Fiche n°9 : Le don de l’Eau Vive par Jésus Christ, le Sauveur du Monde (Jn 4)

La volonté de Dieu sur les hommes est qu’ils accomplissent pleinement leur vocation d’enfants de Dieu par la foi en son Fils envoyé dans le monde (Jn 1,12) : qu’ils vivent de sa Vie, qu’ils partagent avec Lui la Plénitude de son Esprit, qu’ils entrent dans sa Lumière et dans sa Joie. Pour atteindre ce but, le Christ va leur proposer de « naître de nouveau de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3) par le sacrement du baptême (Mt 28,18-20). En Jn 1,33, St Jean avait déjà fait allusion à ce baptême apporté par Jésus: « C’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint ». Souvenons-nous de la note de la Bible de Jérusalem pour ce verset : « Cette expression définit l’œuvre essentielle du Messie, annoncée dès l’Ancien Testament : régénérer l’humanité dans l’Esprit Saint. Parce que l’Esprit repose sur lui », cet Esprit qu’il reçoit lui-même de son Père, « le Messie pourra le donner aux hommes »…  Puis, en Jn 3,22-26, St Jean avait de nouveau évoqué ce baptême proposé par Jésus : « Après cela, Jésus vint avec ses disciples au pays de Judée et il séjourna avec eux, et il baptisait… (Ainsi), le voilà qui baptise et tous viennent à lui ». Et au tout début de notre texte, St Jean évoque à nouveau ce baptême de Jésus (Jn 4,1-2). Tout tourne donc ici autour du baptême, du don de Dieu (« l’eau vive », symbole de l’Esprit Saint (Jn 7,37-39)) et de sa conséquence la plus importante, la relation avec Dieu « en Esprit et en vérité » (Jn 4,24).

Jésus parle ici avec une Samaritaine, un nom qui vient de « Samarie », l’ancienne capitale du Royaume du Nord fondée par le Roi Omri (886-875 av. JC). A la mort de Salomon (931 av JC), le Royaume d’Israël s’était en effet divisé en deux : le Royaume du Nord (appelé parfois « Israël ») et le Royaume du Sud (« Juda », capitale Jérusalem). En 722 av JC, les Assyriens s’emparent du Royaume du Nord et s’y installent. Depuis lors les Juifs du Sud voient d’un mauvais oeil ce peuple à moitié païen. Ils refusent leur aide pour reconstruire le Temple de Jérusalem après sa destruction par Nabuchodonosor, roi de Babylone, en 587 av JC. Les Samaritains construiront alors le leur sur le mont Garizim. Mais en 129 av C, il sera détruit par le Juif Jean Hyrcan. A partir de cet instant, la rupture est totale…

 

Introduction

« Jésus quitte la Judée et s’en retourne en Galilée ». Se référer à une des cartes situées à la fin de nos Bibles. Repérer la Galilée au nord, la Judée au sud, et la Samarie au milieu. Constater que pour aller de la Judée à la Galilée, il était possible de prendre un bateau et de passer par la mer, ou de longer par la rive Est le Jourdain en passant par la Pérée et la Décapole. Pourtant, St Jean écrit de Jésus qu’il « lui fallait traverser la Samarie » ? D’après ce que nous venons de voir avec une carte, est-ce bien exact ? Que se cache-t-il derrière ce « il faut » ? Pour répondre à cette question, lire dans un premier temps Jn 4,34 ; 5,30 ; 6,38 ; 9,4 ; 10,16 ; 12,34 ; 13,18 ; 14,31 ; voir aussi Lc 17,25 ; 22,37 ; 24,7.44 ? Préciser quelle est « la volonté du Père » avec Jn 3,16-17 ; 6,37-40 ; 1Tm 2,3-7) (•) ? Que ne cessera alors de faire Jésus (cf. Lc 4,42-44) ? Et que feront ensuite ses disciples (Marc 16,15‑18) ? Avec eux et par eux, qui continuera « d’aller vers » les hommes pour leur offrir le Salut (Mt 28,18-20 ; 2Co 2,14-16 ; 5,20 ; Actes 14,27 ; 15,4) ? Quelle sera donc, jusqu’à la fin des temps, la mission première de l’Eglise ?

Jésus a tout d’abord commencé par se tourner vers le seul peuple d’Israël (Mt 15,24). Il voulait en effet l’appeler au repentir pour qu’il redevienne ce que Dieu avait toujours voulu qu’il soit : un Peuple comblé de sa bénédiction pour devenir ensuite un Serviteur de cette bénédiction, afin que toutes les familles de la terre en soient à leur tour comblées. Telle est la vocation qu’il avait donnée à Abraham et à ses descendants au jour où il l’avait appelé : « Yahvé dit à Abram : Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom ; sois une bénédiction ! Je bénirai ceux qui te béniront, je réprouverai ceux qui te maudiront. Par toi se béniront toutes les familles de la terre. » Abram partit, comme lui avait dit Yahvé » (Gn 12,1-4)…

Or, à l’époque de Jésus, écrit Gerhard Lohfink (« L’Eglise que voulait Jésus »), le système des Douze tribus d’Israël avait depuis longtemps cessé d’exister. « Les contemporains considéraient qu’il n’y avait plus que deux tribus et demie : Juda, Benjamin et la moitié de Lévi. On espérait que le temps du salut provoquerait le rétablissement définitif de toutes. Déjà la fin du livre d’Ezéchiel, sous forme de programme prophétique, montrait comment, lors de la fin des temps, les douze tribus retrouveraient leur portion de territoire (Ez 37 ; 39,23-29 ; 40-48). Sur fond de cette espérance toujours très vivante, on ne peut désormais comprendre l’institution des douze apôtres par Jésus que comme un signe prophétique : les Douze montrent que Jésus inaugure le réveil et le rassemblement du peuple saint », pour lui redonner ensuite sa mission première : aller dans le monde entier pour annoncer à tous les hommes que Dieu ne cesse de les bénir en leur donnant son Esprit de Vie, de Lumière et de Paix… Les Samaritains étaient les lointains héritiers du Royaume du Nord. Les réconcilier avec ceux du Sud allait donc dans le sens de ce rétablissement d’Israël tout entier (cf. Is 11,12 ; Os 2,2 ; Jr 3,18 ; Ez 37,15-28). Puis Israël rassemblé devait ensuite travailler, avec les païens qui auraient accueilli cette Bonne Nouvelle, au rassemblement de l’humanité tout entière, cette immense famille d’enfants de Dieu que le Père invite à la table de son Royaume (cf. Jn 11,51-52 ; Ep 1,9-10) ? Telle est aujourd’hui la mission de l’Eglise. Au départ, elle n’était constituée que de fils d’Israël. Puis, des païens accueillirent l’Evangile qu’ils proclamaient et se joignirent à eux. Le résultat est l’Eglise que nous connaissons actuellement. Et les Israélites qui n’ont pas reconnu en Jésus Christ le Messie annoncé par les Ecritures, demeurent nos frères aînés dans la foi, des frères très chers vis-à-vis desquels nous ne pouvons qu’avoir de la reconnaissance… Avec Marie, le Christ est né de leur communauté, tout comme Pierre, Marc, Matthieu, Paul etc… C’est donc grâce à eux que nous avons pu découvrir aujourd’hui en Jésus Christ un trésor de Miséricorde et de Vie (2Co 4,5-7)… Et régulièrement, nous lisons avec eux les mêmes Ecritures, l’Ancien Testament…

Jacob, le fils d’Isaac (Gn 25,26), lui-même fils d’Abraham (Gn 17,19.21 ; 21,3), était une figure importante pour les Samaritains : d’après eux, c’est sur le mont Garizim que Dieu lui était apparu en songe (Gn 28,10-22). C’est là aussi, pensaient-ils, que reposait la bénédiction de Dieu sur Israël (Dt 11,29 ; 27,12). Voilà pourquoi ils choisirent cette « montagne » comme lieu d’adoration (Jn 4,20).

Le don de l’Eau Vive (Jn 4,7-15)

Notons tout d’abord comment St Jean nous présente Jésus au v. 6 ? « C’était environ la sixième heure ». D’après les notes de nos Bibles, quelle heure est-il en fait ? Toutes ces circonstances conditionneront la première parole de Jésus à la Samaritaine…

Entre Jésus et la Samaritaine, qui engage le dialogue en premier ? Quand il lui dit « Donne-moi à boire », comment se présente-t-il : comme un riche venu pour donner ou un pauvre qui a besoin de recevoir ? Et pourtant, que se passera-t-il par la suite d’après St Paul (cf. 2Co 8,9) ?

Mais en agissant ainsi, Jésus transgresse deux règles importantes de l’époque. Les retrouver avec Jn 4,9 et Jn 4,27. Voilà bien une attitude caractéristique de Jésus, laquelle d’après Ep 2,14-16 (les « deux peuples » sont : les Juifs et les païens) ?

Dans l’Evangile selon St Jean, le thème de la soif renvoie au désir profond qui habite une personne. Ainsi, sur la Croix, Jésus dit « J’ai soif » (Jn 19,28-30) pour que l’Ecriture soit parfaitement accomplie, et de fait les soldats lui donneront du vinaigre, comme le prédisait le Ps 69(68),22. Or les Ecritures révèlent la volonté de Dieu qui est le salut de tous les hommes (cf. (•)). Ainsi, Jésus avait soif de « faire la volonté de Celui qui l’a envoyé » (Jn 4,34), c’est-à-dire d’accomplir le salut du monde par son offrande sur la Croix… Derrière la question de Jésus à la Samaritaine en Jn 4,7, de quoi Jésus a‑t‑il en fait « soif » (cf. Jn 10,10 ; 3,17) ? Le verra-t-on d’ailleurs boire ou manger en ce chapitre 4 (cf. Jn 4,31-34) ? Et dès la première moitié de Jn 4,10, Jésus éveillera la curiosité de la Samaritaine sur deux points essentiels, lesquels ((a) et (b)) ?

Le deuxième (b) sera ici l’occasion de tout un cheminement ; en noter toutes les étapes en relevant en Jn 4 tous les titres et expressions qui disent quelque chose du Mystère de Jésus. Quelle progression constatez-vous ? Noter l’universalité de la perspective avec le v. 42.

Le premier (a ; cf Ac 8,20) sera précisé par une image dès la fin du verset 10, laquelle ? Quelle est d’après Jn 7,37-39 la réalité évoquée (cf. Ac 2,38 et 10,45) ? D’où vient-elle (cf. Jn 15,26) et par qui nous rejoint-elle (Ac 2,32-33) ? Pour recevoir ce don promis, que suffit-il de faire d’après Jn 4,10 (cf. Lc 11,9-13) ? Or qui est Dieu de son côté (cf. Jr 2,13 ; 17,13 ; image différente mais semblable au niveau du sens au Ps 84(83),12) ? Conclusion : est-il possible que celui qui demande de tout son cœur ne soit pas exaucé ? Et de même, celui qui demanderait la Lumière, pourrait-il d’après le Ps 84(83),12 ne pas être exaucé ? Et recevra-t-il cette Lumière parce qu’il a bien prié ? « Il suffit de demander », comme disait Ste Thérèse de Lisieux, notre demande n’étant que l’expression de notre liberté qui consent à recevoir ce que Dieu veut nous donner… Remarquons en passant qu’avec le parallèle entre Jn 4,24 et 1Jn 1,5, demander la Lumière, c’est demander l’Esprit Saint… Quels seront les effets de ce don de Dieu au cœur de l’homme qui accepte de l’accueillir (cf. Jn 4,13-14 ; 6,63 ; Ga 5,25) ? Mais pour le recevoir, il sera invité à se tourner sans cesse vers le Donateur en se détournant de tout ce qui pourrait s’opposer à cette démarche ; comment appelle-t-on dans le Nouveau Testament une telle attitude (Mc 1,15 ; début d’Ac 2,37-38. Et d’après Ac 3,26 (TOB), Ac 5,31 et Ac 11,18, cette attitude même est un don de Dieu ! Elle est le fruit de Jn 12,32, Jn 6,44 et Jn 6,65 et 17,6…

Souvenons-nous : comment Jésus a-t-il entamé la conversation avec la Samaritaine ? Et que lui demande-t-elle maintenant en Jn 4,15 ? Même si sa demande est encore imparfaite, Jésus a-t-il atteint son but ?

Adorer Dieu en Esprit et en vérité (Jn 4,16-24)

 Jésus reprend à nouveau l’initiative. En posant sa question au v. 16, qu’attend-il avant tout de la Samaritaine (cf. Jn 3,21)? A-t-elle répondu à son attente ? Une note de la Bible de Jérusalem permet d’éclairer la réponse de Jésus en 4,17‑18 : « Les Juifs expliquaient l’origine des Samaritains (2 R 17,24-41), par l’immigration forcée de cinq peuplades païennes, restées en partie fidèles à leurs dieux, que symbolisent les “ cinq maris ” ». Or 2R 17,33 affirme « qu’ ils révéraient le Seigneur et servaient leurs dieux, selon le rite des nations d’où ils avaient été déportés ». D’après la déclaration de Jésus en Jn 4,18 et 4,22, que vaut un tel culte de Dieu mêlé d’éléments idolâtriques ?

Quelle est la notion (nom et verbe) qui revient le plus souvent en Jn 4,20-24 ? La Samaritaine nomme-t-elle Celui qui est objet d’adoration ? Et Jésus ? Que retrouve-t-on indirectement (cf. Jn 1,18 ; le début de Jn 17,6 ; Jn 17,26) ? Comment se vivra l’adoration véritable ? Est-elle déjà pour l’aujourd’hui de notre foi ? Qui est le premier à la désirer ? Qui sera donc le premier à la mettre en œuvre et par qui agira-t-il (Jn 14,15‑17 ; Rm 8,26-27) ? Son travail sera de nous communiquer « le bien » de Jésus, « ce qui est à » Jésus (Jn 16,14). Or, « le bien » suprême de Jésus, c’est son Être, sa Vie de Fils qu’il tient de son Père (Jn 5,26), la Plénitude divine de l’Esprit qu’il reçoit du Père de toute éternité et qui fait qu’il est ce qu’il est : « Il est Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ». Cette « Plénitude divine de l’Esprit » peut encore évoquer par l’expression « nature divine », car « Dieu est Esprit » (Jn 4,24). Et d’après 2P 1,4, c’est justement ce que le Père veut que nous recevions par notre foi en son Fils qu’il a envoyé dans le monde. Et ce sera tout le travail de l’Esprit Saint Troisième Personne de la Trinité de nous communiquer « l’Esprit Saint nature divine », cette Eau Vive qui sera en nous Source de Vie éternelle, Plénitude d’Être et de Vie. En acceptant de recevoir cet Esprit nous entrerons alors dans un Mystère de Communion et de Vie avec Dieu et avec tous ceux qui auront vécu la même démarche de foi (1Co 1,9 ; 2Co 13,13 ; Ph 2,1 ; 1Jn 1,3 ; Ep 2,18 ). Tel est le Mystère de l’Eglise…

Jésus est le Messie, vrai homme et vrai Dieu (Jn 4,25-26)

La Samaritaine, face à Jésus, se pose la question du Messie… Quel est, d’après Jn 4,25 sa mission principale (cf. Lc 4,15.31.43 ; 5,3 ; 6,6 ; 13,10 ; 20,1) ? Qui permet à cette mission d’atteindre son but (cf. 1Co 2,3-5 et 9-12 ; 1Th 1,4-7 ; Jn 14,26 ; 16,12-15 ; 15,26 ; 1Jn 2,27 ; 4,13) ? Nos Bibles traduisent souvent la réponse de Jésus en fonction du contexte : « Je le suis, moi qui te parle », sous entendu « le Messie, celui qu’on appelle Christ » (Bible de Jérusalem ; TOB ; se souvenir que « Messie » et « Christ » viennent tous les deux du verbe « oindre », en hébreu pour le premier, en grec pour le second). Mais St Jean fait ici, et pour la première fois dans son Evangile, une allusion au Nom divin révélé à Moïse dans l’épisode du Buisson Ardent (Ex 3,14-15) : « Je suis celui qui est » (Bible de Jérusalem), « JE SUIS QUI JE SERAI » (TOB). La traduction grecque de la Septante a : Egô eimi o ôn (litt. : « Je Suis l’Etant »). Et Jésus dit à la Samaritaine : Egô eimi o lalôn soi » (litt. : « Je Suis le Parlant à toi »). Remarquer la similitude des deux expressions. La première emploie le participe présent du verbe « être », la seconde le participe présent du verbe « parler ». Ainsi, en Jésus Christ « l’Êtant » s’est fait pour nous « le Parlant ». Il est vraiment « le Verbe fait chair » (Jn 1,14), la Parole faite chair. Avec Lui et par Lui Dieu Lui-même est venu nous rejoindre et nous parler avec une bouche de chair…Ainsi, cette si belle réponse de Jésus à la Samaritaine nous le présente, dans le contexte immédiat des termes employés par la Samaritaine, comme étant « le Messie » promis par les Ecritures, « le Christ ». Mais l’expression employée nous invite à aller plus loin : il est Dieu Lui-même en la Personne du Fils venu nous transmettre les Paroles qu’il a reçues de son Père (cf. Jn 8,28 ; 12,50 ; 17,7‑8)… Le premier verset de l’Evangile de Marc résume lui aussi de manière semblable le Mystère de Jésus : « Commencement de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu »…

La Samaritaine devient missionnaire par son témoignage (Jn 4,27-42)

La Samaritaine abandonne sa cruche : quelle est maintenant sa priorité, l’eau du puits ou l’Eau Vive donnée par le Christ ? Puis elle court à la ville, et là, que fera-t-elle (cf. Jn 4,29 ; 15,27 ; 19,35) ? Elle devient missionnaire de la Joie qu’elle a elle-même expérimentée…

Jésus demeurera deux jours chez les Samaritains. Parfois, dans les Evangiles, nous lisons que « beaucoup crurent en lui à cause des nombreux miracles qu’il faisait » ? Est‑ce le cas ici ? Qu’est-ce qui a « emporté » leur foi (cf. Jn 4,41)? Et qui est Celui qui, discrètement mais avec puissance, a agi en leur cœur pour les inviter à cette adhésion, à cette confiance (cf. 1Co 12,3 ; 1Th 1,4-7) ? Nous avons vu que la mission première du Christ est d’enseigner, de transmettre à tous les hommes cette Parole de Vie qu’il a reçue de son Père. Nous avons vu également que la mission première de l’Eglise est de marcher sur les traces du Christ pour accomplir avec Lui et par Lui la même œuvre. Aussi, quand nous annonçons aujourd’hui la Parole, d’une manière ou d’une autre, sur quoi devons-nous compter nous aussi avec confiance pour que cette Parole puisse porter du fruit ?

Noter la perspective universelle de Jn 4,42 (cf. Jn 1,4-5.9 ; 1,29 ; 3,16 ; 11,52 ; 17,2 à la lumière de Gn 9,8-17 ; 1Jn 2,2). Et le Catéchisme de l’Eglise Catholique déclare : « Si le Baptême est nécessaire au salut pour ceux auxquels l’Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement (cf. Mc 16, 16), ” Puisque le Christ est mort pour tous, et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé(s) au mystère pascal “. Tout homme qui, ignorant l’Évangile du Christ et son Église, cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu’il la connaît, peut être sauvé » (& 1257 et 1260).

La guérison du fils du fonctionnaire royal (Jn 4,46-54)

Jn 4,46-54 complète le panorama commencé en Jn 3. Avec Nicodème et Jean‑Baptiste, Jésus s’était d’abord adressé au Peuple d’Israël. Puis il a poursuivi son œuvre de Révélation et de Salut avec la Samaritaine, qui représente le peuple le plus proche de celui d’Israël. Enfin, il s’adresse ici, à travers ce fonctionnaire royal, aux païens appelés eux aussi à partager la Plénitude de Dieu grâce au pardon des péchés que le Christ est venu nous offrir. Nous retrouvons ainsi le plan missionnaire esquissé dans la Parole du Christ Ressuscité à ses disciples en Ac 1,8 : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Un fonctionnaire royal a donc un fils malade, et il vient trouver Jésus pour le prier de « descendre guérir son fils, car il allait mourir ». Retrouver ce verbe « descendre » en Jn 3,13 ; 6,32-35 ; 6,50-51 ; 6,58. A la lumière de tous ces textes, « qui » descend ? « D’où » descend-il et pourquoi ? La guérison de ce fils malade en sera le signe visible…

Mais en Jn 4,48, de quoi Jésus semble-t-il se désoler ? En effet, quel est le but premier qu’il poursuit avec tous ceux et celles qu’il rencontre (cf. Jn 11,42) ? Et ce but a lui-même un « but » : lequel (cf. Jn 20,30-31) ? Jésus ne fait donc pas des miracles pour faire des miracles… Il n’est pas venu enlever toutes nos difficultés d’un coup de baguette magique, et il sait que la foi qui ne recherche que le merveilleux est encore superficielle et fragile (cf. Jn 2,23-25). Lui est venu nous introduire dans le Mystère de sa Vie, pour que nous vivions unis à Lui dans un Mystère de Communion dont le fondement est l’Esprit de Force et de Paix… Alors, si tel est bien le cas, la maison de notre vie sera construite sur le Roc et rien ni personne ne pourra la démolir (cf. Mt 7,24-27).

Cette guérison du fils du fonctionnaire est l’exemple type d’un signe il est la rencontre de deux évènements apparemment indépendants, mais qui apparaissent en fait invisiblement liés par le Christ et son œuvre :

1 – A la prière de ce fonctionnaire, « Seigneur, descends avant que ne meure mon petit enfant », Jésus répond : « Va, ton fils vit ». L’homme accueille cette Parole avec foi. Il quitte Jésus et se met en route pour rentrer chez lui…

2 – Alors qu’il est encore en chemin, ses serviteurs viennent à sa rencontre. Ils ne savent pas qu’il a demandé à Jésus la guérison de son enfant… Ils lui disent qu’il est vivant… Bien noter l’expression : Jésus est venu pour que nous soyons tous comme lui : des « vivants » de sa Vie qu’il reçoit lui-même de son Père. « Il s’informa auprès d’eux de l’heure à laquelle il s’était trouvé mieux. « C’était hier à la septième heure que la fièvre l’a quitté » », à l’instant même où Jésus lui avait dit : « Ton fils vit ».

Pourtant, ces deux évènements sont matériellement indépendants… Mais non, un lien spirituel invisible, mystérieux, les unit : « Dieu Esprit » qui a entendu la prière de ce père et guérit son fils qui était au loin… Le père croit et raconte ce qu’il a vécu : son témoignage est missionnaire et toute sa maison croit avec lui (Jn 4,53 ; Ac 16,33)…

Un signe est souvent la rencontre de deux évènements apparemment indépendants, le deuxième correspondant pourtant parfaitement aux circonstances ou à l’attente exprimées dans le premier… Et Jésus continue d’agir ainsi tous les jours pour chacun d’entre nous. Mais seul un regard de foi, dans la lumière de l’Esprit Saint, peut le reconnaître… « Heureux sommes-nous » si tel est le cas, nous dit Jésus, car lui ne cherche, ne désire, ne poursuit que la Plénitude de notre vie…

Mt 13,16-17 : « Quant à vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient ; heureuses vos oreilles parce qu’elles entendent. En vérité je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont souhaité voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! »

                                                                                                                              D. Jacques Fournier

Correction de la fiche N°9

CV – 9 – Jn 4 correction

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