5ième Dimanche de Carême – par Francis COUSIN (Jn 8, 1-11)

« La femme adultère … et les autres. »

 

Quand on parle de ce passage d’évangile, on a l’habitude de parler de la femme et du bon tour que Jésus a joué aux scribes et aux pharisiens …

Mais on en reste au bon tour : Jésus les a eus !

Et si on s’intéressait un peu à ces gens-là ?

Pourquoi ces gens-là amènent-ils « une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. » ?

« Oui, elle a fait ceci …, c’est pas bien ! … »

Saint Jean nous dit que « Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve » …

Sans doute … mais aussi …

Peut-être y a-t-il aussi cette volonté de se montrer supérieurs aux autres, une certaine arrogance …

Comme une sorte de ladi-lafé … pas seulement en paroles … mais en acte : on amène la femme à Jésus !

Est-ce que je ne suis pas souvent comme ces gens-là de l’époque de Jésus ?

Est-ce que je n’ai pas trop souvent tendance à raconter ceci ou cela sur telle personne … mais sans que celle-ci soit là … ce qui n’est pas le cas dans le passage de l’Évangile … et c’est peut-être encore pire …

On parle … chacun ajoute son grain de sel … « Vous savez, madame unetelle a fait ça ! » … « Et monsieur untel, l’autre jour … »

On parle … on parle …

Dans quel but ?

Informer les gens de ce qui se passe dans le quartier … ?

Ou plutôt salir les gens … ?

Avec souvent un sous-entendu … « Mais moi, je ne suis pas comme cela ! Je ne fais pas de telles choses ! »

Est-ce bien vrai ?

Reprenons ce que nous dit le livret de chemin de croix de notre diocèse, page 25 :

« Combien de fois nous faisons des ’’commérages’’ sur l’une ou l’autre de nos relations, que ce soit dans le travail, la famille … ou dans notre paroisse ou dans notre mouvement.

Nous n’avons pas la volonté de faire mal … mais ça sort … et ça fait mal à la personne concernée quand elle l’apprend. Nous l’avons déshabillée et crucifiée.

La langue peut être meurtrière ! On voit des exemples sur les réseaux dits sociaux ces derniers temps …

Si nous voulons marcher ensemble, attention à nos paroles ! Pas de médisance ni de calomnies. »

Le pape François nous parle souvent de ces commérages … et ce depuis son élection … mais cela n’a pas l’air de changer grand-chose à nos comportements …

Pourquoi ?

« Le grand bavard c’est le diable, qui dit toujours de mauvaises choses sur les autres, car il est le menteur qui cherche à désunir l’Église, à éloigner les frères et à ne pas faire communauté. S’il vous plaît, frères et sœurs, faisons un effort pour ne pas médire. Les commérages sont un fléau pire que le COVID. » (Pape François, 6 septembre 2020)

Quels sont les remèdes qu’il propose ?

– « Pour qu’il y ait la paix dans une communauté, dans une famille, dans un pays, dans le monde, nous devons commencer par être avec le Seigneur. Et là où se trouve le Seigneur, il n’y a pas d’envie, il n’y a pas de criminalité, il n’y a pas de jalousies. Il y a la fraternité. Demandons cela au Seigneur : ne jamais tuer notre prochain avec notre langue et être avec le Seigneur comme nous tous serons au ciel ». (Pape François, 2 septembre 2013)

– « Deux remèdes : En premier lieu, lorsque la tentation de critiquer l’autre est imminente, « prie pour lui ». Ensuite, « mords-toi la langue … et bien fort ». (Pape François, 3 mars 2019)

Et n’oublions pas la Parole de Jésus : « Je vous le dis : toute parole creuse que prononceront les hommes, ils devront en rendre compte au jour du Jugement. D’après tes paroles, en effet, tu seras reconnu juste ; d’après tes paroles tu seras condamné..» (Mt 12,36-37)

            Comptons sur la miséricorde de Dieu, en n’oubliant pas ce que Jésus dit à la femme adultère : « Va, et ne pèche plus ! ».

Et on peut dire : « Va, et ne médit plus ! ».

Seigneur Jésus,

Tous les parents font de gros efforts

pour que leurs enfants apprennent à parler.

Et c’est la joie lors de leurs premiers mots !

Mais peut-être serait-il plus important

de leur apprendre ‘comment parler’ !

leur apprendre le respect dû aux autres,

« car ce que dit la bouche,

c’est ce qui déborde du cœur. » (Mt 12,34)

                                                                                    Francis Cousin

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image dim Carême C 5°

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