Fiche N° 26 : Les disciples face à la persécution et à la haine ; la venue du Défenseur, « l’Esprit de Vérité » (Jn 15,18 – 16,15)

La haine du monde (Jn 15,18-16,4a)

            Nous allons commencer par nous rappeler les différents sens du mot « monde » en St Jean. Quel est-il en :

                        1 – Jn 1,10, au deuxième emploi du mot en ce verset. Son sens est alors

                                  identique à la perspective évoquée en 1,3.

                        2 – Jn 8,26 ; 3° emploi de Jn 1,10.

                        3 – Jn 1,29 ; 3,16-17 ; 4,42 ; 12,47 ; seule s’ajoute ici une nuance

par rapport au sens précédent…

                        4 – Jn 12,31 ; 15,18-19 ; 16,33 ; une notion intervenant en 1,5 ; 3,19 ; 12,35

                                   lui est alors presque synonyme…

            Quel sens prend donc le mot « monde » en Jn 15,18-19 ?

            Préciser le choix fait par la créature évoquée en Jn 12,31 ; Mt 4,1.5.8… vis à vis de Dieu. Retrouver ce choix possible pour les hommes en Jn 3,19. Que manifeste-t-il sur la condition que Dieu a voulue pour toutes ses créatures (cf. 2Co 3,17 ; 1Co 8,9 ; Ga 2,4) ? D’après Jn 15,25, qui cite les Ps 35(34),19 ou 69(68),5, peut-on rendre compte de ce choix ? D’après Jr 2,5-7 ; 2,13 ; 2,21 ; 2,31 ; 3,19-20 ; 8,5 ; Is 5,4, Dieu Lui-même le comprend-il ?

            Jésus a donc été confronté à « la haine »… Réponse incompréhensible à son amour pour tous, et notamment pour ceux qui le haïssent (cf. Jn 3,16-17 ; Ac 10,38). Et il ira jusqu’au bout de la manifestation et de la mise en œuvre de cet amour par sa passion et sa mort sur la croix… En réponse à toute cette haine qui se déchaînera contre lui, il ne répondra que par l’amour et par l’offrande de sa vie notamment pour ceux-là mêmes qui le mettaient à mort… Et cette haine n’arrivera pas à le faire changer d’avis : « Son amour envers nous s’est montré le plus fort » (Ps 117(116)). C’est en ce sens qu’il a vaincu la haine et manifesté au même moment l’intensité infinie de son amour pour chacun d’entre nous… « Il a supprimé en sa chair la haine… Par la croix, en sa personne, il a tué la haine » (Ep 2,14-16).

            D’après les quatre versets Jn 15,18.23.24.25, contre qui cette haine s’exerce-t-elle en premier lieu et pourquoi (cf. Jn 7,7) ? « Toi qui n’aime pas les reproches et rejette loin de toi mes paroles » (Ps 50(49),17)… Accepter de reconnaître en vérité que certaines de nos actions, de nos attitudes peuvent de pas être bonnes est donc le point de départ d’une ouverture de cœur à Dieu, à la Lumière de sa Vérité qui est tout en même temps Amour, Miséricorde, Tendresse, Plénitude de Vie et appel à la Vie… Tel est le seul but qu’il poursuit… Refuser d’accueillir ce trésor est en fait la pire chose qui puisse nous arriver (cf. Rm 6,23)… C’est ainsi que le mal détruit non seulement ceux qui en sont les victimes, mais encore celui qui le commet (cf. Tb 4,13). Et Dieu ne supporte pas de voir la destruction de ses enfants. Quelle est en effet sa réaction face à tout cela (cf. Jr 13,17 ; Lc 19,41-44) ? A La Salette, dans les Alpes, le samedi 19 septembre 1846, deux enfants, Mélanie et Maximin, virent la Vierge Marie, dans « un globe de feu » : « Les mots manquent aux deux enfants pour signifier l’impression de vie qui rayonne de ce globe de feu. Une femme y apparaît, assise, la tête dans les mains, les coudes sur les genoux, dans une attitude de profonde tristesse. La belle dame se lève. Eux n’ont pas bougé. Elle leur dit en français : « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle ». Alors, ils descendent vers elle. Ils la regardent. Elle ne cesse de pleurer. « On aurait dit une maman que ses enfants auraient battu et qui se serait sauvée dans la montagne pour pleurer… Elle a pleuré tout le temps qu’elle nous a parlé » ». Comme une mère chassée par ses enfants… Et Dieu n’est-il pas un Père chassé par ses enfants ? Le prophète Baruch nous offre un texte étonnant où la Mère « Jérusalem » pleure le malheur de ses enfants provoqué par leur abandon de Dieu (cf. fin de fiche), un texte que l’on peut vraiment relire en pensant à la Vierge Marie…

            Telle est donc l’attitude du ciel tout entier devant les conséquences des péchés des hommes. Cette réaction souligne à nouveau l’importance de notre liberté… Dieu ne nous force pas, il ne s’impose pas, « il ne crie pas, ne force pas la voix » (Is 42,1-4 repris en Mt 12,18-21), il se lamente (Lc 6,24-26), il pleure… Mais quand un pécheur se repent et décide de repartir sur le chemin de la vie en mettant à la première place dans son cœur « le Père des Miséricordes », le « Dieu de Tendresse », quelle joie au ciel (Lc 15,7) ! En effet, dit Dieu, « je ne prends pas plaisir à la mort de qui que ce soit, oracle du Seigneur Dieu. Convertissez-vous et vivez !  Dis-leur : « Par ma vie, oracle du Seigneur Dieu, je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie. Convertissez-vous, revenez de votre voie mauvaise. Pourquoi mourir, maison d’Israël ? » (cf. Ez 18,32 ; 33,11). « Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ; car là est ta vie » (Dt 30,19-20). Jésus, venu en ce monde pour rejoindre les pécheurs, les blessés, les malades, ne dira pas autre chose… « Le salaire du péché, c’est la mort ? » (Rm 6,23). Lui qui était le plus souvent en compagnie des pécheurs (Lc 5,29-32 ; 15,1-3) disait : « Je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait surabondante » (Jn 10,10). Alors, il ne cessait d’offrir « le pardon des péchés » (Lc 1,76‑79 ; 3,3 ; 5,20…) en appelant au même moment à la conversion, au repentir, au rejet de toute forme de mal pour que les pécheurs cessent d’expérimenter en eux‑mêmes les conséquences du mal – « souffrance, tristesse » (Rm 2,9), mal-être – pour goûter, en le vivant là aussi, à quel point le Seigneur est bon, Lui qui ne désire que la Plénitude et le Bonheur profond de ses créatures : « Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon ; heureux qui s’abrite en lui » (Ps 34(33),9) !

            « Le monde m’a pris en haine »… Pourquoi cette haine atteint-elle ensuite les disciples d’après Jn 15,19 (Idée semblable en Col 1,11-14) ? Lorsque Jésus dit « mon choix vous a tirés du monde » (BJ), ou « c’est moi qui vous ai mis à part du monde » (TOB), précisez cette Parole avec Jn 5,19-20. Retrouver la réponse avec Jn 6,44 ; 6,65 ; Lc 6,12-16. Et comment tout ceci s’accomplit-il (cf. Lc 2,27) ? De fait, d’après Jn 3,34 (BJ), lorsque Jésus « prononce les Paroles de Dieu, il donne l’Esprit sans mesure ». Cet « Esprit » est l’Esprit de Lumière (Jn 4,24 avec 1Jn 1,5) qui vient nous appeler par sa Présence même à sortir de nos ténèbres, mais nous pouvons refuser… Cet « Esprit » est « l’Esprit de douceur » (Ga 5,22-23 ; Ps 90(89),17 ; Mt 11,29) qui vient se faire « douceur » au plus profond de nos cœurs, mais nous pouvons refuser… Cet « Esprit » est « l’Esprit de joie » qui vient nous combler de sa joie (1Th 1,6 ; Ac 13,52), mais nous pouvons refuser (Lc 18,23)… Pourtant, si nous consentons à accueillir cette Présence qui vient frapper à la porte de nos cœurs (Ap 3,20), quelle démarche nous demandera-t-il d’accomplir (cf. Mt 28,19 ; Ac 8,13 ; 16,33) ? Elle manifestera, dans toutes les dimensions de notre être – corps, âme, esprit (1Th 5,23) – notre libre réponse à Dieu. Que reçoit alors celui qui accepte de dire « Oui ! » à Dieu en toute liberté (cf. Ac 2,38). Il devient participant, par grâce, à ce que Dieu est par nature (Jn 4,24 et Ps 99(98),5)… Mais comment peut-on encore parler de cette nature divine d’après 1Jn 1,5 ? Que devient alors, grâce au Don reçu, celui qui a dit « Oui ! » à Dieu (cf. Ep 5,8 ; Mt 5,14) ? Souvenons-nous maintenant de Jn 3,20. Que se passera-t-il alors pour les disciples ? Telle est la racine de cette haine dont Jésus parle en Jn 15,18-19… Lui, il est le Fils « né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière » (Crédo)… Rejeter la Lumière du Fils qui se reçoit entièrement du Père depuis toujours et pour toujours, c’est rejeter la Lumière du Père… Conclusion avec Jn 15,23… Mais par leur foi, les disciples de Jésus accueillent ce que le Fils reçoit du Père. Ils deviennent « enfants de Dieu » (Jn 1,12-13), à « l’image » du Fils (Rm 8,29). Le projet de Dieu sur nous tous commence alors à s’accomplir avec le libre assentiment de notre foi. « Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils, Jésus Christ notre Seigneur » (1Co 1,9). Conclusion avec Jn 15,20. La redire avec le verbe « haïr », dans une formulation semblable à Jn 15,23…

            C’est à nouveau ce Mystère de Communion qui transparaît en Jn 15,21, verset où Jésus explique la raison profonde de cette haine gratuite, de ces persécutions incompréhensibles (Voir aussi Jn 16,3) : « Tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé ». En effet, « le nom » dans la Bible renvoie à l’identité profonde de Celui qui le porte, ici Jésus, vrai homme et vrai Dieu, « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » en tant que le Père « l’engendre » de toute éternité en Fils « de même nature que le Père » en lui donnant la Plénitude de sa nature divine qui est Esprit, Lumière et Vie… Et c’est ce même Esprit, cette même Lumière, cette même Vie qu’il est venu communiquer à tous ceux et celles qui accepteront de croire en lui… Nous l’avons vu, tout ceci se met concrètement en œuvre par le sacrement du baptême où les nouveaux baptisés renaissent à une vie nouvelle (Jn 3,1-8) en recevant l’Esprit Saint, « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63). Ils deviennent par grâce ce que Dieu est par nature… « Dieu est Lumière » ? Le Nom de Dieu est Lumière ? « Jadis, vous étiez ténèbres, maintenant, vous êtes Lumière dans le Seigneur » (Ep 5,8), par le « Oui ! » de la foi qui permet au pécheur de s’ouvrir à la Miséricorde de Dieu (Ac 5,31-32) et de recevoir de sa Tendresse le Don de l’Esprit de Lumière et de Vie… « Maintenant, vous êtes Lumière dans le Seigneur »…  Nous pourrions dire : « Votre nom est Lumière », comme le Nom du Christ… C’est pourquoi, dit Jésus, « ils feront tout cela contre vous à cause de mon nom » que je vous ai donné en partage en vous donnant l’Esprit de Lumière et de Vie… Et ce « Nom » de Jésus est aussi celui du Père, ce Père qui est Lumière et qui, de toute éternité, « l’engendre » en Fils « Lumière née de la Lumière »… C’est pourquoi Jésus priera en Jn 17,11-12 : « Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu »… Le Père est Lumière, tel est son Nom ? Par amour, il donne tout ce qu’Il Est à son Fils qui peut alors dire de lui-même grâce « à ton Nom que tu m’as donné » : « Je Suis la Lumière du monde » (Jn 8,12). Mais, nous l’avons vu, ce Nom que le Fils reçoit du Père de toute éternité, c’est cela même qu’il est venu nous offrir… « Jadis, vous étiez ténèbres. Maintenant vous êtes Lumière dans le Seigneur ». Et il nous aide, par sa Miséricorde toujours offerte, à nous tourner et à nous tourner encore avec Lui vers le Père (Jn 1,18) pour que nous puissions recevoir nous aussi ce que Lui-même reçoit du Père… « Je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné »… Je les gardais dans ton Esprit, dans ta Lumière, dans ta Paix et dans ta Vie… Telle est la merveille de ce Dieu toujours offert et qui n’attend que notre « Oui ! » pour nous combler de sa Lumière et de sa Vie. Et il le fait avec une intensité d’autant plus forte que nous pouvions en être privés par suite de toutes nos misères…

            Le Père est Lumière ? Il se donne au Fils, qui est Lumière à son tour… Le Fils est Lumière ? Le Père lui donne de pouvoir se donner (Jn 17,2) pour qu’à notre tour, nous qui étions « jadis ténèbres » par notre repli égoïste sur nous-mêmes, nous puissions devenir « Lumière dans le Seigneur »… L’expression « dans le Seigneur » renvoie en St Paul à ce Mystère de Communion que le Christ est venu construire avec tout homme par le Don de l’Esprit… Tout pécheur qui accepte ainsi d’offrir au Christ le « Oui » de sa foi, « n’est avec lui qu’un seul Esprit ». Il est « uni au Seigneur » (1Co 6,17 ; 1Th 5,10) dans « la communion de l’Esprit » (2Co 13,13), il est « dans le Seigneur »…

            Telle est l’aventure à laquelle le Dieu Communion appelle tous les hommes. « Moi et le Père, nous sommes un… Père, qu’ils soient un comme nous sommes un » (Jn 10,30 ; 17,20-23). Tous ceux et celles qui ont consenti à se laisser retrouver par le Christ Bon Pasteur (Lc 15,1-7), qui ont accepté de lui donner le « Oui ! » de leur foi, qui ont reçu le Don de l’Esprit et qui, avec son aide et sa Miséricorde, essayent de lui rester fidèles, forment ce que St Paul appelle l’Eglise « Corps du Christ » (1Co 12,12-13 ; 12,27). Alors ce qui est vrai du Christ le sera aussi de l’Eglise unie au Christ dans la Communion d’un même Esprit, dans « l’unité de l’Esprit » (Ep 4,3). « S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont ».

            « Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant, ils n’ont pas d’excuse à leur péché »… En effet, d’après Jn 3,34, « celui que Dieu a envoyé », le Fils, « prononce les Paroles de Dieu, car il donne l’Esprit sans mesure ». Il « prononce les Paroles de Dieu » : souvenons-nous, quand Jésus parlait, de qui venaient en fait ses Paroles (Jn 7,17 ; 8,26-28.40 ; 12,49‑50 ; 14,24 ; 15,15 ; 17,8) ? De plus, avec elles, « l’Esprit est donné sans mesure », un Esprit qui est Lumière. Mais pour certains, « la lumière est venue dans le monde et ils ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises »… Jésus leur a parlé, « au grand jour » (Jn 18,20), l’Esprit leur a été donné, la Lumière a frappé à la porte de leur cœur et de leur vie, mais ils lui ont préféré les ténèbres… Conclusion avec Jn 8,47. De plus, quand Jésus agissait, qui en fait était à l’œuvre (cf. Jn 5,19-20 ; 14,10-11) ? Mais ils « buteront » sur ces œuvres comme ils ont « buté » sur ses Paroles, car « la Lumière » n’était pas en eux (cf. Jn 11,10).

            Quelle est la grande œuvre de l’Esprit Saint d’après Jn 15,26 (1) ? Et que fait-il d’après Jn 6,63 (« Esprit » avec un grand E, comme dans la TOB) ; Ga 5,25 ; Rm 8,10‑11 (2) ? Quand Jésus témoigne de ce qu’il vit avec le Père, quand il nous parle de la vie éternelle (le mot « vie » intervient 36 fois en St Jean !), comment l’Esprit accomplit-il l’action (1) à la lumière de la réponse (2) (L’expression intervient en Rm 8,2 et dans notre Crédo) ? Que dit alors Simon-Pierre en écoutant Jésus (cf. Jn 6,68) ? Au moment où il l’écoutait, « il vivait » quelque chose qu’il n’avait jamais vécu avec personne d’autre. Retrouver cette réponse avec 1Jn 5,6 (1) et 1Jn 5,11 (2)… Et comment Jn 15,27 s’accomplira-t-il (cf. Ac 1,8 ; 4,31 ; là aussi, Jésus fut le premier à le vivre : Lc 4,18) ? Conclusion : que devons-nous demander de tout cœur lorsque nous avons à rendre compte de « l’espérance qui est en nous » (1P 3,15) ? Serons-nous exaucés d’après Lc 11,9-13 ; Jn 4,10 lu avec Jn 7,37-39 ? D’ailleurs, si cette espérance est vraiment en nous, d’où vient-elle d’après Rm 15,13 ?

            Qu’annonce à nouveau Jésus en Jn 16,1-4 ? C’est une donnée constante dans tous les évangiles (cf. Mc 10,30 ; Mt 5,10-12 ; Lc 21,12-19). Mais que promet-il en de telles circonstances d’après Mt 10,17-20 ? Quelles en seront aussi les conséquences d’après Ac 13,52, 1Th 1,6 et Ac 5,41 ? En quels termes St Paul en parle-t-il d’après 2Co 1,3-7 ; 7,4 ? Que se passera-t-il alors d’après Mt 5,5 et 5,11-12 ? Et Jn 16,33 s’accomplira… Nous sommes ici au cœur de la Bonne Nouvelle (Jn 15,10), envers et contre tout, dans l’espérance d’Ap 20,1-4…

 

La venue du Défenseur (Jn 16,4b-15)

 

            Que manifeste l’attitude des disciples en Jn 16,5-6, pensent-ils d’abord à Jésus ? Mais il fallait que tout s’accomplisse ainsi (cf. Lc 17,25 ; 22,37 ; 24,7 ; 24,25-27.44)… Après son départ, que fera Jésus d’après Jn 16,7 ? Est-ce Jésus qui accomplit cette action en Jn 14,15-17 ; 14,26 ? Retrouver la réponse aux deux dernières questions en Lc 24,49 ; Ac 1,4 ; 2,33 ; Ga 3,14 ; Ep 1,13. Nous retrouvons ce principe inhérent au Mystère de la Trinité : toute action accomplie par Dieu engage, d’une manière ou d’une autre, les Trois Personnes divines… Et pour l’aujourd’hui de notre foi, comparer Jn 14,16 avec Mt 28,20, puis lire Jn 10,30 et Mt 6,6…

            St Jean aborde ensuite l’œuvre de l’Esprit Saint… Quelle expression générale emploie-t-il au début de Jn 16,8 vis-à-vis du « monde » ? Quel but Dieu poursuit-il d’après Rm 11,32 ? Bien noter que tout ceci se réalisera par sa venue, par sa présence… Il poursuivra vraiment l’œuvre du Fils dont le seule présence parmi les hommes était « jugement »… En effet, à sa présence, les hommes ont réagi : certains ont cru, d’autres ont refusé… Tel est « le jugement » (Jn 3,19)… Dieu, de son côté, ne juge pas au sens de condamner (Jn 8,11) : son seul désir est de faire la vérité pour sauver…

            « Par sa venue », « par sa Présence »… Avec et par l’Esprit, nous retrouvons à nouveau à quel point « le Royaume de Dieu est tout proche » (Mc 1,15), « déjà là » (Mt 12,28), déjà offert à notre foi comme une réalité « à vivre », de cœur, en attendant de « voir de nos yeux », par delà le voile de la mort (1Co 13,12)…

            « Par sa venue », « par sa Présence », l’Esprit Saint « établira la culpabilité du monde », « confondra le monde » sur trois points. Lesquels (cf. Jn 16,8) ? Les préciser à l’aide des notes de nos Bibles…

            1 – Pour le premier, quel but poursuit-il ? Se reconnaître « pécheur » est donc un Don de Dieu… Et tous les hommes sont pécheurs, tous, d’une manière ou d’une autre (Rm 3,9-20 ; 3,23). Ceux qui pensent échapper à ce sort commun des mortels sont certainement les plus touchés par la conséquence du plus grand des péchés : l’orgueil et son aveuglement (Jn 9,40-41). Mais il ne s’agit pas, pour Dieu, d’en rester là : que recevront donc tous ceux et celles qui consentiront à cette démarche (Lc 24,47) ? Quelle est la conséquence spirituelle du péché, et que sera donc la conséquence immédiate du pardon des péchés reçu par un cœur sincère (cf. Rm 6,23). Admirons la beauté et l’unité de la révélation : qui nous aide à faire la vérité dans nos vies (cf. Jn 14,17 ; 15,26 ; 16,13) ? Qui nous permet d’expérimenter au même moment la grandeur de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous (cf. Rm 5,5 ; Ga 5,22 ; 2Tm 1,7 ; Jn 4,24 avec 1Jn 4,8 et 1Jn 4,16) ? Qui lave nos cœurs de toutes ses souillures (1Co 6,11 ; Ez 36,25 avec la clé de l’image donnée en Is 44,3 et le parallèle employé en Mc 1,8) ? Qui enfin leur communique la Vie de Dieu (Jn 6,63 ; Ga 5,25 ; Ap 22,17), sa Paix, sa Joie (cf. Ga 5,22 ; Rm 14,17) ?

Qui est donc le premier acteur dans toute démarche de repentir, de conversion (Ac 5,31) ? C’est ainsi que Dieu, le premier, part en personne à la recherche de chacun d’entre nous, « jusqu’à ce qu’il nous retrouve » (Lc 15,4-10). Il l’a fait par le Fils fait chair, il le fait maintenant par l’Esprit Saint… Quelle est alors la seule attitude qu’il attend de l’homme (cf. Jn 3,21) ? Et pour l’aider dans cette démarche qui n’est jamais facile, il commencera par lui révéler la grandeur de sa Miséricorde, de son Amour. Et ce n’est que dans le contexte de cet Amour, dans cette certitude d’être infiniment aimés tels que nous sommes, que nous pourrons trouver le courage de lui offrir en vérité toutes nos misères… Le Fils prodigue confesse ainsi sa faute alors qu’il est déjà enlacé par les bras du Père, expérimentant sa Tendresse avec le bonheur que l’on imagine (cf. Lc 15,18-24). De même, avant de regarder sa faute et d’implorer le pardon, le Psalmiste commence par regarder l’Amour de Dieu, sa Bonté, sa Tendresse (cf. Ps 51(50),3-6), Lui qui ne recherche, envers et contre tout, que notre Bien le plus profond…

2 – Pour la seconde, nous retrouvons en fait Jn 15,26. En effet, qu’est-ce que Jésus n’a cessé de dire (cf. Jn 8,40 ; 8,45-46 ; 16,7 ; 18,37). « Qui » était-il donc, en toutes ses paroles, en tous ses actes, en tout son être (cf. Jn 14,6) ? Que fera donc Celui ainsi nommé en Jn 14,17 ; 15,26 et 16,13 d’après Jn 15,26 ?

3 – Et à quoi correspond la troisième d’après Jn 12,31-32 ? S’il y a un « dehors », il y a un « dedans » : quel est-il d’après Jn 17,21 ? En quels termes en parle-t-on en 1Co 1,9 ; 2Co 13,13 ; Ph 2,1 ; 1Jn 1,3.6.7 ? Et comment ce « dedans » est-il évoqué en Jn 14,2 puis en Jn 3,3.5 ? Que vivra alors celui qui acceptera de « faire la vérité », de recevoir « le pardon de ses péchés », et donc d’entrer « dedans » (cf. Ps 4,9 ; Jn 14,27 ; Hb 4,1.3 ; Mt 11,29) ? La dernière prière du Notre Père s’accomplit : le pécheur est « délivré du mal », de tous ces liens qui le retenaient dans les ténèbres et dans la mort… Il est libre, vivant de la Vie de Dieu, comblé de sa Lumière et de sa Joie (Jn 11,43-44)… Ainsi, le jugement s’exerce sur le péché et sur l’instigateur du péché pour que le pécheur soit libéré et guéri en tout son être, comblé, sauvé…

            Jésus a déjà beaucoup parlé dans l’Evangile selon St Jean, mais que souhaite-t-il faire encore d’après Jn 16,12 ? Pourtant que se passera-t-il très bientôt (cf. Jn 16,5) ? Comment ce désir va-t-il donc s’accomplir d’après la suite de notre texte ?

            Nous nous souvenons que l’expression « Esprit Saint » peut être employée comme un nom propre pour désigner la Troisième Personne de la Trinité, mais aussi pour évoquer « la nature divine », c’est-à-dire ce que sont chacune des Trois Personnes de la Trinité. Les trois grandes affirmations de St Jean à ce sujet sont Jn 4,24 ; 1Jn 1,5 et 1Jn 4,8.16, auxquelles on peut rajouter la fin de Lv 11,45 ; 19,2… Alors, d’après le contexte, quelle réalité vise la notion de Paraclet en Jn 14,16 et ici en Jn 16,13-15 : « Personne divine » ou « nature divine » ?

            D’après Jn 16,13, « le Paraclet » parlera, mais « il ne parlera pas de lui-même : ce qu’il entendra, il le dira » : que dira-t-il donc d’après la fin de Jn 14,26 ? Préciser la réponse avec Jn 17,8… Devons-nous donc attendre des Paroles nouvelles, des révélations nouvelles, ou Dieu nous a-t-il déjà tout dit avec son Fils et par Lui ? Mais souvenons-nous : d’après Jn 3,34 (BJ), lorsque Jésus nous donne les Paroles qu’il a reçues de son Père, « il donne l’Esprit sans mesure », cet Esprit « nature divine » qui est Vie, Paix, Joie… et qui nous permet de « vivre » en nos cœurs ce que dit la Parole. C’est ce que fait aujourd’hui « l’Esprit de Vérité », cet « autre Défenseur » envoyé par le Père à la prière du Fils pour qu’il soit à jamais avec les disciples (Jn 14,16)… Comme le dit le Père Congar, « l’Esprit Saint se cache derrière ses dons »… L’Esprit Saint, Personne divine, nous communique « l’Esprit Saint nature divine », il nous donne d’avoir part à ce qu’Il Est… Il est le grand artisan de la communion…

            Comment cette mission première de l’Esprit Saint Personne divine est-elle évoquée en Jn 16,13 ? Préciser la réponse avec Is 65,16 ; Ps 31(30),6 ; 86(85),15 ; Jn 1,9 ; 14,6 ; 15,1 ; 17,3… Cette vérité tout entière peut être résumée par un des plus petits mots de la langue grecque des Evangiles, comme de la nôtre : quel est-il (cf. Jn 10,30 ; 17,22) ? Quel mystère évoque‑t‑il (cf. 1Co 1,9 ; 2Co 13,13 ; Ph 2,1) ? Telle est « la vérité tout entière » dans laquelle Dieu désire nous introduire dès maintenant par le Don de l’Esprit « nature divine » offert à notre foi, cet Esprit qui est Lumière, Paix, Vie (cf. 1Co 1,9 ; Ep 2,17-18 ; 1Jn 1,1-7)… Lorsque nous écoutons de tout cœur la Parole de Dieu que Jésus nous a transmise, l’Esprit Saint Personne divine nous communique la réalité spirituelle à laquelle Jésus ne cessait de rendre témoignage : la Vie de l’Esprit qu’il reçoit du Père, l’unité spirituelle qu’il vit avec le Père, le Mystère de Communion qui l’unit au Père dans l’unique Esprit… C’est ainsi que « l’Esprit Saint nous dévoile les choses à venir » lorsqu’il commence à nous introduire, dès maintenant, dans la foi, par le Don de « l’Esprit nature divine » dans ce Mystère de Communion auquel nous sommes tous appelés. « C’est de mon bien qu’il recevra », dit Jésus, lui qui est « rempli d’Esprit Saint nature divine » (Lc 4,1) de toute éternité par le Père. En effet, « tout ce qu’a le Père est à moi » (Jn 16,15), tout ce qu’Est le Père est à moi, car le Père aime le Fils et se donne tout entier au Fils : il lui donne « tout ce qu’il a », tout ce qu’il est, et il l’engendre ainsi en Fils « Lumière né de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, de même nature que le Père »… Toute la mission de l’Esprit Saint Personne divine est de nous communiquer ce même « Esprit Saint nature divine » pour que nous devenions nous aussi des fils et des filles de Dieu vivants de la Vie du Père, partageant sa Paix et sa Lumière… C’est ainsi que l’Esprit Saint nous « dévoile » (BJ), nous « annonce », nous « fait savoir » (anangélô en grec) la vérité tout entière : en nous « communiquant » (TOB) cette vérité tout entière qui n’est rien de moins que ce que Dieu est en lui-même, sa nature divine qui est Esprit, Lumière et Vie… Formidable aventure d’une communion de cœur déjà réalisée dès maintenant dans la foi et par notre foi, alors que nous sommes toujours ces femmes et ces hommes blessés, si souvent défaillants, remplis de misère mais infiniment aimés par ce Dieu et Père qui nous appelle tous à partager sa Vie par le Don de l’Esprit… A nous maintenant, avec le secours de « l’Esprit de Vérité », notre Défenseur, Celui qui veille sur chacun d’entre nous et nous garde dans l’Amour de Miséricorde qui ne cesse de nous être offert, à nous de consentir à nous laisser aimer, combler, jour après jour et cela gratuitement, par Amour…

  1. Jacques Fournier

Plaintes et espoirs de Jérusalem (Ba 4,5-5,9)

Courage, mon peuple, mémorial d’Israël !

(6)       Vous avez été vendus aux nations, mais non pour l’anéantissement.

Ayant excité la colère de Dieu, (cf. les conséquences du péché (P))

vous avez été livrés à vos ennemis.

(7)       Car vous aviez irrité votre Créateur en sacrifiant à des démons et non à Dieu.

(8)       Vous aviez oublié le Dieu éternel, votre nourricier !

Vous avez aussi attristé Jérusalem, votre nourricière ;

(9)       elle a vu fondre sur vous la colère venue de Dieu et elle a dit :

Écoutez, voisines de Sion : Dieu m’a envoyé grande tristesse.

(10)    J’ai vu la captivité de mes fils et filles, que l’Éternel leur amena.

(Imperfection de l’Ancien Testament qui, parfois, attribue tout à Dieu, le bien    comme le mal ; ici encore, ce sont les conséquences du péché des hommes (P).)

(11)    Je les avais nourris avec joie ; avec pleurs et tristesse je les vis partir.

(12)    Que nul ne se réjouisse sur moi, veuve et délaissée d’un grand nombre ;

je subis la solitude pour les péchés de mes enfants,

car ils se sont détournés de la Loi de Dieu,

(13)    ils n’ont point connu ses préceptes, ni marché par les voies de ses préceptes,

ni suivi les sentiers de discipline selon sa justice.

(14)    Qu’elles arrivent, les voisines de Sion !

Rappelez-vous la captivité de mes fils et filles, que l’Éternel leur amena (P) !

(15)    Car il amena sur eux une nation lointaine, une nation effrontée,

à la langue barbare, sans respect pour le vieillard, sans pitié pour le petit enfant ;

(16)    on emmena les fils chéris de la veuve, on la laissa toute seule, privée de ses filles.

(17)    Moi, comment pourrais-je vous aider ?

(18)    Celui qui vous amena ces malheurs, (P)

c’est lui qui vous arrachera aux mains de vos ennemis.

(19)    Allez, mes enfants, allez votre chemin ! Moi, je reste délaissée, solitaire ;

(20)    j’ai quitté la robe de paix et revêtu le sac de ma supplication ;

je veux crier vers l’Éternel tant que je vivrai.

(21)    Courage, mes enfants, criez vers Dieu :

il vous arrachera à la violence et à la main de vos ennemi ;

(22)    car j’attends de l’Éternel votre salut,

une joie m’est venue du Saint,

pour la miséricorde qui bientôt vous arrivera de l’Éternel, votre Sauveur.

(23)    Car avec tristesse et pleurs je vous ai vus partir,

mais Dieu vous rendra à moi pour toujours dans la joie et la jubilation.

(24)    Comme les voisines de Sion voient maintenant votre captivité,

ainsi verront-elles bientôt votre salut de par Dieu,

qui vous surviendra avec grande gloire et éclat de l’Éternel.

(25)    Mes enfants, supportez la colère qui de Dieu vous est venue.

(Supportez pour l’instant les conséquences du mal commis)

Ton ennemi t’a persécuté,

mais bientôt tu verras sa ruine et sur sa nuque tu poseras ton pied.

(26)    Mes enfants choyés ont marché par de rudes chemins,

enlevés, tel un troupeau razzié par l’ennemi.

(27)    Courage, mes enfants, criez vers Dieu :

Celui qui vous amena cela (P) se souviendra de vous.

(28)    Comme votre pensée fut d’égarement loin de Dieu,

revenus à lui, recherchez-le dix fois plus fort.

(29)    Car Celui qui vous amena ces malheurs (P) vous ramènera,

en vous sauvant, la joie éternelle.

(30)    Courage, Jérusalem : il te consolera, Celui qui t’a donné un nom.

(31)    Malheur à ceux qui t’ont maltraitée et se sont réjouis de ta chute !

(32)    Malheur aux cités dont furent esclaves tes enfants,

malheur à celle qui reçut tes fils !

(33)    Car de même qu’elle se réjouit de ta chute et fut heureuse de ta ruine,

ainsi sera-t-elle affligée pour sa propre dévastation.

(34)    Je lui ôterai son allégresse de ville bien peuplée,

son insolence se changera en tristesse,

(35)    un feu lui surviendra de l’Éternel pour de longs jours

(En fait, ce sera pour elle aussi les conséquences de ses fautes (P)),

elle sera la demeure de démons pour longtemps.

(36)    Jérusalem, regarde vers l’Orient, vois la joie qui te vient de Dieu.

(37)    Voici : ils reviennent, les fils que tu vis partir,

ils reviennent, rassemblés du levant au couchant,

sur l’ordre du Saint, jubilants de la gloire de Dieu.

(5,1)   Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,

revêts pour toujours la beauté de la gloire de Dieu,

(2)       prends la tunique de la justice de Dieu,

mets sur ta tête le diadème de gloire de l’Éternel ;

(3)       car Dieu veut montrer ta splendeur partout sous le ciel,

(4)       et ton nom sera de par Dieu pour toujours : Paix de la justice et gloire de la piété.

(5)       Jérusalem, lève-toi, tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’Orient :

vois tes enfants du couchant au levant rassemblés sur l’ordre du Saint, jubilants,            car Dieu s’est souvenu.

(6)       Car ils t’avaient quittée à pied, sous escorte d’ennemis,

mais Dieu te les ramène portés glorieusement, comme un trône royal.

(7)       Car Dieu a décidé que soient abaissées toute haute montagne

et les collines éternelles,

et comblées les vallées pour aplanir la terre,

pour qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.

(8)       Et les forêts, et tous arbres de senteur feront de l’ombre pour Israël,

sur l’ordre de Dieu ;

(9)       car Dieu guidera Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire,

avec la miséricorde et la justice qui viennent de lui.

Diacre Jacques FOURNIER

Correction de la Fiche N° 26 :

CV – 26 – Jn 15,18-16,33 correction

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