Un mot, une piste de réflexion : COURAGE (Joëlle et Roger GAUD)

COURAGE

 

– Le courage,  une qualité? Une vertu?

– Une vertu, oui, d’autant plus que le mot “vertu” est dérivé du mot latin qui veut dire “force” et qu’on dit indifféremment “force d’âme” ou “courage”. Et le mot courage renvoie étymologiquement au mot coeur, le cœur, d’où jaillissent les élans qui permettent d’être courageux.

 

– Oui, dans la langue classique, “avoir du coeur”… Cela fait penser au Cid de Corneille “Rodrigue as-tu du coeur?”

– J’aime aussi l’expression “haut les coeurs” , ayons du courage, lançons-nous avec ardeur dans l’action!

– On pourrait dire que c’est ça, avoir du courage, se lancer avec ardeur dans l’action?

– Pas forcément dans l’action, mais au moins affronter des situations difficiles en surmontant la peur. Et pour ne pas rester que dans l’humain, et ajouter au courage une dimension chrétienne, je voudrais reprendre ce que dit un père du désert, Abba Pambo, qui dit: « Si tu as du cœur, tu peux être sauvé. » Oui, bien sûr, comme dit Saint Paul, c’est par grâce que nous sommes sauvés, mais c’est vrai, qu’il faut aussi avoir du courage pour être sauvé. Si on considère en effet qu’être sauvé, pour nous chrétiens, c’est accepter de dire oui au Christ et de désirer le suivre quelles que soient les difficultés, alors, oui, pour être sauvé, il faut du courage….

– On pense par exemple aux apôtres qui ont tout abandonné pour suivre Jésus, et à tous ceux qui payent de leur vie leur fidélité au Christ….

– Et le courage de Dieu! “Dieu a tant aimé le monde qu’Il nous a donné son Fils” Jésus, qui, Lui aussi, est Dieu, qui s’est donné librement, qui a donné Sa vie pour nous. Courage infini de l’amour de Dieu donné en Jésus, Jésus, qui prend résolument le chemin de Jérusalem, nous dit  Saint Luc, Jésus, qui demeure imperturbable face au complot qui le mène à la mort, qui donne sa vie par amour, par amour pour chacun de nous. Lorsque nous saisissons quelque chose de cet amour, de ce “mystère”, nous sommes à la fois stupéfaits et tellement enthousiastes que nous ne voyons pas d’autre chemin possible que de mettre avec courage nos pas dans ceux de Jésus…

– Et où puiser du courage?

– Dans notre foi qui nous fait dire que Dieu est toujours là. Ça ne dépend pas de nos états d’âme, qui sont de l’ordre de notre fragilité humaine. L’amour de Dieu ne dépend pas de ce que je ressens. Les grands saints ont souvent connu des « nuits » spirituelles qu’ils ont surmontées dans la foi et la persévérance.

– Le découragement n’aurait pas sa place dans la vie de foi ?

– Sainte Thérèse de Lisieux disait que le découragement est une forme d’orgueil. On ne se décourage que parce qu’on se regarde. Nous avons à essayer d’entrer dans un chemin où c’est le Christ qui est au centre. Le Christ donne la foi et l’amour, et l’amour reçu de Dieu donne la force d’agir, c’est notre moteur, c’est notre respiration. Et cet amour rend tout possible.

– Alors, le courage, la force, sont donc donnés ?

– Oui, donnés par l’Esprit saint. Une théologienne,  Élyane Casalonga dit: “Quand on s’oublie, quand on n’est plus centré sur soi mais sur le Christ, quand on ne regarde plus que Lui,  alors,  notre vraie force est de nous savoir faible et d’abandonner notre faiblesse dans les mains de Dieu.” Et je pense que c’est ce que voulait dire Saint Paul quand il disait “C’est quand je suis faible que je suis fort”. Nous sommes tous lâches, nous manquons de courage, mais Dieu nous demande de Lui faire confiance.

–         C’est vrai que quand nous traversons de grandes épreuves, quand nous sommes dans de grandes souffrances, nous sentons que si nous sommes profondément unis au Christ, ces souffrances sont tenables. Finalement, le vrai courage, c’est d’avoir peur et d’agir quand même, au-delà de notre lâcheté, portés par l’amour de notre Dieu.

–         Oui, et à partir de là, chacun a sa façon d’être courageux, on peut agir, mais on peut aussi supporter, pour l’amour du Christ, l’injustice, la calomnie, l’ingratitude, on peut trouver le courage de témoigner malgré les obstacles, on peut accueillir des événements qu’on n’aurait pas cru supportables sans être bouleversé par la violence, l’amertume ou l’anéantissement. On devient plus humble, plus patient envers soi-même et  donc envers les autres. On devient courageux.

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