèrent l’un à côté de l’autre, en trois colonnes, ce qui permet de les comparer. Ils pouvaient alors être vus « d’un seul coup d’œil ».

                Selon la théorie la plus simple et la plus couramment admise, Matthieu et Luc se seraient tous les deux inspirés de Marc et d’une autre source (Q) aujourd’hui perdue. Et chacun des deux disposait bien sûr de ses propres informations…

[15] PHILIPPE Marie-Dominique, Les trois sagesses p. 396: “La paternité de Jésus est le grand secret de son cœur. Jésus est le Fils bien-aimé du Père, et pour lui, cette paternité du Père est tout ; et donc ce qu’il a de plus grand à communiquer, c’est cet esprit filial que nous devons avoir à l’égard de lui-même pour que, par Lui, nous soyons conduits au Père… “

COTHENET E., “Le quatrième Evangile”, La tradition johannique dans “Introduction à la Bible, Le Nouveau Testament” sous la direction de A. George et P. Grelot p. 95, 1° ligne: “Témoignage le plus achevé sur la personne de Jésus dans ses relations avec le Père, appel pressant à la foi en Celui qui…”

[16] FABRIS Rinaldo, Giovanni (Roma 1992) p. 53: B. de Solanges note que 153 versets de Jean sur 868, soit 17,6 %, ont leur contrepartie dans les synoptiques.

[17] SCHNACKENBURG R., Il vangelo di Giovanni (Brescia 1987) compte 16 paroles de Jésus en Jean qui ont une correspondance formelle (lexique et style) avec les synoptiques, alors qu’au moins 20 autres se réfèrent à la tradition synoptique.

[18] Id p. 52.

[19] BROWN Raymond E., The Gospel according to John p. XLVI: d’un point de vue général, Jean est indépendant des synoptiques et de ses sources, mais Brown n’exclut pas la possibilité d’une interférence mineure avec la tradition synoptique lors des premiers stades de la genèse de l’évangile, au niveau de la tradition orale .

[20] BROWN R.E., FITMYER J.A., MURPHY R.E., The New Jerome Biblical Commentary (London 1993) p. 942s : Quelques contacts ont pu avoir lieu avec l’un ou l’autre évangile, mais P. Perkins, entre autres, pense que le 4° Evangile est basé sur un ensemble de traditions indépendantes préservées dans les églises johanniques.

[21] LINDARS B., RIGAUX B., Témoignage de l’Evangile de Jean p. 15-16 B. Lindars écrit: “Il est tout à fait probable que Luc a été écrit plus tard que Jean… Quant à Marc et à Matthieu, ils ont sûrement été composés plus tôt; mais l’intervalle de temps qui les sépare de Jean ne fut pas assez long pour nous permettre de croire que celui-çi les a eus en sa possession, même s’il semble avoir eu quelque connaissance de l’un ou de l’autre. En fait, on peut regarder comme probable que Jean a au moins vu l’évangile de Marc. Il y a en effet de bonnes raisons de croire que Marc est l’inventeur du genre littéraire “évangile”, c’est à dire d’une présentation du kérygme sous la forme d’un récit combiné du ministère et de l’enseignement de Jésus, le tout relié à l’histoire de la passion. Or Jean a lui aussi adopté ce genre littéraire. Mais ceci ne veut pas dire que Marc ait été sa source.

                “Placer à des dates relativement rapprochées la composition des synoptiques et celle de Jean, cela aboutit à une conséquence qu’il importe de tirer. On sera dès lors, en effet, porté à croire que les matériaux utilisés par Jean furent identiques ou parallèles, aux sources des autres évangiles, plutôt qu’à ces évangiles eux‑mêmes“.

[22] FABRIS Rinaldo, Giovanni p. 52-53: F. Neirynck; S. Mendner S. (1958); pour E.K. Lee (1957), Jean dépend de Marc ; pour J.H. Bernard (ICC, 1928), il connaît certainement et emploie Marc, très probablement Luc et peut-être Q et pour lui, il n’existe pas de preuves de son utilisation directe de Matthieu ; position identique de Mac Gregor (1928) ; pour C.K. Barrett (1955), Jean a lu Marc (avis différent de Lindars : cf note précédente), car il en reproduit la matière, le langage et suit le même ordre de Jean-Baptiste à la passion-résurrection ; il a lu aussi Luc car il mentionne des personnages lucaniens (Marthe, Marie et Lazare) ; J.A. Bailey (1963) a particulièrement étudié le rapport Jean-Luc : une dépendance de Luc est possible en quelques cas, pendant que d’autres convergences peuvent s’expliquer par des traditions communes ; pour M.E. Boismard, la première strate de Jean est voisine mais indépendante des synoptiques, mais la tradition de Luc influence la deuxième, ses écrits (Evangile et Actes) la troisième, tandis que la quatrième montre un essai d’harmonisation avec les synoptiques…

[23] Comme par exemple:

                j Opposition à une christologie teintée de docétisme (Hoskyns).

                j Volonté de défendre les chrétiens contre les prétentions des disciples de Jean‑Baptiste (mais la survivance d’une secte de disciples de Jean-Baptiste à cette époque est loin d’être démontrée).

                j Réponse à une objection soulevée par les Juifs: les chrétiens ont répudié la révélation divine contenue dans la Loi de Moïse et ont exalté Jésus à un point tel qu’ils ont fait de la religion un dithéisme.

                j Désir d’apporter aux croyants une explication du retard de la Parousie ou de combattre chez eux un gnosticisme commençant.

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