Baptême du Christ – par Francis COUSIN (Lc 3,15-16.21-22)

« Tu es mon Fils bien-aimé. »

 

Le baptême de Jésus nous est conté au début de l’année liturgique, après la naissance à Bethléem et l’adoration des bergers, celle des mages, le recouvrement de Jésus au Temple … On commence à connaître bien Jésus, surtout que, comme on dit, on connaît la fin de l’histoire …

Jésus n’est pas pour nous un inconnu (encore que … on connaît sa vie, ce qu’il a dit et fait, … mais sommes-nous suffisamment intimes avec lui pour pouvoir dire qu’on le connaît vraiment ? Je n’en suis pas vraiment sûr !) …, mais pour les gens qui allaient se faire baptiser par Jean-Baptiste, il n’était qu’un juif parmi d’autres juifs qui venait écouter le prophète …

Jésus n’était qu’un homme comme les autres parmi tous ces pécheurs qui venaient recevoir « un baptême de conversion pour le pardon des péchés ». Lui, le Fils de Dieu (et il le savait puisqu’il avait dit à Marie et Joseph dans le Temple de Jérusalem : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »), qui n’a jamais péché, a tenu à être présent avec ses coreligionnaires pécheurs. N’était-ce pas ce qu’il voulait ? : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Mc 2,17). Et son attrait pour les pécheurs lui a été plusieurs fois reproché : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » (Mc 2,16) après l’appel de Matthieu, ou quand il est allé chez Zachée : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » (Lc 19,7), et même à la fin de sa vie, c’est entouré de deux pécheurs, deux brigands, qu’il est mort sur la croix … « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort. » (Ph 2,5-8).

Jésus ne s’est pas mis à part, séparé du peuple. Il en fait partie intégrante …

C’est ce qui nous est demandé actuellement avec la démarche synodale : se reconnaître partie intégrante du peuple de Dieu (dans lequel on entre par le baptême … qui nous fait devenir enfants de Dieu.) qui réfléchit ensemble à la manière d’être davantage en communion pour que chacun puisse participer à la mission : être témoin de Dieu.

Jésus est baptisé, il a été plongé dans les eaux du Jourdain … et il sort du fleuve … et alors, il prie.

Luc est le seul des évangélistes à dire qu’il priait. Et il montre souvent Jésus en prière avec son Père. Et sans doute Jésus était tout le temps en relation avec son Père, donc en prière : « Le Père et moi, nous sommes UN. » (Jn 10,30).

C’est à ce moment-là que « le ciel s’ouvrit » sur une double épiphanie : une visuelle, et une autre auditive.

La première, visuelle, « L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus. »

Cette apparition était apriori destinée aux personnes qui étaient présentes, qui n’ont sans doute pas compris qu’il s’agissait de l’Esprit Saint avant d’entendre la voix du Père lors de la seconde épiphanie … et encore …

Et il n’est pas sûr que Jésus ait pu voir l’Esprit, à moins de tourner la tête dans tous les sens, ce qui n’est généralement pas le cas quand on est en prière …

La venue de l’Esprit Saint semble venir comme une réponse à la Prière de Jésus, et destinée aux autres, pour leur montrer que Jésus est différent et qu’il a une mission à accomplir … ce qu’il fera après le temps du désert.

La seconde épiphanie, sans doute la plus spectaculaire, est la voix du Père qui sort des cieux, comme au temps d’Abraham ou de Moïse : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. ». Jésus est explicitement désigné comme le Fils de Dieu, et cela réjouit le Père.

C’est d’ailleurs ce que dit le Père à chaque fois qu’un humain est baptisé « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », ce qu’il a dit à notre baptême … À chaque fois qu’un humain est baptisé, il devient enfant de Dieu, fils (ou fille) de Dieu, et cela réjouit le cœur de Dieu.

Et nous, qui avons été baptisés, nous devons retenir :

– nous sommes devenus enfant de Dieu

– nous sommes aimés de Dieu (à ne jamais oublier !)

– nous avons une mission à accomplir (et cela on l’oublie souvent), ainsi que le dit la première lecture : « Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle … Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle … Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes … : ’’ Voici votre Dieu !’’ ».

Cette mission, c’est dit autrement ce que dit Jésus aux apôtres avant de les quitter : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » (Mt 28,19).

C’est aussi notre mission, que nous devons traduire peut-être dans d’autres mots, mais dont le but est toujours le même : vivre et faire connaître la Parole de Dieu dans notre entourage !

 

Seigneur Jésus,

ton baptême est pour nous l’occasion

de repenser à notre propre baptême,

                                                      à l’engagement qui a été pris

de faire partie du peuple de Dieu,

un peuple de pécheurs,

mais qui est aimé de Dieu,

le Père, le Fils et l’Esprit Saint,

chaque jour et pour l’éternité.

 

                                     Francis Cousin

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image dim Baptême de Jésus C

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