Rencontre autour de l’Évangile – 4ième Dimanche de l’Avent

” Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. “

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Lc 1, 39-45)

Au début de l’Évangile de Luc, Zacharie reçoit l’annonce que sa femme Elisabeth enfantera un fils « et tu l’appelleras du nom de Jean », Jean le Baptiste. « Il sera rempli d’Esprit Saint dès le sein de sa mère », lui dit l’Ange. Zacharie s’unit à elle, et six mois après, « l’Ange Gabriel » fut envoyé à Marie et la salua : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. Voici que tu enfanteras un fils » par « l’Esprit Saint qui viendra sur toi ». « Et voici », lui dit-il encore, « qu’Elisabeth ta parente vient elle aussi de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile »…

Le sens des mots
• « En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement » pour aller rendre visite à sa cousine Elisabeth qui, selon la tradition, habitait Aïn Karim, à 6 km à l’ouest de Jérusalem… Elle a environ une quinzaine d’années et plus de 100 km à parcourir, à pied ou à dos de mulet, sur des routes poussiéreuses. Que nous disent ce « rapidement » et ces circonstances concrètes sur les dispositions qui habitent son cœur ?

• Qu’avait fait l’Ange envers Marie, et que fait-elle maintenant envers Elisabeth? Or, qui dit « salutation » dit « rencontre »… Quels sont donc les lieux privilégiés où Dieu aime agir, se révéler, se manifester ?

• Une maison en terre sèche dans les montagnes de Palestine, une salutation entre deux cousines, un bébé de six mois qui bouge dans le ventre de sa mère : que pensez-vous de ces circonstances : simples, grandioses ? Humbles, superbes ? Habituelles, exceptionnelles ? Voilà comment Dieu agit…

• De quoi Elisabeth est-elle « remplie » ? Mais « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5), et « par ta Lumière, nous voyons la Lumière » (Ps 36,10). Souvenons-nous de ce que l’Ange a dit de Jean-Baptiste « dès le sein de sa mère », de ses premiers mots à Marie, du Mystère de Celui que Marie porte maintenant en elle… Que peut donc ‘voir’ Elisabeth ? Que peut-elle comprendre du geste de son fils en elle ? Par quoi a-t-il été provoqué ? Quelle réalité spirituelle ‘remplit’ en fait les quatre personnes présentes en cet instant ? Nous avons ici une image du ciel, de notre vocation à tous… « Recevez l’Esprit Saint », dira le Christ Ressuscité à ses disciples, « le don de Dieu » (Jn 20,22 ; 4,10). En relisant le dernier verset de notre Evangile, comment, de notre côté, ce Don se reçoit-il ? Quel exemple nous donne ici Marie ?

 

 

Pour l’animateur

• Marie vient de vivre l’instant inoubliable de la rencontre avec l’Ange Gabriel qui lui a révélé sa vocation : être la Mère de Jésus, « le Fils du Très Haut », cette Personne divine qui existe de toute éternité, et qui « s’est faite chair » (Jn 1,14) pour nous rejoindre dans notre condition humaine de chair et de sang… Ce fut pour elle une énorme joie… « Réjouis-toi », lui avait dit l’Ange. « Mon esprit s’est réjoui en Dieu mon Sauveur », se souviendra-t-elle plus tard (Lc 1,47)… Dieu fait toujours ce qu’il dit… Mais après cet instant unique, Marie retrouve la foi et agit dans la foi. Ce départ « rapide » témoigne de la simplicité et de la spontanéité de son obéissance, et de son entière disponibilité… De plus sa foi est vive et audacieuse : si Dieu l’invite à rejoindre sa cousine Elisabeth, elle ne craint pas les difficultés du voyage, aussi grandes soient-elles. Dieu veillera sur elle. Il y aura peut-être des difficultés, mais finalement, tout ira bien.

• L’Ange avait commencé par saluer Marie, ce qu’elle fait ici aussi à l’égard d’Elisabeth. « Il y a beaucoup de salutations dans ces chapitres, parce qu’il y a beaucoup de rencontres. Et il y a beaucoup de rencontres, car Dieu intervient et inaugure le salut au travers de relations humaines. La salutation devient ici signe d’amour et, tout comme les naissances annoncées, commencement d’une vie nouvelle » (François Bovon). Dieu agit, se révèle, se manifeste au cœur même de nos relations humaines les plus simples…

• Celui qui est « doux et humble de cœur » (Mt 11,29) agit avec douceur et humilité dans les circonstances les plus ordinaires de la vie… Mais avec Lui, l’ordinaire devient extraordinaire, car habité par « Quelqu’un »… « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » (Antoine de Saint Exupéry).

• Elisabeth, grâce à cet Esprit de Lumière qui la remplit, est maintenant capable d’un regard nouveau : Marie, sa petite cousine qu’elle connaît bien, est « bénie entre toutes les femmes ». En effet « Comblée de Grâce » dès le premier instant de sa Conception, ce même Esprit de Lumière a chassé en elle toutes formes de ténèbres et l’a préservée du péché originel. Elle est « l’Immaculée Conception », une grâce unique qui lui a donnée d’être pleinement « Femme » « entre toutes les femmes », un exemple parfait de ce que Dieu nous appelle tous à devenir par le Don sans cesse renouvelé de son Esprit… Mais encore faut-il que nous le recevions, comme Marie, par notre foi… Rien ne se laisse voir encore à l’œil nu, mais Elisabeth a perçu aussi que Marie est « la Mère de mon Seigneur » : « le fruit de ses entrailles est béni » car elle porte en elle ce Fils du Père, né avant tous les siècles, vrai Dieu né du vrai Dieu, Lumière née de la Lumière. Et ce mouvement de Jean-Baptiste, rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère, n’est pas non plus anodin : il est tressaillement de joie en présence de son Seigneur…

 


TA PAROLE DANS NOS CŒURS

« Celui que Dieu a envoyé prononce les Paroles de Dieu car il donne l’Esprit sans mesure ». Et « Si quelqu’un m’aime », nous dit Jésus, « il gardera ma Parole » et donc avec elle ce Don de l’Esprit qui ne cesse de jaillir du cœur de Dieu (Jn 3,34 ; 14,23). Or l’Esprit est « Eau Vive » qui lave et « Feu » qui purifie ce qui doit l’être dans nos cœurs (Jn 7,38-39 ; Mt 3,11). C’est pourquoi Elisabeth de la Trinité écrivait : « Nous sommes bien faibles, je dirais même que nous ne sommes que misère, mais Il le sait bien, Il aime tant nous pardonner, nous relever, puis nous emporter en Lui, en sa pureté, en sa sainteté infinie. C’est comme cela qu’Il nous purifiera, par son contact continuel »… Si nous acceptons de tout lui offrir, sa Miséricorde infinie accomplira en nous ce que nous sommes déjà à ses yeux : « C’est ainsi qu’il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa Présence dans l’Amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ » (Ep 1,4-5).

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

Poussé par l’Esprit, Syméon alla au Temple de Jérusalem. Il rencontra Marie et Joseph, et reçut l’enfant Jésus dans ses bras. A la Lumière de ce même Esprit, il put reconnaître en Lui « ce salut préparé par Dieu à la face de tous les peuples: Lumière pour éclairer les nations païennes, et Gloire d’Israël ton peuple » (Lc 2,22-35). Mais pour tous ceux qui les croisaient en cet instant, ils ne voyaient qu’un homme âgé portant en ses bras un nourrisson…
Or Jésus nous dit aussi : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! En effet, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,34-36). Comme Elisabeth et Syméon, nous sommes donc nous aussi invités à reconnaître, au cœur de toutes nos rencontres, spécialement avec les plus souffrants, les plus démunis, la Présence de Celui qui nous pousse à aller les uns vers les autres pour nous entraider et nous soutenir mutuellement… Que faisons-nous concrètement en ce sens ? Vers qui allons-nous, et pour qui nous engageons-nous en réponse à la Parole du Seigneur ?

ENSEMBLE PRIONS

Dieu tout-puissant, tu as inspiré à la Vierge Marie, qui portait en elle ton propre Fils, de visiter sa cousine Elisabeth ; accorde-nous d’être dociles au souffle de l’Esprit afin de pouvoir nous aussi te magnifier éternellement. Amen.

 

 Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 4ième Dimanche Avent – année C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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