2ième Dimanche de l’Avent (Francis Cousin)

Dimanche 9 décembre 2018 – 2° dimanche de l’Avent – Année C

 

Évangile selon saint Luc 3, 1-6

 

 « Porte-parole. »

 

On a beaucoup entendu parler ces derniers temps des personnes qui se disaient ‘porte-parole’ du peuple, des ‘gilets jaunes’ … sans qu’on sache vraiment la parole de qui ils portaient et quelle était cette parole tant les différents ‘porte-paroles’ avaient des paroles différentes.

L’évangile d’aujourd’hui nous parle aussi d’un porte-parole : Jean-Baptiste.

Du peu que l’on connaisse de la vie de Jean-Baptiste, il n’a été qu’un porte-parole, non pas d’une foule qui envoie un représentant vers d’autres en plus petit nombre, mais d’une personne pour qu’elle s’adresse à un grand nombre. Comme d’autres avant lui l’avait fait, ceux qu’on appelle les prophètes, ceux qui parlent au nom de Dieu. Et être le porte-parole d’une seule personne (car Dieu est une personne, et non pas une idée ou un concept) est tout de même un gage de la véracité de ses dires. Ce qui ne veut pas dire qu’il sera toujours entendu, et par tous ! L’histoire nous le montre bien, et nombre y ont laissé la vie, à commencer par Jean-Baptiste, par la plupart des apôtres, par les martyrs des premiers siècles … et ceux d’’aujourd’hui … « Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. (…) Jean le Baptiste lui rend témoignage [au verbe] … » (Jn 1,5-6.15).

Dans les textes d’aujourd’hui, nous avons quatre porte-paroles : Baruch, Paul, Isaïe … et Luc qui est le porte-parole de Jean-Baptiste …

Baruch, qui écrit au temps de la déportation à Babylone, encourage ceux qui sont restés à Jérusalem à ne plus être triste et de ‘revêtir’ les parures de la gloire et de la justice de Dieu qui va rassembler tous les déportés à Jérusalem : « Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu … car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice. ». On retrouve une partie des indications données par Isaïe que les évangélistes ont appliquées à Jean-Baptiste, « Voix de celui qui cri dans le désert : préparez le chemin du Seigneur … », avec cette différence que dans Baruch, c’est Dieu qui abaisse, qui comble, qui aplanie, alors que pour Isaïe et Jean-Baptiste, c’est à ceux qui écoutent de faire le travail, non pas matériellement, mais spirituellement : rendre droit, abaisser, combler, aplanir …pour préparer le chemin du Seigneur.

Dieu ne fait plus tout tout seul, mais il demande l’aide des personnes. Il veut que chacun prenne sa part du travail … d’évangélisation.

Et si on regarde les dernières parties de chacun des textes, suite à des mêmes faits, le résultat doit être le même ; donc le salut de Dieu nous met dans la joie … avec sa miséricorde et sa justice.

Et le salut de Dieu passe par la naissance et l’enseignement de Jésus. Mais pas seulement.

Parce que ce qui nous intéresse, ce n’est pas le passé, mais l’avenir, cet avenir dont nous parle saint Paul : « Que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ … ».

Le jour du Christ, c’est-à-dire la Parousie, le retour de Jésus à la fin des temps. Le jour du jugement … qui nous ouvre les portes de la vie éternelle. Et saint Paul nous donne deux indications pour être « purs et irréprochables » : l’amour et la prière, une prière qui doit être faite dans la joie, la joie de la rencontre avec Dieu, la joie de porter les autres dans sa prière.

La joie qui est un des moteurs de la sanctification. Comme le dit le pape François : « Le saint est capable de vivre joyeux et avec le sens de l’humour. Sans perdre le réalisme, il éclaire les autres avec un esprit positif et rempli d’espérance. Être chrétien est « joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14, 17), parce que « l’amour de charité entraîne nécessairement la joie. » (GE 122).*

Mais il ne faut pas confondre la joie, qui est intérieure, spirituelle et pérenne, avec le plaisir qui est bien souvent démonstratoire, voire ostentatoire et fugace. « Je ne parle pas de la joie consumériste et individualiste si répandue dans certaines expériences culturelles d’aujourd’hui. » (GE 128).*

Cette différence doit être bien faite à l’approche de Noël, où bien souvent, on fait la fête en l’honneur de quelqu’un (Jésus) qu’on n’invite pas à la fête, et qui est totalement en dehors des ‘soucis’ des personnes.

La question à se poser est : « Quelle est la joie à laquelle je me prépare pour Noël ? Une joie festive ou une joie intérieure ! » ?

Terminons avec saint Thérèse de l’Enfant Jésus :

Ma joie, c’est la Volonté Sainte

De Jésus mon unique amour

Ainsi je vis sans nulle crainte

J’aime autant la nuit que le jour. 

* voir fiche 2 de l’avent 2018 « Ma mission ? devenir saint ! », Diocèse de La Réunion.

Seigneur Jésus,

Tu as fait beaucoup pour nous,

mais tu veux que nous t’aidions,

que nous prenions notre part

pour préparer ton avènement

à la fin des temps.

En nous-même,

et dans les autres ;

que nous proclamions ton évangile.

 

 

Francis Cousin

 

Prière dim avent C 2° A6

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